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Rafale : Comment la France a réussi à remporter l'appel d'offres du marché indien
Publié le 31 janvier 2012
La France est entrée en "négociations exclusives" avec l'Inde pour livrer 126 Rafale. Le fruit d'une habile exploitation de récentes évolutions géostratégiques, notamment dans le conflit qui oppose l'Inde et le Pakistan. A la clé : un peu plus de 9 milliards d'euros.
Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014. En mai 2017,...
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Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014. En mai 2017,...
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La France est entrée en "négociations exclusives" avec l'Inde pour livrer 126 Rafale. Le fruit d'une habile exploitation de récentes évolutions géostratégiques, notamment dans le conflit qui oppose l'Inde et le Pakistan. A la clé : un peu plus de 9 milliards d'euros.

Une source gouvernementale indienne a annoncé ce mardi que l’Inde a décidé d'acquérir 126 avions Rafale, offrant à Dassault à la fois un colossal appel d'offres estimé à 12 milliards de dollar (un peu plus de 9 milliards d'euros), et son premier succès à l'exportation pour cet appareil.

Toute décision de cet ordre est un choix éminemment stratégique dans lequel, outre les capacités opérationnelles, le prix et les transferts de technologie, les considérations géopolitiques et géostratégiques sont déterminantes. 

Pour mémoire, le think tank Carnegie Endowment for International Peace estimait en juin dernier que les considérations techniques seraient déterminantes. Mais, la décision indienne prend certainement en compte les évolutions passées et à venir des rapports de force et des alliances régionales qu’il convient d’expliciter.

La stabilité de la zone Afghanistan-Pakistan (AFGPA) intéresse, outre le Pakistan, trois grands acteurs, les États-Unis et dans son sillage les occidentaux qui participent à l’effort de guerre, la Chine et l’Inde.

ll faut aussi toujours se rappeler que, dans le conflit qui oppose l’Inde au Pakistan, l’Afghanistan fournit la profondeur stratégique que recherchent les militaires pakistanais face à l'Inde. [1] 

Dans la perspective d’un désengagement des forces occidentales d’Afghanistan, les États-Unis ont besoin de l’appui pakistanais pour que le retrait des forces de la coalition ne se traduise pas par un effondrement du pouvoir afghan qu’ils ont mis en place à Kaboul. En position de force, les Pakistanais ont demandé aux Américains, qui ont accepté, de contrebattre l’influence de l’Inde dans l’entourage du Président afghan qui n’était pas insensible à leurs avances, tout simplement pour éviter un face à face avec le puissant voisin pakistanais après le désengagement occidental.

De son coté, la Chine qui avait fait de sa neutralité dans le conflit indo-pakistanais un élément intangible de sa politique a, depuis 2009, infléchi sa position, choisissant de finaliser un partenariat stratégique avec le Pakistan, ébauché depuis le milieu des années 2000. Un double impératif stratégique a guidé la décision chinoise : la sécurisation de ses voies d’approvisionnement en pétrole et en gaz en bâtissant une voie terrestre d’acheminement via les ports pakistanais de la Mer d’Oman, [2] et aussi à moyen terme à partir de l’Iran [3], sans oublier la lutte « contre les trois »[4] fléaux qui menacent le Xinjiang chinois. En effet, en 2009, Al-Qaïda, qui avait longtemps épargné la Chine, a appelé les Ouïghours du Xinjiang au Jihad (guerre sainte) contre la Chine par la voix d’un de ses responsables, Abu Yahia Al-Libi.

Ce partenariat stratégique s’est rapidement concrétisé par l’achat de 36 chasseurs polyvalents J-10 chinois, la vente de deux centrales nucléaires et surtout par un abandon de la ligne de neutralité chinoise dans le conflit indo-pakistanais.

Les autorités politiques indiennes ont bien perçues d’une part la situation nouvelle créée par le retrait américain d’Irak et demain d’Afghanistan, mais aussi par la fin de la neutralité chinoise dans le conflit qui les opposent au Pakistan.

Prenant acte de cette évolution, l’Inde a commencé à en faire payer le prix aux américains en écartant, à la surprise générale, avant le round final, le F16 américain pour équiper son armée de l’Air, et en choisissant, dans sa « short list », « l’Eurofighter européen » et  le « Rafale français ».

Les capacités opérationnelles du Rafale, démontrées avec brio par nos aviateurs dans l’intervention libyenne, a certainement contribué à faire peser la balance au profit du Rafale.

Enfin, ce succès est à mettre au crédit du Président et de son gouvernement qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre les autorités indiennes.


[1] La largeur du territoire Pakistanais face à l’Inde est comprise entre 250 et 500km

[2] Ce qui lui permet d’éviter le détroit de Malacca

[3] Ce qui lui permettrait d’éviter aussi le détroit d’Ormuz

[4] Terrorisme,  extrémisme, séparatisme

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (14)
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Obsédé Textuel
- 02/02/2012 - 19:29
Oh ben vouiiiiii !
Un p'tit cocorico juste avant l'élection c'est rigolo !
Il faut se réjouir vite avant que les Indiens ne se désistent.... comme les Brésiliens, comme les Polonais, comme les Emiratis, comme les Marocains et comme Khadafi.
Du coup, lui les Rafales, il les a prit en pleine gueule !!
Et puis...
Vous en voulez encore ?
No problemo.
Un bonne grosse malette d'oseille des fonds secrets dans la main d'un sous traitant d' un pote du président parton dans le luxe industriel et hop...Les "filles", comme il disent avec mépris de Lejaby vont être reclassée.
Et virées plus tard.
Laissons les élections bien coulisser tout de même !!!
Francisco d'Anconia
- 01/02/2012 - 08:23
Et la géographie, bordel !
Le général n'a visiblement jamais mis les pieds au Pakistan. Car s'il avait traîné ses rangers sur la Karakoram Highway, il n'aurait pas imaginé un instant que des Chinois envisagent de s'approvisionner en hydrocarbures par le Pakistan.
La route du Karakoram est et restera toujours un peu mieux qu'une piste de terre, malgré les armées d'ouvriers chinois à l'oeuvre pour la rénover en permanence. Les tremblements de terre, glissements de terrain, avalanches et inondations dissuaderont encore longtemps les camionneurs de s'aventurer en nombre dans ce coin-là.
labolisbiotifool
- 01/02/2012 - 08:14
contribuables
@Jay25 : non, bien sûr que non, pas fou le vieux !
Les ristournes, commissions et autres rabais consentis
sont en définitives assumées par le contribuable, sans qu'il le sache, au travers de l' état signataire du contrat. Je n' arrive pas à me souvenir d' un précédent, pourtant je l' ai au bout du clavier ! Je vais essayer de le retrouver, ça avait fait un scandale à l' époque, vite étouffé, comme d' hab :)