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Qui dit vrai ?

Plus d’un million de signatures pour le retour du vaccin DTP sans aluminium, et pourtant... les avis d’experts sur le sujet sont toujours aussi partagés

Publié le 22 mars 2016
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la vaccination est loin d’être une science exacte. Pas facile dès lors de s'y retrouver entre indications et contre-indications médicales, scientifiques ou étatiques. Voici quelques pistes pour y voir plus clair.
Frédéric Pierru est sociologue, chargé de recherche au CNRS,au CERAPS-Université Lille 2 . Il travaille sur la réforme des systèmes de santé français et européens. Il a publié, entre autres, Hippocrate malade de ses réformes (Editions du Croquant – 2007...
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François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie. 
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Henri Joyeux est chirurgien cancérologue et chirurgien des hôpitaux, professeur honoraire de chirurgie digestive et de cancérologie à la faculté de médecine de Montpellier. Il a publié de nombreux ouvrages consacrés à l'écologie humaine, notamment...
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Frédéric Pierru est sociologue, chargé de recherche au CNRS,au CERAPS-Université Lille 2 . Il travaille sur la réforme des systèmes de santé français et européens. Il a publié, entre autres, Hippocrate malade de ses réformes (Editions du Croquant – 2007...
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Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la vaccination est loin d’être une science exacte. Pas facile dès lors de s'y retrouver entre indications et contre-indications médicales, scientifiques ou étatiques. Voici quelques pistes pour y voir plus clair.

Atlantico : Quelle est le but de votre pétition, qui a déjà dépassé le cap du million de signatures ?

Henri Joyeux : Obtenir le DTP SANS ALUMINIUM dans toute l'Europe et au-delà.

La pétition du Professeur Henri Joyeux pour le retour du Vaccin DTP sans aluminium vient de dépasser le cap du million de signatures. Que pensez-vous de ce genre d'initiative ?

Frédéric Pierru : Outre la question de fond, celle de la sécurité sanitaire, incontestable, le succès de ce type d’initiatives montre comment aujourd’hui, après la succession de scandales sanitaires liés aux produits pharmaceutiques – dont l’un des plus fameux est le Mediator – le médicament est devenu un objet politique.

L’industrie pharmaceutique est désormais confrontée à deux concurrents : l’opinion publique emmenée par des figures éminentes de la médecine et des dispositifs publics de veille, d’évaluation de plus en plus drastiques, même s’il reste beaucoup à faire pour les émanciper de l’influence de l’industrie pharmaceutique. Mais regardez le chemin parcouru en trois décennies : dans les années 1980 et même au début des années 1990, il n’exisatait pratiquement rien en matière d’évaluation ou de régulation du médicament. Aujourd’hui le ministère de la Santé est entouré d’un chapelet d’agences. Et autour de ce chapelet d’agences, veille une opinion publique de plus en plus sensible à ces questions et prête à se mobiliser massivement. L’ère de l’impunité est terminée pour l’industrie.

Pouvez-vous expliquer simplement l’intérêt médical d’un vaccin ?

Henri Joyeux : Il prévient la maladie quand l’agent en cause (bactérie, virus, parasite ou champignon) intègre l’organisme par voie cutanée, respiratoire (ORL nasopharyngée), digestive ou sanguine. J’ai dénombré 59 maladies infectieuses (23 bactériennes, 26 virales, 8 parasitaires, 2 dues à des champignons) pour lesquelles on espère trouver le vaccin spécifique. Il s’agit d’une protection individuelle mais aussi collective, ce qui est un argument majeur pour vacciner une population quand les agents en cause sont contagieux.

François Bricaire : L'intérêt médical d'un vaccin, c'est d'assurer une protection contre une maladie en injectant au préalable une partie de l'agent infectieux qui va faire réagir l'organisme et lui faire créer des anticorps, donc des moyens de défense contre la maladie.

Quels sont les vaccins obligatoires à l’heure actuelle ?

Henri Joyeux : En France, sont obligatoires les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la polio, que les spécialistes ont pu réunir en un seul vaccin nommé trivalent (dit DTP). Ils associent deux maladies bactériennes à une maladie virale, la poliomyélite.

Les obligations vaccinales varient d’un pays à l’autre en Europe. Il serait temps d’harmoniser le carnet de vaccination et de former les médecins à justifier auprès des familles et des patients l’intérêt ou non de telle ou telle vaccination et les risques de complications.

François Bricaire : Il y a trois vaccins obligatoires en France contre la diphtérie, le tétanos et la polio. Il faut les faire dans les premiers mois de la vie.

Certains sont-ils contestables à vos yeux ? Si oui, pourquoi ?

Henri Joyeux : Je ne crois pas que ces vaccinations obligatoires soient contestables, bien que l’on sache que ce ne sont pas seulement les vaccins qui ont été efficaces pour éradiquer ces maladies, il y a aussi très largement l’hygiène publique. Mais on a n’a jamais voulu évaluer de manière précise et donc scientifique ce qui est dû à l’hygiène publique et aux comportements individuels responsables, et ce qui est dû à la vaccination. Ce serait pourtant très important pour justifier les vaccinations que les fabricants cherchent à imposer via leurs experts et leur service de communication publicitaire.

Ce qui est surtout contestable, ce sont :

- La date très précoce de la vaccination à 2 mois, surtout quand la maman allaite l’enfant selon des conseils de l’Organisation Mondiale de la Santé (6 mois intégralement et 1 année matin et soir avant et au retour du travail). La vaccination pourrait attendre 2 ans et demi.

- Les trois valences associées au DTP, à savoir l’hémophilus influenzae b, la coqueluche et l’hépatite B pour en faire une vaccination hexavalente, les trois derniers étant des vaccins recommandés que l’on cherche à rendre obligatoire, ce qui est totalement abusif.

- La présence de l’adjuvant aluminium destiné à stimuler le système immunitaire du nourrisson qui n’est pas mature avant 1000 jours après la conception, soit le temps de la grossesse autour de 270 jours, plus deux années de 365 jours. Cet adjuvant n’a rien à faire dans notre corps. Chez l’animal, il peut être à la source de complications graves. Il est d’ailleurs en train d’être supprimé pour les vaccinations vétérinaires. Avant l’aluminium, l’adjuvant était un dérivé du mercure désormais interdit sur la planète entière.

François Bricaire : Sûrement pas. Il ne faut pas contester ces vaccins obligatoires dans la mesure où ils protègent contre des maladies très sévères qui existent toujours. C'est d'ailleurs sur ce point qu'il y a je pense un grand malentendu. L'opinion publique et certains médecins pensent que la diphtérie et le tétanos ont été éradiqués définitivement, mais c'est faux : c'est grâve aux vaccins que ces maladies ont disparu. Si on arrête de vacciner, ces maladies reviendront.

D'autres vaccins sont aussi très utiles, comme celui contre l'hépatite B, la méningite, le papillomavirus, la coqueluche, la rougeole ou la rubéole.

Pourquoi tous les vaccins ne sont pas bons pour tous ?

Henri Joyeux  : La vaccination est loin d’être une science exacte, bien que l’on essaye de nous le faire croire. L’acte vaccinal est un acte médical qui responsabilise d’abord le médecin prescripteur, car s’il y a des indications, il y a aussi des contre-indications. Ce n’est pas à un ministre d'imposer à un médecin une vaccination ! Il y a consensus pour le DTP mais pas pour les autres. Les vaccins peuvent être à l’origine de complications. Même la vaccination contre la grippe.

François Bricaire : Je fais partie des gens qui pensent que la majorité des vaccins qui sont proposés sont bons. Je pense aussi que beaucoup de gens sont convaincus qu'il y a de bons vaccins, parce que quand il n'y a pas de vaccins proposés aux tout petits, les parents en réclament un.

En revanche, là où je suis peut-être plus réservé, c'est qu'il y a eu des problèmes soulevés à tort ou à raison.  

A tort, concernant toute les querelles sur les adjuvants et sur l'aluminium par exemple, car les arguments avancés sur leur dangerosité ne tiennent pas la route. A ce tire, la pétition lancée par le Professeur Henri Joyeux pour le retour du vaccin DTP sans aluminium, qui vient de dépasser le cap du million de signatures, me parait être une action contestable, qui dessert à tort la réputation globale de la vaccination. Les vaccins ont besoin d'adjuvants pour être efficaces, donc d'aluminium.

A tort aussi, concernant les accidents neurologiques ou les scléroses en plaque attribués à un vaccin. Aucune étude n'a jamais réussi à prouver un quelquonque lien de causalité avec ce genre de drame. Mais les gens font "une relation de temporalité", c'est-à-dire que comme ce sont des maladies qui surviennent juste après une vaccination, ils ont besoin d'une sorte de bouc émissaire pour expliquer le drame. 

Mais il y a aussi des critiques qui sont faites à raison. Il y a d'abord des vaccins qui provoquent des effets indésirables, comme de la fièvre par exemple. Ensuite, il y a des vaccins qui sont plus ou moins efficaces aussi, comme celui de la grippe, qui ne protège pas forcément un individu même s'il est vacciné.

Frédéric Pierru : Il faut d’abord rappeler que la vaccination a permis de grands progrès sanitaires et a considérablement permis l’amélioration de l’espérance de vie en bonne santé, en parallèle avec l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène. En ce sens, l’attention publique a tendance à se focaliser sur les grandes prouesses médicales (greffe de coeur artificiel, greffe de visage, etc.), mais c’est à tort : la vaccination a été la clé de la santé publique. Nous sommes quand même au pays de Pasteur ! Jusqu’à très récemment, personne n’aurait eu l’idée de remettre en cause les vaccins contre la diphtérie, le tétanos ou la polio.

Il faut aussi rappeler que l’efficacité collective d’un vaccin, et pas seulement individuelle, dépend de la couverture vaccinale. L’obligation est donc justifiée dans certains.

On a vu apparaître de nouveaux vaccins contre la grippe ou l’hépatite dont l’efficacité n’a pas été aussi évidente. Cela a permis à certains marchands de doute de remettre en cause le principe vaccinal en son fondement.

Reste que, comme le rappelle le Pr Joyeux, la médecine n’est pas une science exacte : elle traite de l’humain, singulier, variable, complexe. Un même organisme ne réagit pas de la même manière à l’insuline comme à un vaccin. C’est de cela que les Français doivent avoir conscience. Dès lors que la médecine n’est pas une science exacte, qu’il existe des doutes légitimes sur l’opportunité de vacciner, c’est au jugement médical de trancher. Les Grecs anciens le savaient déjà : Aristote appelait cela la phronesis ou "sagesse pratique". Le praticien doit composer avec l’incertitude liée à la complexité et la singularité de chaque cas. La médecine ne saurait être une pratique "mécanique".

Pourquoi les avis sont multiples concernant les "bons" et les "mauvais" vaccins ?

Henri Joyeux  : L’enseignement de la vaccination dans les facultés de médecine et de pharmacie est totalement à revoir car quasi-nul.

Les fabricants se sont plus adressés au grand public qu’aux prescripteurs eux-mêmes. Ils cherchent à imposer leur "médicament ", car le vaccin est un médicament proposé et même imposé à toutes les mères de familles en les inquiétant dès la naissance. On cherche même à vacciner les mères pendant la grossesse…

Frédéric Pierru : Nous vivons dans des sociétés où l’autorité des institutions, et notamment des institutions médicales, ne va plus de soi. Avec l’affaire du sang contaminé, la médecine est descendue de son piédestal et est entrée dans l’arène politique. Or, le déplacement des débats des enceintes scientifiques vers les arènes du débat public modifie considérablement les arguments pertinents pour discuter de ce type de question.

Les Français ne sont pas familiers de la logique probabiliste, essentielle en médecine. Pour le Français lambda, c’est 1 ou 0, c’est nocif ou non. Or, tout médicalement est à la fois thérapeutique et nocif. C’est une substance active qui peut avoir des effets indésirables. Beaucoup de compatriotes continuent d’entretenir un rapport magique à la médecine et aux médicaments.

Chacun y va de son histoire difficile ou tragique. Mais en médecine, ces cas tragiques n’ont de sens que dans des séries statistiques. S’il y a un accident pour 1000 personnes sauvées, que faites-vous ? Voilà les choix tragiques auxquels s’affrontent les pouvoirs publics en matière de vaccination. La médiatisation des accidents et des scandales sanitaires a beaucoup apeuré les décideurs politiques en la matière.

Dans ce contexte sensible, les stratégies commerciales de l’industrie pharmaceutique peuvent être contre-productives. On le sait, l’une des stratégies privilégiées par une de ces industries les plus rentables du monde, bien que de moins en moins innovantes, est de de faire admettre la prise en charge d’un médicament ou d’un vaccin dans des indications limitées puis, peu à peu, par une stratégie commerciale agressive auprès des prescripteurs, en élargir le champ de prescription bien au-delà de ce qui a été démontré comme étant efficace. C’est ainsi qu’arrivent aussi des accidents. Ce n’est donc pas le vaccin qu’il faut remettre en cause mais les modalités de sa prescription, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Ainsi, les diabétiques ne vont pas renoncer à l’insuline parce que certains diabétiques ne savent pas équilibrer leur diabète.

Auriez-vous des conseils à donner aux Français pour s'y retrouver et savoir comment et pourquoi se faire vacciner ? En d’autres termes, quels sont selon vous les "bons" et les "mauvais" vaccins ?

Henri Joyeux  : Ce serait trop long à expliquer. C’est pourquoi j’ai décrit une par une les 59 maladies infectieuses, leurs causes, les signes de la maladie, l’existence et l’utilité ou non d’un vaccin spécifique.

Frédéric Pierru : Il n’y a pas de bons et mauvais vaccins dans l’absolu. Comme il n’y a pas de bons ou mauvais médicaments dans l’absolu (pensez au Médiator prescrit comme coupe-faim alors que ce n’était pas son but original). Il y a des vaccinations médicalement justifiées et d’autres non. On en arrive au coeur du problème : celui de la confiance au sein de la relation thérapeutique.

Un des pionniers de l’économie de la santé dirait que la relation thérapeutique était la rencontre d’une confiance et d’une conscience. Une confiance : le patient, relativement peu informé, s’en remet à un expert dont il espère qu’il pratiquera son art en fonction des données de la science certes, mais aussi en fonction du caractère aiguisé de son jugement clinique et loin de toutes considérations financières. C’est cette institution de base du système de santé qui a été remise en cause depuis les années 1990. La confiance n’est plus toujours là. Et la conscience a montré ses failles. C’est sur cet arrière-plan que prospèrent les doutes, souvent irrationnels.

François Bricaire : Les conseils que l'on peut donner aux parents, c'est déjà de discuter avec leur pédiatre et leur médecin traitant (en faisant attention, parce que certains médecins généralistes sont souvent aussi anti-vaccin).

Il faut aussi écouter les autorités de tutelle, c'est-à-dire le ministère de la Santé, qui a tout intérêt à protéger la santé de la population, donc qui donne de bons conseils.

Enfin, il faut croire les arguments scientifiques, même si la population a du mal à les entendre. Pour l'autisme, par exemple, cela a été scientifiquement démontré que l'équipe de chercheurs qui avait parlé d'autisme après le vaccin contre la rougeole avait triché, et que leurs travaux était faux. On n'en a pas beaucoup parlé en France, mais en Angleterre cela a déclenché un tollé et une forte baisse de la vaccination contre la rougeole.

Plus globalement, pourquoi avez-vous décidé d’écrire le livre "Vaccins. Comment s'y retrouver" ?

Henri Joyeux  : Parce que j’ai reçu de très nombreuses questions et plaintes de familles désorientées, affolées...  Car on a médicalisé l’émotion au profit de qui ?

L’arnaque des fabricants a consisté à créer une vente liée (6 valences) à une obligation de 3 valences ce qui est illégal, car non nécessaire et 7 fois plus cher. Et ce n’est pas sans risques pour les enfants quand on cherche à les vacciner alors que leur système immunitaire n’est pas totalement formé. La connaissance de notre système immunitaire qui est fait pour nous protéger des agressions bactériennes, virales, parasitaires ou autres et même des pollutions environnementales est d’une grande importance que le grand public peut comprendre. La vaccination des très grands prématurés est actuellement très discutable, pouvant augmenter les complications infectieuses et les troubles respiratoires…

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gerint
- 22/03/2016 - 23:05
De Bricaire
Il faut écouter le Ministère de la Santé qui aurait la science infuse? Et bien non. Ce ministère nage dans les conflits d'intérêts et les manœuvres politiques
Ganesha
- 22/03/2016 - 09:45
Répondez Dr Bricaire !
Sujet récurrent sur Atlantico ! Environ un article par mois ? Avec un féroce partisan du vaccin hexavalent : ce sera plus amusant le jours où l'on connaîtra enfin ses liens avec l'industrie pharmaceutique. Pratiquement pas d'informations médicales, seulement du bla-bla général : estime-t-on que les gens ne sont pas capable de comprendre et de réfléchir ? Si je vous rappelle que les meilleurs vaccins ne sont plus efficaces au delà de dix ans (au grand maximum 20 ans). Si en plus vous êtes informés que l'hépatite B concerne deux époques de la vie : elle se transmet de la mère à son fœtus (comme le Sida) et ensuite uniquement par les relations sexuelles (et la transfusion sanguine) est-il donc si compliqué de comprendre que cette vaccination est donc totalement inutile pour les enfants : arrivés à l'adolescence leur vaccin ne sera plus efficace, ils ne seront plus du tout protégés. Répondez Dr Bricaire ! Les français voudraient savoir ! P.s. et ne nous citez pas l'anecdote stupide d'un unique prétendu cas de contamination par échange de chewing-gum !