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Samedi 17 octobre, la mort de 4 Palestiniens a enflammé les esprits.
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Samedi 17 octobre, la mort de 4 Palestiniens a enflammé les esprits.
Incitation à la haine

Intifada sur Instagram : comment les réseaux sociaux attisent le conflit israélo-palestinien

Publié le 23 octobre 2015
Les médias locaux évoquent désormais une troisième Intifada, dénommée "Intifada des couteaux". Et si Instagram permet aux jeunes Israéliens et Palestiniens de montrer au monde entier les fortes tensions qui règnent entre les deux peuples, le réseau social envenime aussi encore un peu plus la situation.
Denis Charbit
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Denis Charbit est maître de conférences au département de sociologie, science politique et communication à l’université ouverte d’Israël. Il est l’auteur de plusieurs livres et articles qui portent sur la nation en Israël et en France. Il a publié...
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Les médias locaux évoquent désormais une troisième Intifada, dénommée "Intifada des couteaux". Et si Instagram permet aux jeunes Israéliens et Palestiniens de montrer au monde entier les fortes tensions qui règnent entre les deux peuples, le réseau social envenime aussi encore un peu plus la situation.

Atlantico : En Israël et en Palestine, les violences se poursuivent. Les médias locaux évoquent une troisième Intifada, dénommée "Intifada des couteaux". Ce samedi 17 octobre, la mort de 4 Palestiniens a enflammé les esprits. Dans quelle mesure les réseaux sociaux jouent-ils un rôle dans ce conflit ?

Denis Charbit : Les réseaux sociaux étaient absents des deux premières Intifada. Aujourd'hui, ils sont présents, et il apparaît logique que les observateurs se posent la question de leur rôle. A ce titre, il est possible de discerner deux types d'intervention des réseaux sociaux. D'une part, en amont, mais également en aval.

En amont, parce qu'il est important de comprendre qu'à la différence des précédentes Intifada, celle-ci n'est pas organisée par des branches armées comme le Hamas ou le Fatah. Elle est spontanée, mais si la violence est imputable au contexte ambiant (social et politique,  notamment), il est légitime de se demander si cette violence n'est pas entretenue par les réseaux sociaux. Ce qui nourrit ce bras armé, bien plus que la télévision, c'est la multiplication des messages (sans filtrage) violents d'incitation à la haine. Internet permet, indéniablement, de partager de bons souvenirs et d'heureux moments avec des amis proches ou lointains par l'envoi de photos et de messages instantanés, mais il permet à des discours beaucoup plus sombres radicalisés, parfois fanatiques, de se répandre plus rapidement qu'auparavant,. En outre, il est important de noter qu'Internet remplace aujourd'hui les lettres laissées pour expliquer les motivations qui ont présidé au passage à l'acte. On retrouve plutôt des posts de blogs, des mails… au fond, les réseaux sociaux font office de signature avant que l'acte violent n'ait été perpétré.

En aval, cela dépasse le simple cadre du réseau social : qui n'a pas un smartphone dans la poche, susceptible de filmer n'importe quelle situation en temps réel ? Ces facilités technologiques permettent de capturer les images d'un attentat et au travers des réseaux sociaux, de les diffuser aussitôt dans tout son entourage.

Il est difficile de prendre la mesure des effets sans précédent que génèrent ces nouvelles technologies. Par le passé, lors d'un attentat, nous n'avions que des images réalisées et montées après-coup. Le photographe de presse arrivait après la bataille, sans avoir vu le bus exploser : celui-ci était déjà détruit, calciné, lorsqu'il commençait à tourner sur les lieux et à en rapporter les premières images. On voyait des cadavres, certes, mais on ne les voyait pas passer de vie à trépas. Aujourd'hui, on fait face à une mort en direct : un attentat est commis et filmé sur le coup. Disposer de ce genre d'images était auparavant très rare, et quand on les avait, elles n'arrivaient pas sur nos écrans brut de décoffrage mais après un montage qui permettait d'exercer un certain contrôle sur les images avant leur diffusion. Désormais, un attentat relève presque du cinéma : la violence est apparente, filmée en temps réel, et la mort aussi, diffusées partout via les réseaux sociaux. Chacun d'entre nous est susceptible de posséder cette information, cette image, et de la partager. Cela pose un problème éthique (collatéral, certes) : des images d'un individu abattu pourraient circuler avant que la famille ne soit au courant de sa disparition. Or, la norme en Israël requiert de prévenir la famille avant de proclamer la disparition du défunt et de dévoiler son identité.

Lors des précédentes intifada, les médias jouaient déjà un rôle primordial dans le relais des images et des messages. Qu'est-ce qui a changé, depuis les 15 dernières années ? Le rôle des technologies a-t-il évolué, avec les habitudes de celles et ceux qui les utilisent ?

Au cours des deux premières Intifada, nous avons fait face à des images particulièrement puissantes, très fortes. Outre la polémique et la question judiciaire qui continue d'entourer l'affaire Al-Durah, on peut reconnaître que l'image en question était exceptionnelle. Cette "mort en direct" était très spéciale, probablement unique en son genre. Dorénavant, elle est reproductible à l'infini.

On a pratiquement toutes les images de tous les attentats, quelques secondes seulement après qu'ils aient été déclenchés. Il y a, à mon sens, quelque chose qui a changé à la fois quantitativement et qualitativement : ces facilités technologiques que sont les téléphones portables, les tablettes, les réseaux sociaux, qui permettent de filmer et diffuser l'information nous transforment en journalistes potentiels. Journalistes, bien sûr, sans le montage, la compétence professionnelle et l'éthique déontologique (savoir ce que l'on peut ou non montrer) , … Par conséquent, nous sommes confrontés à une exposition – qu'on ne connaissait pas auparavant – d'une rare violence. Jadis, nous n'avions que les conséquences de l'attentat, pas le film de la mise à mort.

Or, ce film de la mise à mort va générer, d'un côté comme de l'autre, de la violence, de la vengeance…  Dans le cadre de cette "Intifada des couteaux", les jeunes Palestiniens ont été neutralisés le plus souvent (il s'agit d'attentats au couteau, pas à la bombe !). Et plus d'une fois, on a eu droit à des scènes de lynchage. Ce n'est pas la première fois que cela arrive, mais c'est la première fois qu'on a droit à des images. Désormais diffusées partout, elles peuvent avoir un potentiel d'excitation et exacerber les tensions.  La multiplication des images renforce l'incitation à passer à l'acte : c'est ça qui est le plus inquiétant.

Auparavant, les autorités publiques conservaient un semblant d'organisation et de pouvoir sur les informations diffusées. Faut-il  craindre qu'incapables de contrôler et de censurer certaines images, le conflit n'en devienne que plus violent ? Comment éviter de mettre le feu aux poudres ?

Je suis très perplexe : il n'y a plus de contrôle des journalistes, plus non plus de contrôle télévisuel. Nous sommes donc livrés à un pouvoir décuplé de l'image. Des images violentes peuvent autant susciter de nouvelles vocations qu'un plus grand effroi. Ces images-là, que nous avons pu voir en Israël, creusent mentalement le fossé avec les Palestiniens. La simultanéité des attentats a provoqué beaucoup de craintes. Couplé au direct, leur mise en spectacle contribue à effrayer les populations et à marquer plus encore la séparation entre Palestiniens et Israéliens.

Prenons un exemple simple : quand la presse écrite rapporte qu'un attentat a fait "deux morts, trois blessés", c'est à nous de nous représenter ou non les choses. Mais quand on voit ces fameux "deux morts, trois blessés" en mouvement, nous vivons l'événement, et comme il est violent et brutal, l'abyme entre Israéliens et Palestiniens s'aggrave. Il est plus difficile encore d'envisager une solution négociée.

L'affaire Al-Durah témoigne de la possibilité d'utiliser et d'instrumentaliser une image en temps de guerre. Faut-il craindre que ça soit le cas, via les réseaux sociaux ?

On l'a vu, d'ores et déjà. L'attentat de Jérusalem, durant lequel deux jeunes Palestiniens s'en sont pris à deux jeunes Israéliens à coup de couteaux a été aussitôt  instrumentalisé par le président de l'Autorité palestinienne. Il a cité nommément le nom l'un des deux jeunes et l'a présenté comme un "martyr de la cause palestinienne" qui aurait été "abattu froidement par Israël". En vérité , ce martyr n'est pas mort de ses blessures, il a été hospitalisé et sauvé. Mahmoud Abbas a tenté d'instrumentaliser  cette image, dont il voulait en faire la réédition du martyr d'Al-Durah.

Il est fort probable, dans une vague future d'attentats sinon dans cette vague-là que cette capacité de montrer l'événement en direct suscite des instrumentalisations. Dans ce cas précis, les familles palestiniennes contestent les événements et expliquent que loin d'avoir voulu commettre un attentat, le jeune Palestinien était innocent et c'est aux cris de "terroriste, terroriste" que les autorités auraient les premiers ouvert le feu . Parfois, on a la preuve par l'image, parfois pas. Or, on peut toujours exploiter un événement quand bien même on ne dispose pas d'image.

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