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L'exemple à ne pas suivre
Ces leçons que la droite française pourrait tirer du piège dans lequel se sont enfermés les Républicains américains en fermant les yeux pendant des années sur leurs éléments les plus radicaux
Publié le 21 mars 2016
L'annonce du retrait de Marco Rubio de la course à l'investiture républicaine après sa défaite face à Donald Trump en Floride a sonné l'échec du parti républicain, dont le discours policé n'a pas su résister à celui bien plus rentre-dedans de Donald Trump. En France, la droite et le centre pourraient connaître une situation similaire s'ils continuent à se montrer incapables de réagir sur le plan idéologique.
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L'annonce du retrait de Marco Rubio de la course à l'investiture républicaine après sa défaite face à Donald Trump en Floride a sonné l'échec du parti républicain, dont le discours policé n'a pas su résister à celui bien plus rentre-dedans de Donald Trump. En France, la droite et le centre pourraient connaître une situation similaire s'ils continuent à se montrer incapables de réagir sur le plan idéologique.

Atlantico : Depuis plus de dix ans, la faiblesse idéologique des Républicains lui a valu d'être contaminé par l'idéologie néo-conservatrice, puis celle du Tea Party, et enfin par les outrances de Donald Trump. Le socle idéologique de la droite et du centre français semble également faible, voire inexistant aujourd'hui. Comment faire pour éviter une situation à l'américaine chez les Républicains ou à l'UDI ? 

Maxime Tandonnet : La vie politique française n'est pas très éloignée de la situation américaine, marquée par l'emprise croissante de la communication, des polémiques, petites phrases, coups médiatiques. La personnalisation de la vie politique ne cesse de se renforcer, tout comme la dictature de l'image. Dans le camp de la droite, les batailles d'individualités pour la conquête du pouvoir semblent l'emporter sur les débats d'idées, la notion d'intérêt général et les projets de société. Il est vital, pour la reconquête du pouvoir par les hommes et femmes de l'opposition et surtout, la réussite de l'alternance, d'opérer une véritable révolution culturelle dans leur approche de la vie politique. Il faut impérativement sortir d'une logique de communication narcissique pour revenir à l'essentiel : le projet collectif. La politique doit se réconcilier avec elle-même pour redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : le gouvernement de la cité.

L'idéologie du Tea Party et celle de Donald Trump se sont largement appuyées sur les classes moyennes, délaissées par le parti républicain. Quelle considération politique ont la droite et le centre français pour les classes moyennes dans notre pays ?

Pour l'instant, cette considération semble limitée. Qu'attend la classe moyenne, c'est-à-dire la majorité des Français ? L'autorité de l'Etat, la lutte contre l'assistanat, la maîtrise des frontières, le renouveau de l'école, la baisse des charges et la réduction des contraintes qui pèsent sur l'entreprise, la réforme de l'Europe pour la rendre moins bureaucratique et plus proche des citoyens. Certes, les multiples candidats à la présidence de la République mettent en avant des propositions qui recoupent ces attentes. Cependant, le déficit de crédibilité reste considérable. Il provient de l'image globale que donne la classe politique, y compris l'opposition, dominée par le sentiment que les intérêts personnels des dirigeants l'emportent sur les considérations de bien commun et qu'ils ne mettront pas en oeuvre leurs promesses. Le sondage CEVIPOF de janvier 2016 souligne que pour 88% des Français, les politiques ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux. La fracture entre la classe moyenne et la classe dirigeante ne cesse de se creuser. L'urgence d'y remédier, par la démocratie directe, le renforcement de la décentralisation, devrait être la priorité absolue de l'opposition. Or, personne n'évoque cette question...

Depuis 2012, le parti républicain américain a entamé un travail de réforme, incarné notamment par Marco Rubio, sénateur de Floride, qui s'est finalement retiré de la course à l'investiture républicaine face à Donald Trump. Ce travail a-t-il été entrepris à droite en France depuis la défaite de Nicolas Sarkozy ? Est-il possible pour la droite française de se réformer sans provoquer de rupture entre une droite policée et une autre qui met les pieds dans le plat ?

Au fond, il faut bien voir que le phénomène Trump n'est rien d'autre que l'exacerbation du pire dans l'évolution de la politique moderne en Amérique comme ailleurs : culte de la personnalité à outrance, triomphe de la communication, obsession narcissisque. Cette évolution touche aussi la France et l'opposition ne fait pas grand chose pour y échapper. Une droite policée et une autre qui met les pieds dans le plat ? Le problème est que ces deux droites sont avant tout dans la posture. L'une d'elle veut plaire aux médias bienpensants en s'appuyant sur un discours d'angélisme au sujet de l'immigration, de l'intégration, de la sécurité, de l'Europe. L'autre droite pense s'adresser au peuple en utilisant des formules musclées. Ce phénomène conduit-il à une rupture entre les deux ? La seule issue est de changer de mentalité, sortir des postures individuelles pour se focaliser sur les défis de la réalité, le projet, la volonté d'agir en faveur du bien commun. La seule attitude qui vaille, est celle de la recherche de réponses audacieuses, concrètes, volontaristes, dans tous les domaines et respectueuses à la fois des personnes et des interêts de l'Etat-nation. Il faut passer d'une politique centrée sur le paraître à une politique centrée sur le faire.  

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Borgowrio
- 21/03/2016 - 20:08
Des Trump couvent sous les cendres de la démocratie
De toute façon , il y aura de plus en plus de Trump en Europe et ailleurs , jusqu'à maintenant la machine médiatique à grand renfort de subventions maintien une opinion publique dans le " camp du bien "... Jusqu'à quand ?
Liberte5
- 21/03/2016 - 15:54
Le conformisme des idées et des partis....
ont conduit la vie politique à une impasse. Tout cela a bien fonctionné pendant 30 ans, tant que les Français pensaient qu'il suffisait de faire l'alternance pour que le modèle politique change. Or, ils constatent qu'en fait rien ne change. Que l'on vote PS ou Ump , les Républicains maintenant, nous avons toujours les même politiques: économique, migratoire, européennes, etc. La raison en est simple. Le pouvoir est confisqué par les hauts fonctionnaires tous issus de l'ENA. Seule l'étiquette change mais le contenu reste le même. Aucun d'entre eux n'a été confronté au monde de l'entreprise, ne comprend rein à l'économie, tous ont décidé que le grand remplacement devait s'opérer en France, que l'éducation nationale devait être détruite, que les criminels méritaient toute leur attention , quant aux victimes .......Que le FN fasse son miel de leur incompétence et du mépris qu'ils affichent pour le peuple est une chose avérée. Seule chose, est-ce que le FN saura adapter son programme économique à la réalité complexe d'un monde qui bouge , ou restera-t-il sur des positions du siècle dernier. A écouter M.MLP sur BFM hier, il semblerait que des changements soient en train de s’opèrer.
vangog
- 21/03/2016 - 13:50
éternelles mises en cases des analystes...
qui n'arrivent décidément pas à comprendre la politique autrement qu'en "classes" ayant des revendication propres et donc, en nécessaires conflits entre ces classes entre elles...Et si les revendications étaient celles de tout un pays, défavorable à l'oligarchie mise en place par le parti républicain, consanguine et vaine? il serait temps que les analystes comprennent que la corruption des élites auto-proclamées, et leur incompétence sont un moteur puissant pour le peuple, toutes classes confondues! ah oui, je sais! lorsque tout le peuple s'inquiète et réclame des réformes, cela se nomme "populisme"! alors vite, revenons à la conception marxiste de la société, avec ses cloisonnements artificiels, sinon les analystes seront paumés...