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Des contrats de travail plus flexibles ? Une aubaine pour les jeunes... à condition d'assouplir les règles forçant leurs propriétaires à exiger qu'ils soient en CDI

Publié le 27 mars 2016
Chômage, dépenses de santé, financement des retraites, formation : l'approche générationnelle permet de penser différemment les blocages de notre société, et de bâtir de nouvelles formes de cohésion. Extrait de "France, le désarroi d'une jeunesse - 4 propositions pour un nouveau contrat entre générations", de Jean-Hervé Lorenzi, Alain Villemeur et Hélène Xuan 2/2
Jean-Hervé Lorenzi est professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine et président du Cercle des économistes.
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Alain Villemeur est docteur en économie, directeur scientifique de la chaire Transitions démographiques, transitions économiques, essayiste.
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Hélène Xuan est économiste et déléguée générale de la chaire Transitions démographiques, transitions économiques. Elle est également l’auteur de Vivre un siècle (Editions Descartes, 2011) et co-auteur de France, le désarroi d’une jeunesse (Eyrolles, 2016).
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Chômage, dépenses de santé, financement des retraites, formation : l'approche générationnelle permet de penser différemment les blocages de notre société, et de bâtir de nouvelles formes de cohésion. Extrait de "France, le désarroi d'une jeunesse - 4 propositions pour un nouveau contrat entre générations", de Jean-Hervé Lorenzi, Alain Villemeur et Hélène Xuan 2/2

L’incitation au travail restera lettre morte si les jeunes ne peuvent accéder au logement sans détenir une position durable sur le marché du travail. Comment rebattre les cartes pour sortir de ce cercle vicieux où les jeunes, condamnés en partie à des emplois précaires ou atypiques, ont les plus grandes difficultés à obtenir un logement ? Seul le CDI arrive à convaincre les bailleurs, au moment où 70 % des jeunes commencent leur activité avec un CDD. Le contrat à droit progressif serait-il une réponse à cette impasse ? 

Sur ce sujet, rien n’est aisé. L’échec du contrat première embauche (CPE) n’incite guère au courage politique. Prévu par la loi du 2 avril 2006, le CPE ciblait les jeunes de moins de 26 ans et prévoyait de compléter la période d’essai avec une période de consolidation d’une durée de deux ans durant laquelle le jeune salarié pouvait être licencié sans motif. Le fait d’ajouter de la flexibilité pour " soigner " la précarité des jeunes a fait descendre dans les rues des centaines de milliers de personnes, car, et à juste titre, personne ne voyait comment le CPE pouvait remplacer le CDI dans l’accès au logement et au crédit.

Une manière de résoudre cette double contrainte posée par le contrat de travail pourrait venir du marché locatif français. En effet, sa réglementation protège le locataire contre les abus du propriétaire. D’un même coup, le propriétaire, affaibli dans ses droits de propriété sur le logement à louer, exige en contrepartie des garanties, en demandant un contrat de travail rémunérateur et stable, un CDI. Or c’est là où l’ordre des priorités doit s’inverser. Toute réforme du contrat de travail n’aurait guère d’effet sur l’émancipation des jeunes, alors qu’une réforme du marché locatif diminuerait le formalisme procédural et autoriserait vraisemblablement le loueur à accepter une réduction de la protection de l’emploi. Cette réforme serait gagnante pour l’insertion des jeunes et leur émancipation. Elle permettrait également de prendre en compte leur mobilité géographique. Les jeunes sont la seule classe d’âge dont la mobilité a progressé depuis les années 2000, et ce pour une raison simple : la probabilité de sortir du chômage augmente avec des prix de loyers élevés. On sait désormais que les jeunes ont un avantage à aller travailler dans les villes où les loyers sont chers, car ils y ont un avantage comparatif par rapport aux plus vieux.

La réforme des contrats de travail devrait donc s’accompagner d’une réforme du marché du logement, et en particulier du marché locatif. L’objectif de cette réforme serait de réduire la valorisation excessive que notre société accorde à la stabilité des emplois et d’inciter davantage les jeunes à considérer l’intérêt de contrats permanents, mais plus flexibles qu’ils ne le sont aujourd’hui.

La réforme préalable du marché locatif doit être de grande ampleur. Un rapport du CAE propose d’étendre l’éventail des motifs de fin de bail, de permettre au propriétaire de contrôler l’état du logement et de favoriser la libre durée du bail par accord entre propriétaires et locataires. Or, les locataires font face à des accidents de la vie ou du travail qui peuvent remettre en cause leur capacité à honorer leur loyer, d’où la nécessité d’une assurance qui devrait être couverte par l’assureur public et non par le propriétaire, comme c’est le cas aujourd’hui. Certes, les phénomènes d’aléa moral risquent de peser lourdement sur le financement public de la garantie universelle des loyers (GUL), et les défauts de paiement seraient toujours plus fréquents en l’absence d’assurance. Mais, comme le montre le rapport du CAE, le gain social serait net. Si l’introduction de la GUL peut entraîner un surcoût pour les finances publiques, elle permettrait de réformer le marché du travail en réduisant la demande sociale pour les CDI et rendrait aussi plus acceptable, en diminuant les contreparties exigibles du logement, une plus grande flexibilité des contrats. Ainsi, des mécanismes sont à développer tant du côté du contrat de travail que du côté du marché locatif, pour résoudre le problème d’accès au logement et au travail des jeunes.

Extrait de France, le désarroi d'une jeunesse - 4 propositions pour un nouveau contrat entre générations, de Jean-Hervé Lorenzi, Alain Villemeur et Hélène Xuan, publié aux éditions Eyrolles, mars 2016. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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chtibre
- 27/03/2016 - 19:37
Un F2 ne devrait pas coûter
Un F2 ne devrait pas coûter ce prix, le prix artificiellement élevé du terrain y est pour quelque chose, et les marges du BTP. Un parpaing coûte 1 euro , on dirait que c'est la saule valeur stable dans l'immobilier. Et qui a dit qu'un logement était un investissement censé être rentable, comme n'importe quel bien profitable ? C'est un bien de première nécessité, il doit être préservé de la spéculation et accessible à tous, un point c'est tout.
pierre de robion
- 27/03/2016 - 18:19
Savoir raison garder!
En l'état actuel, et même avec des intérêts nuls, et des primes Pinel, nvestir dans le logement est de l'inconscience!
Un exemple: soit un F2 acheté entre 100 et 130.000€, loué entre 5 et 600€ mensuels soit 6 à 7000€/an.
Déduction faite des impôts fonciers, CSG-RDS, IRPP soit 50% environ, les assurances, les charges et les réparations, il reste au maximum entre 2 et 3000€ nets, soit du 2,5 à3%!
Ceci sans compter les risques d'impayés, .ou de vacance qui ramènent alors le revenu à être négatif!
Comme de surcroît il s'agit un placement difficilement mobilisable en cas de besoin, mieux vau avoir du cach placé à 0,7% sur livret A ou 2% en assurance vie.
Quant aux SCI, elles jouent avec un argent qui n'est pas le leur, mais celui des épargnants qui peuvent faire d'excellents gogos!
La GUL serait une bonne chose si, et seulement SI, cette mesure apparaissait comme pérenne, or il faudrait de la CONFIANCE en l'Etat, et dans l'état des esprits aujourd'hui ce n'est pas gagné!
essentimo
- 27/03/2016 - 17:00
je complète
et les retenues sociales sur leur fiche de paye.