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Primaire de la droite et du centre

Et pendant les grandes manœuvres pour une recomposition au centre s'ouvrait un boulevard à droite... mais qui voudra l'emprunter ?

Publié le 11 mars 2016
Si les dernières élections indiquent une "droitisation" de la société et de l'électorat français, notamment sur le plan des valeurs attendues par les Français, le boulevard qui se profile à droite ne semble pas pour autant emprunté par une figure particulière, à l'approche d'une primaire très attendue.
Jean Petaux
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Jean Petaux est docteur habilité des recherches en science politique. Ingénieur de recherche, directeur de Communication, des Relations extérieures et institutionnelles de Sciences Po Bordeaux, il dirige une collection aux éditions Le Bord de l’Eau, «...
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Bruno Larebière
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Journaliste indépendant, spécialisé dans l’étude des droites françaises, Bruno Larebière a été durant dix ans rédacteur en chef de l’hebdomadaire Minute. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Jean-Paul II (éd. Chronique, 1998) et De Gaulle (éd....
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Si les dernières élections indiquent une "droitisation" de la société et de l'électorat français, notamment sur le plan des valeurs attendues par les Français, le boulevard qui se profile à droite ne semble pas pour autant emprunté par une figure particulière, à l'approche d'une primaire très attendue.

Atlantico : Au regard des derniers scrutins électoraux, la société française semble se "droitiser", notamment sur les questions régaliennes et identitaires, comme l'indiquait le directeur du département études et stratégie de l'IFOP, Jérôme Fourquet, dans une tribune publiée en 2013 par le journal Le Monde. Pourtant, à l'approche de la primaire de droite, les grandes manœuvres politiques du moment se jouent au centre. Les candidats des Républicains ne laissent-ils pas un vide énorme à leur droite, que le FN lui-même occupe de moins en moins ?  

Bruno Larebière : La France va de paradoxe en paradoxe. En 2012, elle avait élu un président de gauche, François Hollande, qui reconnaissait lui-même, à trois jours du second tour, que le pays était majoritairement de droite. Et alors qu’elle s’est encore droitisée durant son quinquennat, ainsi que l’ont montré les élections intermédiaires, on assiste à une course au centre des candidats à la primaire curieusement nommée « de la droite et du centre » tandis que le Front national, par sa ligne politique de plus en plus « national étatiste », s’acharne à désespérer l’électorat de droite.

Le résultat est que cet électorat, qui devrait être courtisé ne serait-ce que par simple calcul arithmétique, est orphelin et va être contraint de se prononcer par défaut. Dans les états majors des principaux candidats à la primaire, on pense que le rejet de François Hollande est tel qu’il suffit d’être l’autre terme de l’alternative pour accéder à l’Elysée. Le calcul électoral est peut-être juste mais, sur le plan politique au sens noble du terme, c’est un peu court.

Jean Petaux : Sur le constat d’une société française majoritairement réceptive aux idées et aux valeurs "de droite"", la plupart des indicateurs et des avis convergent. Ce processus n’a rien de nouveau d’ailleurs. Il est confirmé depuis plusieurs années par tous les sondages périodiques et les mesures longitudinales de l’opinion. Ce n’est pas non plus une situation propre à la France. Les élections législatives slovaques samedi dernier, le 5 mars, montrent certes la victoire du Premier ministre sortant Robert Fico mais attestent également d'une forte poussée de l’extrême-droite qui fait son entrée au parlement de Bratislava avec 14 nouveaux députés sur 150, là où elle était totalement absente. La campagne électorale a été largement centrée sur la question des migrants. C’est un exemple parmi d’autres d’un positionnement de plus en plus à droite sur l’axe idéologique des sociétés civiles européennes. La France n’échappe donc pas à la règle. Les rares exceptions comme celles que l’on trouve en Italie et en Espagne sont d’ailleurs très complexes à analyser, bien au-delà de l’espèce d’excitation stupide que semble produire Podemos sur les analystes de gauche littéralement béats d’admiration du leader Iglesias, comme ils l’ont été pour Tsipras.

Si l’on examine, dans ce contexte, la préparation de la primaire de la droite, on constate en effet une forme de décrochage entre l’état de l’opinion et le positionnement des candidats déclarés. Encore faut-il relativiser ce hiatus. Avec une première partie de pré-campagne plutôt centriste, ce qui lui a permis de véritablement "décoller" dans les sondages, Alain Juppé a très clairement bénéficié du soutien des sympathisants de l’UDI (voire du MODEM). Ce choix, conforme à sa manière de traiter la plupart des questions, l’a certes amené à se faire copieusement siffler dans les assemblées purement "UMP" puis "LR" faites "à la main" de Nicolas Sarkozy. Mais cela lui a aussi permis d’apparaître comme le challenger direct du même Sarkozy, neutralisant du même coup toute candidature au centre-droit. Dans un second temps, Alain Juppé a su entamer le potentiel électoral de Nicolas Sarkozy en repositionnant son discours sur des thématiques plus "droitières" ou "régaliennes" au point qu’il apparaît désormais comme celui qui fait clairement la course en tête de la pré-campagne des primaires. Il opère ainsi un début de synthèse entre la fraction droitière de l’électorat "Les Républicains" et la partie plus "modérée" et "centriste" censée s’exprimer en novembre prochain. C’est là une stratégie de "primaire", pas forcément celle qui correspond à la campagne présidentielle elle-même. Et pour l’instant il faut reconnaitre que la démarche d’Alain Juppé s’apparente plutôt à une forme de "sans faute". Les soutiens putatifs de Nicolas Sarkozy, plus opportunistes que sincères, le savent bien pour une bonne partie d’entre eux qui arrivent, comme par enchantement, en masse, au siège de campagne de l’ancien Premier ministre, boulevard Raspail, pour faire leurs offres de service… On voit  bien pour l’heure que les candidats à la primaire se préoccupent davantage de l’opinion des futurs votants à cette même primaire plutôt que de celui de la totalité du corps électoral qui s’exprimera en avril et mai 2017… C’est logique ! Chaque chose en son temps en somme.

Comment expliquer cette rupture entre offre et demande politique ? Par simple effet d'opposition, ou de symétrie, comment peut se définir cette ligne "droitière", entre un courant centriste et une ligne portée par le Front National ?

Bruno Larebière : Concernant Les Républicains, le principal facteur me semble être l’emprise des partis sur la vie politique française. Selon la Constitution de la Ve République, ils ne devaient que « concourir » à l’expression du suffrage, c’est-à-dire y participer ; en réalité, ils l’ont confisquée, effet pervers de la réforme de 1962, l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Ces partis, qui ne sont plus que des écuries présidentielles, fonctionnent comme des administrations centrales, empêchant un véritable renouvellement de la classe politique en ne permettant l’émergence que de personnalités adoubées à proportion de leur capacité à se mouvoir dans ce que Marcel Aymé a admirablement – et férocement – décrit sous le nom de « confort intellectuel ». En conséquence, l’offre, régie par la loi d’inertie, a toujours un temps de retard sur la demande.

Concernant le Front national, Marine Le Pen est persuadée que son principal handicap est son image – « Marine Le Pen donne encore l’impression d’être un bouledogue », disait l’historien Nicolas Lebourg – et qu’il lui faut l’adoucir, en édulcorant son discours politique, alors que le problème n’est absolument pas là. De plus, son logiciel républicain, renforcé par l’implacable grille de lecture idéologique de son principal conseiller, la conduit à adopter des éléments de langage qui ne parlent pas à l’électorat de droite – et peuvent même avoir un effet répulsif.

Au final, cette « rupture entre offre et demande politique » s’étend partout et n’est qu’une des facettes de la rupture entre France d’en haut et France d’en bas, dont participent aussi bien l’appareil des Républicains que celui du Front national.

Concernant la ligne "droitière", dans une première approche, on pourrait définir la ligne “droitière“ comme nationale, identitaire, conservatrice et libérale : restauration, en interne comme à l’externe, de l’autorité de l’Etat français, défense de l’identité de la France telle qu’elle a été construite tout au long des siècles, défense des valeurs traditionnelles, restauration des libertés économiques.

Toutefois, une fois qu’on a dit cela, on n’a pas dit l’essentiel, à savoir que l’électorat de droite, je dirais même le « peuple de droite », a de plus hautes aspirations, que l’on peut résumer par un mot, celui de civilisation. Ce peuple de droite attend un discours global, un discours de civilisation – un discours transcendant même. Il aime – il adore ! – qu’on lui parle de la France. Il veut bien, même, qu’on lui parle de l’Europe si celle-ci lui est présentée pour ce qu’elle est, un espace de civilisation. Au lieu de cela, on lui parle d’Union européenne et de République.

En fait, la campagne électorale rêvée de l’homme de droite a déjà eu lieu : ce fut celle de 2007, opposant une Ségolène Royal qui réhabilitait La Marseillaise et le drapeau tricolore, et un Nicolas Sarkozy qui parlait de la France, citait Charles Péguy et promettait de procéder à cette rupture majeure d’avec l’esprit de Mai 68. Hélas, il a été suivi d’un quinquennat, qui, lui, ne fut pas celui dont la droite rêvait.

Jean Petaux : La ligne "droitière" que vous identifiez et qui se situe entre le centre et le FN n’est pas facile à "isoler" en termes de marqueurs politiques. Disons qu’elle se distingue clairement du FN par son adhésion à l’idéal européen et par son refus absolu de l’ostracisme frappant les immigrés, deux éléments constitutifs du fond de commerce frontiste "historique". Cette ligne se situe dans le prolongement du choix politique d’un Jacques Chirac par exemple. C’est celle évidemment suivie par Alain Juppé, mais elle est également partagée par Nicolas Sarkozy. Elle se distingue du centre en revanche par une assez grande méfiance à l’égard de la dérégulation et de la libéralisation économique. Là encore, entre la frange "libérale" de l’ex-UDF et les héritiers "gaullistes" de l’ex-RPR, la place de l’Etat dans le fonctionnement économique est certainement revendiquée de manière plus forte dans la ligne "droitière" du parti "Les Républicains". Sans doute aussi que du point de vue de l’engagement sur la scène internationale, les tenants de la ligne "droitière" à la différence de leurs amis du centre et du centre-droit sont-ils plus "indépendants", plus "souverainistes". On peut ainsi considérer qu’en 2003 la position adoptée par le président Chirac à l’égard des Etats-Unis et de l’engagement de George W. Bush en Irak était bien propre à cette "ligne RPR" et assez distincte de ce qu’une ligne plus "atlantiste" centriste (à la Hervé Morin ou à la Jean-Christophe Lagarde) aurait pu produire. Encore qu’il soit objectivement impossible de valider cette différence de position.

Autre élément qui peut caractériser la "ligne droitière" du parti LR, c’est celle que développe Hervé Mariton par exemple. Très clairement, Mariton défend une série de valeurs empreintes d’une influence catholique revendiquée et sans complexe qui se traduit par une opposition forte à l’égard du mariage pour tous, de la GPA, de la PMA mais antérieurement aussi à ces thématiques, à celles relatives à la contraception, à l’IVG. Certaines des prises de position d’Hervé Mariton et de ses supporters sont, par exemple, très hostiles aux libéralisations successives conduites par la gauche et assumées ensuite par une partie de la droite, mais elles sont aussi bien plus conservatrices que certaines positions affichées sur ces mêmes sujets par le FN.

>>>> A lire aussi : Et si les législatives 2017 s’avéraient être le moteur d’une grande recomposition politique : combien de circonscriptions se retrouveront-elles dans une situation de type PACA ou Nord-Pas-de-Calais aux régionales ?

L'offre politique des divers candidats à la primaire du parti Les Républicains est-elle en adéquation avec cette demande de l'électorat ? Qui sont les personnalités susceptibles de porter une telle droitisation ?

Bruno Larebière :  La primaire est perçue pour ce qu’elle est : un mode de désignation du « candidat de la droite et du centre » à l’élection présidentielle et non pas comme l’occasion d’effectuer un choix de société. De sorte que la véritable question qui est posée à l’électeur de cette primaire est : qui vous semble le mieux placé pour l’emporter en 2017 ?, avec ce sous-entendu : qui vous semble le mieux placé pour l’emporter face à Marine Le Pen ?

Dans cette configuration, les sondages prennent une importance considérable, comme ce fut d’ailleurs le cas dans les primaires de la gauche en 2007 et en 2012, lorsque Ségolène Royal dans le premier cas, François Hollande dans le second, furent désignés principalement parce qu’ils apparaissaient comme les mieux placés pour battre la droite. On peut noter que cette stratégie de conquête externe fut aussi celle adoptée par Marine Le Pen face à Bruno Gollnisch pour accéder à la présidence du Front national.

En conséquence, l’« offre politique » des candidats à la primaire devient accessoire ; ce qui importe, c’est l’offre en termes d’image. Cela évoluera certainement, mais pas au point que les Français appelés à voter à cette primaire tranchent entre les postulants autrement, sauf marginalement, que sur les qualités, réelles ou pas, qu’ils attribuent à tel ou tel pour accéder à l’Elysée : l’« énergie » de Nicolas Sarkozy, la « sagesse » d’Alain Juppé, la « détermination » de François Fillon, etc.

A des degrés divers, Hervé Mariton, Jean-Frédéric Poisson et Nadine Morano, parmi les candidats déclarés à cette primaire, portent certaines des aspirations de l’électorat de droite mais aucun d’entre eux n’est crédible car aucun n’est perçu comme ayant la stature qui fait les hommes d’Etat, ce qui est le principal déterminant du vote.

Parmi les prétendants les plus sérieux, Nicolas Sarkozy semble persuadé qu’il a été battu en 2012 pour avoir mené une campagne trop à droite alors que, au contraire, il a perdu pour n’avoir pas été assez à droite durant son mandat. Quant à François Fillon, il fait des efforts pour se positionner sur un créneau libéral conservateur mais il aura du mal à faire oublier que ce qu’il propose est en bien des points à l’opposé des politiques qu’il a menées, tant à Matignon qu’auparavant, dans ses fonctions ministérielles successives.

En l’état actuel de l’offre politique, je ne vois que deux personnalités qui pourraient, à terme, capitaliser sur leur nom la droitisation de la société française et porter le discours de civilisation que le peuple de droite attend, deux personnalités qui ont pour point commun d’avoir réussi à rendre leur parole audible au-delà de leurs électorats partisans : Laurent Wauquiez et Marion Maréchal-Le Pen. Mais nous entrons là dans l’après-2017…

Jean Petaux : Celui qui apparait comme le plus soucieux de "coller" à la droitisation que vous évoquez est le nouveau président de la région Rhône-Alpes-Auvergne, Laurent Wauquiez, par ailleurs numéro 2 du parti LR. Celui-ci qui ne se cache pas de bénéficier de quelques conseils "avisés" du célèbre Patrick Buisson a le souci de ne pas laisser en déshérence un électorat potentiel sur lequel le FN lorgne avec insistance. Sa position auprès de Nicolas Sarkozy (qui se méfie singulièrement du caractère opportuniste et des dents pointues de l’ex-premier de la classe que fut le jeune Wauquiez) est aussi pour l’ancien Président une manière de garder un œil vigilant sur le tropisme droitier de Wauquiez.

Autre "jeune" censé plaire aussi bien au jeune étudiant libéral de "Sciences Po" qu’à la "mamie Nova" de la droite conservatrice républicaine, Bruno Le Maire, dans le rôle du gendre idéal et du grand-frère vaguement transgressif (cf ses écrits gentiment coquins… qu’on peut tout juste sous-titrer "dix nuances de gris"), incarne aussi ce qui pourrait ressembler à une droitisation mesurée et modérée. On voit bien son problème : sur les mêmes brisées politiques (une droite européenne, ouverte, moderne et globalement modérée) campe actuellement Alain Juppé. L’air est raréfié pour un Le Maire dans cette partie de l’axe idéologico-politique. Il convient donc pour lui, insensiblement, de venir chasser sur les terres sarkozystes. Il n’avait pas eu à le faire pour l’élection à la présidence du parti où il a frôlé les 30% (remarquable score) contribuant (pas qu’un peu) à la "victoire cuisante" de l’ancien président de la République dans son opération de "come-back" à moitié ratée de ce fait. Pour la présidence du parti LR , l’absence d’un Juppé dans la compétition a ouvert un véritable boulevard à Bruno Le Maire. Dans le cas des primaires, il en va tout autrement et, pour l’heure, les sondages semblent montrer que les électeurs éventuels de la primaire de novembre 2016 préfèrent nettement un Juppé-original qu’un Le Maire-photocopie. S’il veut exister, coincé en somme entre ses deux aînés, Bruno Le Maire doit profiter de l’ouverture que lui laisse, actuellement et conjoncturellement, un Sarkozy plutôt scotché et "encalminé", étrangement absent en ce moment. Mais il reste que tout cela ressemble fort à un théâtre d’ombres.

La droite parlementaire, toute occupée à préparer ses primaires, ressemble plutôt à une "droite zombie", comme si elle assistait en pure témoin et spectateur à la tragi-comédie d’un PS en train d’imploser sous les yeux de ses propres électeurs… En 2006, le PS n’était pas non plus particulièrement présent dans la crise du CPE, laissant la majorité politique d’alors s’entre-déchirer en place publique entre un premier ministre Dominique de Villepin incapable de comprendre la situation politique et un ministre de l’Intérieur encourageant le principal responsable du syndicat étudiant à ne pas céder et à continuer à manifester… contre le projet de son Premier ministre !

En l'absence de candidats susceptibles de répondre à cette demande politique de l'électorat, quels sont les risques, à terme, de consommer une fracture entre offre et demande politique à droite ?

Bruno Larebière : Je n’aime pas beaucoup la prospective, ne serait-ce que parce que l’histoire est riche de ces événements imprévisibles qui viennent déjouer les pronostics. En l’état actuel, disons juste que cette fracture participe du désenchantement pour la politique.

L’aspect positif est que, sous l’influence de la Manif pour tous et de différents réseaux politiques et associatifs de la « droite hors les murs », le peuple de droite est en train d’apprendre, ou de ré-apprendre, qu’il y a une autre voie possible, celle de l’horizontalité. Elle ne permet pas de résoudre tous les problèmes – les plus tragiques sont du ressort de l’Etat – mais elle entretient la vitalité et permet, elle, l’émergence de talents nouveaux.

Jean Petaux : Le risque principal, c’est que l’électorat de droite se détourne totalement de la droite républicaine et décide, une bonne fois pour toute, de tenter l’expérience d’un FN défendant désormais une "France apaisée". Très clairement, Marine Le Pen multiplie les signes forts de "dédiabolisation" à l’attention d’une fraction de l’électorat de droite encore hostile au FN. La dernière décision consistant à annuler le traditionnel défilé du 1er mai pour le FN va dans ce sens. Outre que la future candidate à la présidentielle de 2017 n’a sans doute pas envie de voir une énième "guignolade" de son géniteur faisant le clown au pied de l’estrade voire une nouvelle provocation des Femen engendrant quelques images désastreuses de crânes rasés du service d'ordre du FN faisant quand même bien trop "fachos" pour être présentables, Marine Le Pen ne veut pas apparaitre comme un "diviseur" de la France et des Français. Elle laisse à la "classe ouvrière" (en fait à ce qu’il en reste…) "sa" fête du Travail et, présidente du parti politique qui recueille le plus de voix justement chez les ouvriers et les employés, elle ne parasite plus ce moment symbolique. En tant que tel, le geste est aussi symbolique.

Le phénomène est fort peu développé et commenté, mais on compte de plus en plus de hauts fonctionnaires (et pas seulement dans les "ministères sécuritaires" tels que la Défense ou l’Intérieur) qui passent, discrètement, des notes sur tous les sujets au staff dirigeant du FN, aussi bien du côté d’énarques dûment installés à Bercy que du côté des ministères techniques comme les Transports ou les Affaires sociales, voire l’Education. Ce phénomène n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit entre 1979 et 1981 avant la "grande alternance" de mai 81 quand nombre de hauts fonctionnaires, "sous le manteau", alimentaient l’équipe Mitterrand…

Certains le font par le "réseau Philippot", dont les attaches avec les anciens élèves de l’ENA sont connues, d’autres par des personnalités peu médiatisées comme Philippe Martel, énarque lui aussi, de la même promotion que Paul-Marie Couteaux (fin des années 70) qui a participé en son temps à la création du rassemblement "Bleu Marine". Philippe Martel, en fonction auprès de Marine Le Pen depuis octobre 2013, a une mission très précise : muscler, professionnaliser, développer l’expertise du FN dans la perspective de 2017. Doté d’un très joli carnet d’adresses sur Paris et ailleurs, celui qui fut le chef de cabinet d’Alain Juppé au quai d’Orsay entre juin 1993 et novembre 1994 (fonction qui n’est pas stratégique contrairement à ce que l’on croit puisqu’il s’agit souvent de gérer purement et simplement le cabinet du ministre) correspond bien "au profil de l’emploi" : faire en sorte que l’espace idéologico-politique laissé vacant sur le flanc droit de la droite républicaine soit attiré non seulement par le succès potentiel du FN (les opportunistes sont toujours disposés à tous les "mercatos" possibles…) mais aussi par une "crédibilité" renforcée confirmant que le FN est devenu un "parti de gouvernement".

Si l’électorat de droite (plus précisément de la droite de la droite) a le sentiment qu’il n’y a plus d’offre politique conforme à ses attentes et à ses espérances, il n’aura plus guère de raison de résister aux chants des sirènes marinistes. Même si, à y regarder de près, l’offre politique proposée par le FN aujourd’hui n’est pas tout à fait "raccord" avec les attentes et les principaux choix de l’électorat de la droite républicaine, sur la question de la sortie de l’Europe, sur celle de la sortie de la "zone euro", ou encore sur celle du "mariage gay"… Cela dit, tout comme "Paris a bien valu une messe" , le choix de Marine, pour cet électorat de la droite orpheline du Sarko de 2007 droitisé 2012 et du Juppé-dur modèle "Matignon 1995", pourrait bien valoir quelques renoncements fondateurs aussi…

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Semper Fi
- 10/03/2016 - 00:53
M. Larebière très clairvoyant
Je n'ai jamais aimé Minute, mais je dois reconnaître que je me suis reconnu dans la description faite par son ancien rédac-chef. "Dans une première approche, on pourrait définir la ligne “droitière“ comme nationale, identitaire, conservatrice et libérale : restauration, en interne comme à l’externe, de l’autorité de l’Etat français, défense de l’identité de la France telle qu’elle a été construite tout au long des siècles, défense des valeurs traditionnelles, restauration des libertés économiques.... Ce peuple de droite attend un discours global, un discours de civilisation..." A ce jeu les deux seuls qui "sortent du lot" sont L. Wauquiez et MMLP ! Tout est dit, rien à ajouter... M. Peteaux, voilà la définition du peuple de droite auquel j'appartiens, celui qui rejette le centre-mou et qui ne se reconnaît pas dans le programme national-étatiste (terme utilisé à dessein pour éviter toute confusion historique totalement inappropriée et injurieuse) du FN... quoique s'en sentant toujours plus proche que de NKM ou Juppé.

Jardinier
- 09/03/2016 - 20:05
Innenarable Jean Petaux:
"la ligne droitière est elle suivi par Jacques Chirac (rire inextinguible), évidemment suivi par Alain Juppé..." (:D, que ne faut il pas entendre)
vangog
- 09/03/2016 - 19:46
Vous avez du courage de lire encore Petaux...
la science-pipologie, dans toute sa vacuité bavarde!