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Diplomatie de comptoir

Jour de primaire : quelques petits conseils pour ne pas se fâcher avec des proches aux opinions différentes

Publié le 20 novembre 2016
Alors que les Français votent pour le premier tour de la primaire de la droite et du centre, les débats devraient faire rage un peu partout dans l'Hexagone, sur les plateaux télé mais également entre collègues de bureau, proches et amis. Pour éviter que la situation ne s'envenime trop, voici quelques conseils pour désamorcer une dispute tout en douceur.
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Alors que les Français votent pour le premier tour de la primaire de la droite et du centre, les débats devraient faire rage un peu partout dans l'Hexagone, sur les plateaux télé mais également entre collègues de bureau, proches et amis. Pour éviter que la situation ne s'envenime trop, voici quelques conseils pour désamorcer une dispute tout en douceur.

C'est le grand jour : le premier tour de la primaire de la droite et du centre. La tension est à son comble, et il sera difficile de ne pas parler politique à table à midi ou à l'heure du dîner. Les sept candidats qui se présentent à la primaire cette année représentent tout autant de camps, qui auront ainsi sept fois plus de chances de se disputer. Toutefois, il serait dommage de devoir monter le ton outre mesure, voire d'en venir aux mains. L'éminent psychologiste Marshall Rosenberg (décédé en 2015) s'était fait connaître pour ses conseils visant à apaiser une situation de dispute et avait fondé le Centre de communication non-violente. Dian Killian est une conseillère rôdée aux fameuses techniques jadis enseignées par le défunt psychologue. Le site Quartz l'a interrogée.

Avant toute chose, et conformément à ce qu'avance la théorie mise en place par Rosenberg, il convient de comprendre que nous partageons tous les besoins d'être entendus, compris, considérés, et estimés. L'objectif est là de désamorcer les situations à risque afin d'éviter qu'elles ne s'enveniment, et mieux, tirer profit de l'opposition avec l'autre pour tendre vers un débat plus sain. Les quatre étapes principales qui vont suivre ont pour but de mener à une connexion avec l'autre, et non une domination.

Observer et récapituler

Vous vous trouvez en face de ce bon monsieur, qui n'a de cesse de vous marteler cet argument que vous ne partagez pas. Le fait qu'il monte le ton montre visiblement qu'il se sent incompris, inconsidéré. Pour éviter d'aller trop haut dans les cordes et montrer que vous avez compris et intégré ce qu'il vous dit, le mieux est de récapituler sa démonstration, avec d'autres mots que les siens si possible, le tout sans laisser transparaître votre émotion, et lui laisser penser que vous vous faites déjà votre propre interprétation. Le mieux est de commencer par lui répondre "Je t'entends dire que…" plutôt que "Tu viens de dire que…" car cette première amorce donne une meilleure impression d'impartialité.

Mise en situation :

Personne A : "Les jeunes actifs ne bénéficient pas d'assez de pouvoir d'achat. Nous devons l'élargir aux 18-25 ans".

Personne B : "J'entends que tu es inquiet quant à la capacité de nos jeunes à faire marcher l'économie".

Bien sûr, l'exercice n'est pas facile. "C'est un muscle à développer, car notre première réaction lorsque nous sommes dérangés par quelque chose est de nier directement", explique Dian Killian.

Décrire les émotions, pas les positions

Nous ressentons tous des émotions et sommes doués d'empathie. Autant focaliser le débat sur elles plutôt que sur les positions que l'on ne partage pas. Dans le cas du débat sur le Rsa pour les jeunes, la personne B pourrait alors répondre : "Te sens-tu abusé par l'État ? Es-tu effrayé par la paupérisation des  jeunes ?" plutôt que d'expliquer que d'autres personnes pourraient en avoir davantage besoin ou qu'il vaudrait mieux investir cet argent dans les entreprises qui embauchent. Si vous vous trouvez à la place de la personne A, vous devrez alors faire attention à exprimer vos émotions en mettant des mots dessus sans pour autant les traduire en blâmes. N'hésitez pas à apprendre à utiliser une grande variété d'adjectifs pour que votre parole représente du mieux possible votre pensée.

Identifier les besoins de l'autre

Nous sommes tous des éternels insatisfaits. Il y aura toujours quelque chose que nous désirerons. Il ne s'agit toutefois pas d'une tare, puisque le progrès de l'humanité est indéfectible aux désirs que nous portons en nous : la paix, l'honnêteté, la sagesse, la connaissance, le loisir, l'amour, l'autonomie… Dans cette troisième étape, il est important d'identifier les désirs que l'interlocuteur vous exprime. Pour cela, il convient d'arriver à interpréter les arguments qu'il propose et d'en extraire le côté émotionnel. Vous pouvez également interroger tout simplement la personne avec qui vous débattez quant à la charge émotionnelle qui anime ses idées, si celle-ci n'est pas trop pudique pour la dévoiler.

De la même manière que pour la première étape, vous pouvez récapituler les émotions qu'on vous confie afin de montrer que vous comprenez profondément le désir qui l'anime. À la phrase "Je veux que mes enfants, au moment d'entrer dans la vie active, bénéficient de ressources financières supplémentaires pour atteindre leurs objectifs", vous pouvez répondre "Vous êtes incertain quant aux facultés de vos enfants à pouvoir s'émanciper sans l'aide de l'État ?". Enfin, n'hésitez pas à rassurer votre interlocuteur sur votre juste compréhension de ses arguments, et inversement. "Je crois comprendre où tu veux en venir, et je conçois ton point de vue" est une phrase qui peut désamorcer bon nombre de situations. Il s'agit de comprendre que l'on puisse penser autrement, sans pour autant adhérer à l'idée en question.

S'intéresser (réellement) aux idées de l'autre

Une fois que l'électricité dans l'air sera retombée, il sera temps de passer à un aspect plus concret du débat : les propositions de l'un et de l'autre. Il est inutile de lister les mesures que l'on prendrait à la place du président alors que l'interlocuteur n'est pas prêt à vous écouter attentivement. Mieux vaut attendre que la tension soit redescendue. "En étant calme et apaisé, nous arrivons à formuler des idées auxquelles nous n'aurions jamais pensé si nous étions en colère ou nous nous sentions incompris", explique Dian Killian à Quartz. S'intéresser à la question soulevée par l'interlocuteur peut également se révéler fructueux. "Tiens, j'ai lu un super article sur les difficultés que rencontrent les jeunes actifs, ça t'intéresserait de le lire ?", par exemple, peut montrer un réel intérêt de votre part quant à la problématique.

Pour finir, il faut tout simplement ne pas vouloir "gagner" le débat, mais être dans une optique d'échange des idées. On ne peut pas plaire à tout le monde, tout comme votre avis sur les questions politiques. Rappelez-vous simplement que lorsque vous souhaitez convaincre quelqu'un de la justesse de vos arguments sans laisser l'autre vous démontrer les siens, la situation serait comparable à verser un litre d'eau dans une bouteille de même taille, à moitié remplie : ça déborde. Il faut de la patience, attendre que l'interlocuteur aille au bout de ses idées, et métaphoriquement vide son eau, pour que vous puissiez aller au bout de votre démonstration et vous donner des chances de le convaincre de se rallier à vous. Une maïeutique que ne renierait pas Socrate, son plus grand représentant.

Et si vous n'avez ni la patience ni la diplomatie pour mener un débat véritablement constructif, nous ne pouvons rien vous conseiller de mieux que le texte du philosophe allemand Arthur Schopenhauer, L'Art d'avoir toujours raison.

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