En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© Pixabay
François Hollande a poursuivi les politiques de Nicolas Sarkozy, qui est le premier président à avoir réorienté la politique française dans un sens plus atlantiste avec par exemple le retour de la France dans l'Alliance atlantique en 2009.
C’est l’hopital qui...
Tensions avec Poutine & alignement sur la politique étrangère américaine : la paille que François Hollande voyait dans l’oeil des pays de l’Est sans se rendre compte de la poutre qu’il avait dans le sien
Publié le 14 octobre 2016
Après avoir abandonné les négociations avec Airbus, la Pologne a annoncé ce mardi avoir acheté 21 hélicoptères américains, ce qui a provoqué de vives critiques du côté de l'exécutif français. Et pourtant, le positionnement atlantiste de la Pologne n'a rien de surprenant, le pays n'ayant cessé de miser sur la protection des Etats-Unis depuis la fin de la Guerre froide.
Guillaume Lagane est spécialiste des questions de défense.Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2013 (deuxième édition)) et de Premiers pas en géopolitique ...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Guillaume Lagane
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Guillaume Lagane est spécialiste des questions de défense.Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2013 (deuxième édition)) et de Premiers pas en géopolitique ...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Après avoir abandonné les négociations avec Airbus, la Pologne a annoncé ce mardi avoir acheté 21 hélicoptères américains, ce qui a provoqué de vives critiques du côté de l'exécutif français. Et pourtant, le positionnement atlantiste de la Pologne n'a rien de surprenant, le pays n'ayant cessé de miser sur la protection des Etats-Unis depuis la fin de la Guerre froide.

Atlantico : La Pologne a annoncé ce mardi 11 octobre, l’achat d’au moins vingt et un hélicoptères Black Hawk américains, après avoir suspendu, le 4 octobre, les négociations engagées en 2015 avec Airbus sur l’acquisition de cinquante Caracal. Vendredi dernier, François Hollande avait critiqué la préférence polonaise pour la protection américaine, au détriment de celle l'Europe. Alors que depuis le début de son quinquennat, François Hollande a, sur la plupart des dossiers internationaux, aligné ses positions sur celles des Etats-Unis, dans quelle mesure ces accusations à l'encontre de Varsovie peuvent-elles apparaître comme paradoxales ?

Guillaume Lagane : Il me semble que, s'agissant de cette vente, la position française est bien naturelle : elle est liée à la déception d'un pays fournisseur qui voit un marché lui échapper.

François Hollande a remporté de grands succès à l'exportation : vente des Rafales à l'Inde, exportation de ces mêmes Rafales en Egypte et au Qatar. En revanche, s'agissant du marché européen, apparaît cet échec polonais. En 2003, Jacques Chirac avait déjà exprimé sa mauvaise humeur vis-à-vis de Polonais "mal élevés" qui, candidats à l’entrée dans l'Union européenne (effective en 2004), avaient choisi des avions de chasse américains au détriment des Rafales français. Les Polonais avaient été accusés de ne pas se plier à une sorte de préférence européenne.

Par ailleurs, François Hollande ne s'est pas aligné tant que cela sur la position des Etats-Unis. En réalité, les deux pays ont des divergences assez nettes. La position française sur la Syrie est, depuis 2011, assez favorable à une intervention alors que les Etats-Unis d’Obama sont sur une ligne isolationniste. Même divergence sur l’Iran entre une France méfiante et une Amérique complaisante envers Téhéran. D'une certaine manière, le succès des exportations françaises au Moyen-Orient s'explique d’ailleurs par ce positionnement diplomatique, l'Arabie Saoudite et ses alliés sunnites ayant voulu récompenser Paris et "punir" les Etats-Unis.

Par ailleurs, au regard de la tradition de politique étrangère des deux pays, dans quelle mesure la politique polonaise de suivi des Etats-Unis est-elle moins surprenante que la ligne atlantiste de François Hollande ? Quels sont les facteurs stratégiques et géographiques pouvant expliquer la position polonaise ?

La politique étrangère polonaise a une constance historique, dictée par l’histoire et la géographie : depuis la fin de la Guerre froide au début des années 1990, Varsovie a choisi une ligne clairement atlantiste. Le pays est rentré dans l'Alliance atlantique en 1999 et n'a cessé de chercher à resserrer les liens avec les Etats-Unis, en acceptant par exemple d’accueillir un dispositif de bouclier anti-missiles américains sur son territoire. Cette alliance s'explique par la peur que suscite en Pologne la proximité avec la Russie. N’oublions pas que la Pologne a disparu au XIX°s, qu’elle n’a ressuscité qu’en 1918, qu’elle a alors affronté l’armée rouge et que pèse depuis la seconde guerre mondiale le traumatisme de l’agression soviétique et du massacre de Katyn en 1940 (on se souvient qu’Andrzej Wajda, récemment disparu, en a fait un film en 2007).

La Pologne, contrairement aux pays d'Europe occidentale, a connu une croissance économique assez forte au cours des dernières années (autour de 3%) et a des finances publiques globalement en bon état (dette publique à seulement 50% du PIB). Suite à l'affaire ukrainienne en 2014 et au soutien russe aux séparatistes, qui a ravivé les craintes de la Pologne vis-à-vis de la Russie, Varsovie a engagé une politique de réarmement (augmentation du budget de défense et des effectifs de l’armée) qui s'est notamment traduit par des achats d'équipements dont les hélicoptères américains font partie.


La position atlantiste de la France est plus récente : François Hollande a poursuivi les politiques de Nicolas Sarkozy, qui est le premier président à avoir réorienté la politique française dans un sens plus atlantiste avec par exemple le retour de la France dans l'Alliance atlantique en 2009. François Hollande a d'ailleurs été sur ce point un suiveur alors même que lorsqu'il était dans l'opposition il avait critiqué la réintégration de la France dans l'OTAN, par une fidélité paradoxale aux positions gaullistes. Et d’autant plus paradoxale que François Mitterrand, en 1966, avait critiqué la décision du général de Gaulle de quitter le "commandement intégré" de l’OTAN.

On constate donc une rupture globale entre ces deux présidents et ce qu'Hubert Védrine avait appelé la tradition "gaullo-mitterrandienne", qui voulait que la France ait constamment une position critique par rapport aux Etats-Unis. Le paradoxe est que cette politique atlantiste est décalée par rapport à ce que les Etats-Unis eux-mêmes sont devenus sous Barack Obama : un pays qui ne sent plus si occidental que cela, qui ne veut plus intervenir, qui ne veut plus être le premier, qui veut "diriger depuis l'arrière", qui laisse la Russie revenir au premier plan en Europe de l'Est et au Moyen-Orient, qui laisse la Chine s'étendre en Asie. Ainsi, la France reste sur un logiciel de politique étrangère américaine qui n'est plus celui qui prévaut aujourd'hui à Washington.

L'abandon des négociations avec Airbus par la Pologne serait à l'origine d'une crise diplomatique entre les deux pays.  Quelles divergences en Europe cette crise met-elle en lumière, notamment sur la question de la défense européenne ? ​

La défense européenne est un véritable serpent de mer de la construction européenne. Beaucoup de choses sont dites et écrites depuis trois décennies mais peu d'avancées ont vraiment lieu.

Le récent sommet de Bratislava a été l'occasion de réactiver ces souhaits de coopération entre pays européens sur fond de Brexit, qui pourrait permettre une relance de la défense européenne. De ce point de vue-là, la décision des Polonais est un mauvais signal qui montre que subsistent des divergences importantes entre des pays comme la France, qui continuent de militer pour qu'un pilier de défense européen soit constitué autour de coopérations industrielles, d'un rapprochement stratégique, et d'opérations communes etc. et des pays, comme la Pologne, qui considèrent que cette défense européenne est inutile, voire dangereuse, et qu'elle doit céder le pas à l'Alliance atlantique.

Les Polonais ont une position particulière en Europe : ce sont à la fois des souverainistes – c’est-à-dire assez qu'ils sont hostiles à une trop grande extension de la construction européenne dans les domaines économiques et sociaux, où l’actuelle majorité défend une sorte de conservatisme catholique - et des atlantistes fervents. Ils se différencient ainsi de la Hongrie, elle aussi souverainiste mais qui prône un rapprochement avec la Russie. Dans l'esprit des Polonais, et compte-tenu de ce qui se passe en Ukraine, la seule garantie pour leur sécurité n'est pas une hypothétique construction européenne (malgré la clause de solidarité du traité de Lisbonne) mais l'article 5 de l'Alliance atlantique et la croyance que seuls les Américains interviendront à leurs côtés en cas d'agression russe. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
02.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
03.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
04.
Et si le Rassemblement National était en train de faire un bien mauvais coup à l’euro en renonçant à exiger que nous en sortions ?
05.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
06.
Iran, pourquoi la menace d’une intervention militaire brandie par John Bolton pourrait marcher
07.
Gérard Larcher, l'Homme qui tient tête à Emmanuel Macron et ...à Laurent Wauquiez
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Le Royaume-Uni se prépare à un Brexit sans accord et ne voit plus comment arrêter cette chronique d’un chaos annoncé
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Littéralement explosif : le sondage exclusif qui montre que la condamnation de la violence par les Français... baisse (et que le nombre de ceux qui disent la comprendre augmente)
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
07.
Robots payeurs : mais que s’est-il vraiment passé sur la cagnotte de soutien aux policiers ?
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
bd
- 02/11/2016 - 17:34
Labeliser les politiciens?
Pour éviter, comme cela se présente aux U.S., de focaliser les débats sur des postures, des attitudes ou des comportements au détriment des vraie questions de fond, il faudrait une sorte de "sur-parti" qui garantit le contrôle de la qualité psychiatrique des candidats comme le ferait un label. 
Ce "label" garantirait au citoyen qu’un candidat -quelle que soit sa couleur politique- validé par ce label serait psychologiquement sain. 
Le premier critère serait l'aptitude à l'empathie. 
Un politicien sans empathie n'est intéressé que par lui-même et le pouvoir au prix de n'importe quelle manipulation. 
Les «sans empathie» sont aussi souvent des propagateurs de haine. 

Ils adorent aussi faire partis de la complosphère.
Si l’on pouvait éviter ce genre de personne toxique…
lasenorita
- 12/10/2016 - 12:05
Les Médias nous mentent!
Les Médias nous trompent, ils ont beaucoup parlé du bombardement fait sur les rebelles syriens par les avions russes et ceux de Bachar-el-Assad mais ils se taisent sur ceux faits par les Saoudiens sur les ''civils innocents'' du Yémen voir https://www.youtube.com/watch?v=VtZBH0CTgyo et https://www.youtube.com/watch?v=QySXkBzauxU ainsi que les tortures subies par les Chrétiens par les musulmans et par ces ''rebelles syriens'' qui, accueillis chez nous, ne pensent qu'à nous tuer!..