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Le retour de la morue des Grands Bancs au large de la Terre-Neuve : un exemple à suivre pour le sauvetage de la vie des espèces

Publié le 10 juillet 2016
Dans les années 1990, les observateurs de la faune marine ont tiré la sonnette d'alarme au sujet de la morue des Grands Bancs, au large de la Terre-Neuve. En cause, la surpêche de cette espèce. C'est grâce à des mesures drastiques sur l'exploitation de cette espèce que la morue a pu éviter de justesse l'extinction. Retour sur le sauvetage animal le plus spectaculaire de ces dernières années.
Herlé Goraguer est délégué de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il veille à ce que l'écosystème marin local soit respecté et à ce que les espèces marines ne soient pas...
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Herlé Goraguer est délégué de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il veille à ce que l'écosystème marin local soit respecté et à ce que les espèces marines ne soient pas...
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Dans les années 1990, les observateurs de la faune marine ont tiré la sonnette d'alarme au sujet de la morue des Grands Bancs, au large de la Terre-Neuve. En cause, la surpêche de cette espèce. C'est grâce à des mesures drastiques sur l'exploitation de cette espèce que la morue a pu éviter de justesse l'extinction. Retour sur le sauvetage animal le plus spectaculaire de ces dernières années.

Atlantico : Les morues des Grands Bancs, au large de la Terre-Neuve, étaient en voie d’extinction depuis les années 90. Mais depuis quelques années, leur nombre est reparti à la hausse. Pour quelles raisons ? Quelles mesures ont été prises afin éviter cette extinction ?

Herlé Goraguer : Jusqu’en 1987, 60 000 tonnes de morues de l’Atlantique étaient capturées dans les Grands Bancs chaque année. En 1992, nous sommes descendus à 36 000 tonnes mais il était déjà trop tard : le stock de morues était déjà bien trop entamé. À la suite de ce constat, il y a eu un moratoire sur cette espèce afin de la protéger. Ainsi, très peu de captures étaient alors autorisées. Jusqu’en 1997, le quota s’élevait à 10 000 tonnes au maximum, ce qui était considérablement moins. La France (Saint-Pierre-et-Miquelon) et le Canada ont cogéré la pêche de morues, au niveau scientifique notamment : une évaluation annuelle de la biomasse était effectuée afin de constater les effets de ce moratoire. Peu à peu, la biomasse de morues s’est stabilisée, avant de repartir à la hausse. Aujourd’hui, nous pêchons 14 000 tonnes chaque année. Seuls les bateaux de pêche canadiens et français peuvent pêcher la morue. Néanmoins, malgré la reconstitution de ce stock, il ne faut pas être trop optimiste. La morue reste un peu maigre, ce qui signifie que son régime alimentaire a changé. De plus, la fonte des pôles liée au réchauffement climatique pourrait refroidir le nord de l’Atlantique, ce qui pourrait pousser les morues à migrer vers le sud. Aujourd’hui, nous veillons à ce que cette biomasse ne diminue plus. Nous embarquons pendant un mois et demie au large et nous faisons des traits de chalut afin d’observer les morues et rentrer des données sur leur corpulence, leur sexe ou encore leur âge. Cela nous permet de réaliser une projection de l’état de ressource à l’année n+1 et de formuler un avis scientifique sur les quantités maximales de pêche à respecter.

Quels sont les intérêts de préserver cette espèce ? Pourrait-il y avoir des conséquences sur l’économie locale et la biodiversité en cas d’extinction ?

Oui. Tout d’abord, la morue est une espèce emblématique de la région de Terre-Neuve et de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ses stocks sont exploités depuis des siècles, et l’économie locale est très dépendante de la pêche de morues. Actuellement, le total autorisé de captures pour Saint-Pierre-et-Miquelon est de 2 000 tonnes, contre 26 000 tonnes avant les années 90. Pour le Canada, le maximum autorisé est de 12 000 tonnes. 14 000 tonnes, c’est tout de même assez significatif. Ici, la morue c’est important, traditionnel. En plus de l’intérêt économique, c’est également un plat local. En ce qui concerne la biodiversité, la morue constitue un élément du réseau trophique. Elle se nourrit de capelans, de petites crevettes : elle a son rôle dans l’écosystème. Si le stock de morues diminue à nouveau, il y aura des conséquences. D’autres espèces de poissons prendront le dessus. L’écosystème est un équilibre un peu fragile. Si l’un des éléments de l’ensemble disparaît, tout le milieu est impacté. Par exemple, au nord-est des Grands Bancs, dans la zone du Bonnet flamand, on pêche des crevettes en plus des morues. La crevette étant l’une des proies habituelles de la morue, la surpêche de l’un influerait sur la biomasse de l’autre. Sans crevettes, moins de morues.

Ce sauvetage est historique, car c’est l’une des rares fois où l’homme a pu "sauver" une espèce animale sans devoir l’élever en captivité. Quel exemple peut-on en tirer pour les autres espèces menacées ?

Il faut tout simplement faire attention à ce que l’on fait, ne pas trop prélever à la nature, ne pas dépasser les limites que les scientifiques imposent afin de garder les stocks en bon état écologique. De cette manière, la reproduction des espèces s’équilibre avec l’exploitation humaine. Il ne faut pas jouer avec le feu. On s’est rendus compte qu’on avait été trop loin dans l‘exploitation des morues. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à trouver un équilibre grâce à une très bonne gestion des quotas et un contrôle des pêches du côté canadien comme du côté français. Le tout afin de permettre à cette pêcherie de continuer le plus longtemps possible. 

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