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5000 start-ups et moi, et moi, et moi
Salon Viva Technology à Paris : ces innovations made in France qui s’affichent aux côtés de celles des géants mondiaux du secteur
Publié le 01 juillet 2016
Le salon Viva Technology ouvrait ses portes pour la première fois ce 30 juin, à Paris, porte de Versailles. Cet événement qui vise à promouvoir le potentiel des startups numériques françaises a rassemblé près de 5000 exposants, dont des grands groupes tels que LVMH, Engie ou encore Carrefour. L'objectif étant de mettre en lumière les innovations technologiques et d'en maximiser l'utilisation par le biais du coworking.
Jérôme Bouteiller est directeur des publications chez NetMediaEurope. 
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Le salon Viva Technology ouvrait ses portes pour la première fois ce 30 juin, à Paris, porte de Versailles. Cet événement qui vise à promouvoir le potentiel des startups numériques françaises a rassemblé près de 5000 exposants, dont des grands groupes tels que LVMH, Engie ou encore Carrefour. L'objectif étant de mettre en lumière les innovations technologiques et d'en maximiser l'utilisation par le biais du coworking.

Atlantico : Le nouveau salon Viva Technology, qui se veut le plus grand événement français consacré à l'innovation technologique, se tient depuis ce 30 juin, à Paris. Qui en est à l'initiative et quelle est l'importance d'un tel rendez-vous international, qui réunira 5000 start-up, pour le secteur français des technologies ? Quelle est la situation actuelle de ce secteur et comment un tel événement pourrait-il la faire évoluer ?

Jérôme Bouteiller : Ce sont le groupe Publicis et le groupe de presse les Echos qui étaient à l'initiative du salon. Maurice Levy, le PDG de Publicis, a souhaité réunir tout l'écosystème digital à Paris, après avoir affolé tout le CAC 40 en 2015 en leur parlant de l'ubérisation. Publicis était le principal initiateur de l'événement, bien aidé par les Echos qui ont aussi de l'expérience dans le domaine puisqu'ils organisent le Salon des entrepreneurs chaque année.

Il y a aujourd'hui en Europe un événement qui s'appelle le Web Summit, salon historiquement organisé en Irlande et qui cette année aura lieu à Lisbonne, qui se tarit d'être le plus grand événement à accueillir des startups. Il en réunit 3 000 chaque année. Pour le salon Viva Technology, il y en aurait au moins autant et quelques 30 000 participants. Cela s'explique par le fait que les organisateurs ont demandé à de grands groupes d'amener sur leur stand des startups en rapport avec leur secteur. Aujourd'hui, TF1 a amené une centaine de startups en rapport avec le domaine des médias, et Carrefour une cinquantaine en rapport avec le commerce. Ce qui m'a marqué aujourd'hui, c'est que ce salon a réussi à faire le pont entre les petites et les grosses entreprises.

En France, nous avons un déficit par rapport aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, il existe le "Small Business Act", une loi américaine qui oblige les multinationales à dépenser un peu d'argent dans les startups. C'est notamment grâce à cela qu'IBM a travaillé avec Microsoft dans les années 80 et que cette dernière a pu exploser grâce à Windows. Cette obligation est ainsi un formidable ascenseur puisque les startups se retrouvent à travailler en collaboration avec des grands groupes. Cela est bénéfique autant aux startups qu'aux multinationales : ces dernières ont en raison de leur taille une certaine inertie et ne bénéficient pas de l'agilité d'une startup ; la startup, en revanche, n'a pas accès aux financements et aux marchés de la multinationale. Travailler ensemble permet alors de se renforcer mutuellement. C'est ce qui a expliqué une partie du dynamisme de l'écosystème technologique américain, que nous n'avons pas en France. Pour d'obscures raisons, la Commission européenne a jugé qu'un "Small Business Act" allait à l'encontre du principe de concurrence. Cela a toujours été un frein pour le développement de la technologie française. Les hommes politiques ont cherché tant bien que mal à mettre en place quelque chose de similaire pour booster cet écosystème digital français, comme les pôles de compétitivité. Mais c'est en tout cas la première fois que je voyais dans un salon plusieurs grands noms du CAC 40 comme Engie, LVMH, Orange ou encore Carrefour venir accompagnés de startups appartenant à leurs secteurs, qu'il s'agisse de la santé, la finance ou le commerce. Je trouve que c'est très réussi.

La technologie représente un des seuls secteurs français en bonne santé. L'économie française a une croissance très faible, alors que dans celui du commerce électronique, il y a des taux de croissance à deux chiffres. Nous sommes dans un secteur où il y a une forte croissance, de nombreuses créations d'emplois, des jeunes qui peuvent devenir millionnaires, milliardaires pour certains. Jusqu'à une période assez récente, il y avait une sorte de schizophrénie française : on disait qu'il fallait de la croissance, mais on n'allait pas la chercher dans les bons secteurs. On voyait pourtant depuis plusieurs dizaines d'années aux Etats-Unis qu'il y avait des entreprises technologiques au succès incroyable, les plus grosses du monde en termes de capitalisation boursière. Mais pour des raisons que je me m'explique pas, les décideurs français considéraient que cela n'existait pas, que sous prétexte que c'était intangible, tout cela n'était pas sérieux. On avait donc par exemple très peu de réussite dans le domaine du logiciel ou dans celui du service web. Ce qui est triste quand on sait que notre pays était pionnier dans les services en ligne durant les années 70 et 80, le plus équipé au monde en modems, loin devant les Etats-Unis. Mais on en n'a rien fait parce que nos élites se sont complètement fourvoyé, ont fait les mauvais choix en privilégiant les industries du passé et en taxant les industries du futur. La France est un pays qui subventionne l'agriculture et taxe l'innovation. Quand on fait ce genre de choix stratégique, on ne va nulle part.

Mais les mentalités sont en train de changer. Il y a de grands groupes français qui ont été sérieusement bousculés, notamment dans le numérique. Accor par exemple, se croyait à l'abri du numérique dans l'hôtellerie, et a totalement été bousculé par Airbnb. Il y a eu une prise de conscience. Ce salon l'incarne vraiment. Il faudra aller évidemment aller au-delà de la simple posture pour que toutes ces entreprises jouent réellement le jeu. Tout le monde est concerné à un degré divers et j'ai vraiment le sentiment que la prise de conscience a eu lieu, que la réaction qui consiste à mettre tout l'écosystème digital en ordre de marche y compris les pouvoirs publics a été amorcée.

Quelle est la proportion de start-ups et d'innovations françaises qui y participent ? Quelle visibilité ou opportunités peuvent-elles en attendre, alors qu'elles côtoieront les GAFA (géants du web) et leurs plus récentes créations technologiques ?

J'ai principalement vu des startups françaises et au niveau des grands groupes, ¾ d'entreprises françaises. Il avait Google ou Cisco, mais la plupart étaient françaises.

Un salon amène de la visibilité, en rencontrant des clients, des partenaires, des fournisseurs. C'est un éclairage et une légitimité qui doit se faire par le biais d'un grand groupe. J'espère que ces derniers jouent le jeu et leur achètent de la technologie et du service, ce qui permettra de les lancer. C'est un secteur qui marche à la confiance : il faut que quelqu'un fasse le premier pas, ce qui rassurera les autres clients. Le fait qu'il y ait un premier grand groupe qui donne un éclairage sur une startup débloque beaucoup de situations. Ce salon va légitimer des centaines de startups. Il y aura des clients supplémentaires. 

Quelles sont les innovations les plus marquantes qui seront présentées à l'occasion de cette première édition du salon ?

Il y avait des stands géants pour chaque grand groupe. Par exemple, sur le stand LVMH, il y avait une cinquantaine de startups qui se relayaient sur une scène pour expliquer chacune leur innovation. Il y avait de nombreuses choses au sujet de la réalité virtuelle, même si je ne sais pas si ce sera la révolution annoncée. Nous étions en phase avec les sujets qui agitent l'économie digitale actuellement, comme le mobile, l'internet des objets, le "big data", le cloud, ou encore la voiture autonome. D'ailleurs, la France est pas mal à ce niveau-là, notamment avec Renault. Nous ne sommes pas en retard au niveau technologique, mais dans la médiatisation de notre technologie et dans notre capacité à rapidement atteindre des économies d'échelle. Il existe trois pays en pointe sur cette technologie : la France, les Etats-Unis et le Japon. Pourtant, Tesla occupe 90% de l'espace médiatique à ce sujet, alors que Renault et Nissan font du super travail sur la voiture électrique. Nous avons un complexe d'infériorité en France, mais nous sommes loin d'être ridicules technologiquement. Le vrai sujet maintenant, c'est au moins que les grands groupes et les startups puissent travailler ensemble dans la même direction. Si Viva Technology est le salon qui nous fera dépasser le blocage du "Small Business Act" à la française, ce sera une réussite. Et on dira : "Merci Maurice (Lévy, ndlr) !"

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