En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Pixabay
Les bleus de la carte

Nouvelle carte bleue sécurisée : pourquoi les banques ciblent particulièrement la petite délinquance

Publié le 31 décembre 2015
Les nouvelles cartes bleues arrivent. En toile de fond toujours la même rengaine : toujours plus de sécurité pour les banques, mais aussi pour l'usager. Mais les innovations ciblent avant tout à prévoir les petits délits. Ce n'est pas encore le cas des plus gros...
Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michel Ruimy
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les nouvelles cartes bleues arrivent. En toile de fond toujours la même rengaine : toujours plus de sécurité pour les banques, mais aussi pour l'usager. Mais les innovations ciblent avant tout à prévoir les petits délits. Ce n'est pas encore le cas des plus gros...

Atlantico : En quoi la nouvelle génération de carte bancaire apporte-t-elle un supplément de sécurité sans pour autant tout résoudre ?

Michel Ruimy : Rappelons le contexte. La carte bancaire est le moyen de paiement préféré des Français, qui n’hésitent plus à user de ce support pour acheter sur l’Internet (Le chiffre d’affaires estimé du commerce en ligne devrait atteindre 65 milliards d’euros en 2015) et pour payer dans les commerces de proximité. Mais, revers de la médaille, la fraude prospère malgré d’incessantes innovations techniques. 840 000 personnes en ont été victimes, en 2014, pour un montant de près de 500 millions d’euros, dont 153 millions pour la fraude sur l’Internet, essentiellement basée sur l’usurpation du cryptogramme (numéro à trois chiffres se trouvant au verso de la carte, permettant de sécuriser un paiement sur l’Internet).

Aujourd’hui, afin de mieux lutter contre la fraude à la carte bancaire, les plus grands fabricants de cartes (Gemalto et Oberthur) ont lancé, ces derniers mois, un système visant à rendre éphémère le cryptogramme de sécurité, actuellement gravé et définitif. La nouveauté réside en un petit écran de quelques millimètres affichant un code, automatiquement modifié périodiquement (toutes les 20 minutes). Cette carte est ainsi équipée d’une horloge interne. On passe, par là même, d’un cryptogramme visuel gravé et définitif à une version, dynamique et éphémère.

Ces nouvelles cartes bancaires sont déjà en phase de test auprès de certains clients de la plupart des grands réseaux bancaires. Si, sur la carte elle-même, le changement est minime (même largeur, agilité, finesse, robustesse, touché), l’avantage incontestable est qu’en cas de vol de données, sur l’Internet par exemple, l’usurpateur n’aura que quelques minutes pour faire des achats.

Quels sont, en quelques mots, les avantages concrets pour le consommateur d'avoir cette nouvelle carte ? 

Tout d’abord, cette solution est d’autant plus intéressante qu’elle ne modifie en rien les usages traditionnels de la carte tant pour le consommateur que pour le commerçant.

Ensuite, tout le monde a à y gagner. Pour les commerçants et les sites de vente en ligne, les consommateurs, même les plus frileux, se sentiront plus en sécurité et devraient donc acheter plus aisément. Les banques y gagneraient aussi : lors de piratage informatique de leurs clients, elles s’engagent à indemniser leurs clients. Si le système est sécurisé, il devrait y avoir moins de clients piratés et, en définitive, plus d’économies pour les établissements.

Notons, toutefois, que les établissements financiers s’accordent un délai de réflexion pour le développement à grand échelle de cette carte bancaire plus sécurisée. La seule question qui se pose alors, est celle de savoir sur qui sera répercuté le coût de cette nouvelle technologie ? Les banques ? Les commerçants ? Les clients ? Les banques doivent trancher rapidement. Les associations de consommateurs se méfient déjà car cette carte serait l’occasion d’imposer des charges financières supplémentaires à l’utilisateur.

Quels sont, concrètement, les risques qui demeurent ou se rajoutent à cette nouvelle carte bancaire ?

« Lutter contre la fraude » est le leitmotiv des banques françaises qui mettent en place cette carte bancaire « nouvelle génération ». Grâce à cette innovation, les fraudeurs auront plus de mal à récupérer les données bancaires. En ce sens, les nouvelles cartes bancaires sont une avancée car le développement de cryptogramme éphémère est une solution d’authentification forte.

D'autres technologies sont à l'étude. Des Fin Tech (entreprises spécialisées dans la technologie financière) étudient notamment la possibilité de passer, pour ce qui concerne la sécurité des paiements, par une authentification biométrique (identification par empreinte digitale ou encore par reconnaissance faciale via le téléphone mobile). Mais ce type d’innovation se heurte, pour l’instant, à une autorisation de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). Ainsi, la carte bancaire du futur n’est pas le seul moyen de paiement à l’étude pour lutter plus efficacement contre la fraude.

Mais, il faut reconnaître qu’il n’existe pas de recette miracle pour empêcher la fraude, quel que soit le domaine car, en la matière, l’inventivité humaine est infinie.

Ces innovations ne centrent-elles pas les efforts plus sur la petite délinquance que sur la grande délinquance ?

A une époque où la cyber-sécurité devient un enjeu de plus en plus important, les banques misent sur la technologie pour faire face à la fraude en masse. La carte bancaire de demain sera ainsi de plus en plus truffée de technologies, aussi innovantes que révolutionnaires… jusqu’à ce qu’elle soit remplacée.

Dans cet environnement, les établissements financiers doivent arbitrer entre une fraude de faible valeur unitaire mais de grand volume et celle de grand montant mais de faible fréquence. En plus, ils sont confrontés à la gestion d’une population d’utilisateurs, observant parfois peu les règles de prudence en matière d’usage de carte bancaire alors que la fraude de grand montant nécessite une plus grande expertise à laquelle ils savent faire face. La nouvelle technologie s’inscrit dans cette démarche : limiter la petite délinquance qui, au final, lui coûte beaucoup.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Une suggestion pour Greta Thunberg : et si pour sauver la planète, on guillotinait les riches ?

02.

Carlos Ghosn : enfin un ami, Francis Ford Coppola !

03.

Laeticia Hallyday boit dans la mer (mais pas la tasse) ; Voici trouve Macron très beau en maillot, Point de Vue trouve Brigitte mirifique ; Tout sur le mariage de Jenifer sauf des photos ; Crise de libido royale pour William et Kate

04.

Arrêt de l’enquête dans les maternités de Fukushima : un non-lieu sanitaire pour le nucléaire ?

05.

Les épargnants français, bipolaires ?

06.

Seniors : cette méthode qui vous permet de profiter pleinement de votre retraite

07.

Le général iranien Qassem Souleimani, maître de guerre sur le front syro-irakien

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

03.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

04.

Laeticia Hallyday boit dans la mer (mais pas la tasse) ; Voici trouve Macron très beau en maillot, Point de Vue trouve Brigitte mirifique ; Tout sur le mariage de Jenifer sauf des photos ; Crise de libido royale pour William et Kate

05.

Services secrets turcs : les hommes des basses œuvres du président Erdogan

06.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

G7 à Biarritz : ces inégalités croissantes dans les pays occidentaux dont les progressistes ne veulent pas entendre parler

03.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

04.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

05.

Rencontres diplomatiques : Boris Johnson pourrait-il profiter du désaccord entre Paris et Berlin sur le Brexit ?

06.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires