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C'est parti !
Si François Hollande fait porter le chapeau de son échec à la droite, c'est qu'il est entré en campagne
Publié le 30 mars 2016
Pour le chef de l'Etat, l'opposition est responsable de l'abandon de la réforme constitutionnelle. Lors de sa conférence de presse, ce matin, il n'a pas eu un mot pour sa majorité qui lui a pourtant mis de nombreux bâtons dans les roues. Le signe, pour lui, que la campagne a commencé.
Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Pour le chef de l'Etat, l'opposition est responsable de l'abandon de la réforme constitutionnelle. Lors de sa conférence de presse, ce matin, il n'a pas eu un mot pour sa majorité qui lui a pourtant mis de nombreux bâtons dans les roues. Le signe, pour lui, que la campagne a commencé.

François Hollande a sorti ses gants de boxe. Ce matin, en annonçant le retrait de la réforme constitutionnelle, il n'a pas eu un seul regard pour sa gauche. A droite toute, il a foncé dans le tas. La déchéance de nationalité au panier ? La faute de la droite. L'état d'urgence non constitutionnalisé ? La faute de la droite. Le Conseil Supérieur de la Magistrature non réformé ? La droite encore. Pas un mot sur les débuts chaotiques du débat sur la déchéance, pas un regard pour la virulence de la gauche du PS qui l'a poussé à renier la parole donnée au Congrès et à accepter l'idée de faire des apatrides. Ce qui lui vaut, aujourd'hui, de ne pas être suivi par le Sénat. Pas un mot, pas un regret. L'heure est au rassemblement, à l'unité de la gauche car François Hollande est en campagne, ou presque. C'est en tous les cas ce qu'annoncent ses proches qui parlent même d'une déclaration de candidature en… novembre ou décembre.

Depuis des semaines, les plus hollandais des membres du gouvernement se retrouvent autour du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, de Guillaume Bachelay, l'une des chevilles ouvrières de la campagne de 2012, et du conseiller politique du président, Vincent Feltesse, afin de discuter de la présidentielle de 2017. Le Chef de l'Etat voit aussi de nombreux visiteurs du soir, le plus fréquent d'entre eux, Julien Dray, œuvre, depuis des mois, à une nouvelle candidature. Tous se sont longuement interrogés : comment l'imposer, comment la présenter. Et quand, surtout, entamer le travail de reconquête ?

Le signal du départ a été donné par le Président lui-même, le 9 mars dernier, lors des obsèques de sa suppléante à l'Assemblée Sophie Dessus. "Elle disait qu'il fallait toujours y croire, qu'il y avait toujours un chemin, une voie", lance, ému, le locataire de l'Elysée au cours de son hommage. Dans l'assistance, un responsable politique tressaille, raconte le Figaro, "c'est de lui qu'il parlait, ça crevait les yeux". Depuis, les langues de ses proches se délient, "il va partir tôt en campagne, expliquent-ils, car il a longuement observé Nicolas Sarkozy à qui il a peut-être manqué 15 jours pour l'emporter". Et d'ajouter que le Président pourrait profiter du trou d'air post primaire de la droite pour se lancer. L'idée est surtout de faire taire ses détracteurs et en particulier les proches de Manuel Valls qui, ces derniers temps, ne se gênaient plus pour expliquer que François Hollande serait dans l'incapacité de se représenter.

Enfin de réduire l'espace de son Premier ministre, François Hollande devrait être plus présent dans les médias, il sera l'invité sur France 2, le 14 avril prochain, de David Pujadas et Léa Salamé pour répondre aux Français. Une série d'hommages, à l'occasion de l'anniversaire du Front Populaire ou de la bataille de Verdun, lui permettront d'être à nouveau au-devant de la scène. Il s'agit, pas à pas, de commencer à dessiner le récit qui le guidera vers une nouvelle candidature.

L'espoir, dans le camp présidentiel, est d'autant plus grand que les chiffres du chômage pourraient s'améliorer dans les prochains mois. Et François Hollande de sourire en privé : "tout le monde pense que j'ai pris un risque. Tant mieux. (…) mais ça n'est pas un risque, c'est une évidence. C'est une position qui peut paraître courageuse mais qui est réaliste. Imaginez qu'il y ait 4 millions de chômeurs en 2017, ce sera difficile de dire "vous allez voir, je n'ai pas pu donner ma pleine mesure cette fois, mais la prochaine ce sera mieux" (1).

La stratégie de François Hollande consiste, en outre, à se passer des partis politiques auxquels, pense-t-il, les électeurs ne croient plus,pour s'adresser directement aux français. Bref, jouer l'opinion contre les structures. Jean-Christophe Cambadélis est d'ailleurs chargé de jeter les bases d'une Alliance Populaire destinée à dépasser les frontières du PS pour intégrer des représentants du monde associatif ou syndical afin de soutenir une nouvelle candidature de l'actuel Chef de l'Etat.

Un François Hollande qui est, aujourd'hui, cerné par les ambitieux. Manuel Valls à droite, Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon à gauche, les yeux braqués sur une cote de popularité présidentielle toujours plus basse, attendant leur heure. François Hollande espère, pour sa part, apparaître, et c'est peut-être sa chance, comme le point d'équilibre d'une gauche désormais écartelée.

Un petit coup de pouce lui a été donné, cette semaine, par les députés qui ont réformé l'élection présidentielle. La vie des petits candidats sera désormais plus difficile, ce qui permettra peut-être d'éviter trop de concurrence à gauche.

Rassembler son camp, donc, "tout en espérant, soufflent les proches du Président, que Nicolas Sarkozy soit désigné par la primaire des Républicains". "Si c'est Alain Juppé, le chemin sera beaucoup plus compliqué", expliquent les mêmes "car il nous faudra nous gauchiser à nouveau ce qui semble relever de la mission impossible".

Mais il sera peut-être encore plus dur d'inverser la courbe des sondages. A la même époque en 2011, Nicolas Sarkozy, que l'on disait au plus bas, était à 30% d'opinions favorables, François Hollande est aujourd'hui à 18%. Difficile de passer de tels abysses au sommet. En tous cas, taper sur la droite, comme ce matin, ne suffira pas.

 

(1)    La Pari Charlotte Chaffanjon Bastien Bonnefous Plon 2016

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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abracadarixelle
- 31/03/2016 - 06:55
Déjà en campagne ?
Quelle surprise ! et les petits cadeaux annoncés de ci de là ?
Mais son discours est si bouffi, lourdingue ( à son image, quoi), j'ai du mal à croire qu'il ( le discours) ait été préparé par les fameux " communicants"..
Ce type est un boulet et aura été une grosse calamité pour le pays, néanmoins, rassurons-nous mes frères, il ne manquera de rien pour le futur obscur qui l'attend .
Geolion
- 30/03/2016 - 22:59
Hollande en décomposition !
Son allocution est une honte ! Car, rendre responsable de son échec "une partie de l'opposition", en oubliant volontairement de parler de l'opposition à sa réforme de nombreux députés socialistes qui s'en vantent depuis, est un scandale ! De plus, rappelons-nous son opposition farouche à cette même réforme de déchéance de nationalité quand c'était N.Sarkozy qui la prônait du temps où il était président en 2010 ! Enfin dire que l'opposition est contre toute réforme de la constitution est un énorme mensonge de plus à son actif !
Hollande a fait perdre à la nation 4 mois de sérénité et d'efficacité avec cette réforme qui n'est absolument pas nécessaire car la déchéance de nationalité existe déjà. En effet, depuis 1989, il y a eu 21 déchéances de nationalité ! Avec cette initiative ridicule, Hollande a profondément divisé les français ! Bravo !
Liberdom
- 30/03/2016 - 22:15
Marre
Faut arrêter de servir la soupe à ce gros étron de Hollande. Y a pas plus merdique que lui. Le pire du pire doit disparaître de la scène au plus tard dans 14 mois.