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La France a pour la première fois quitté le podium des nations touristiques en termes de recettes.
Les entrepreneurs parlent aux Français

Le tourisme français : ne pas gâcher ce trésor national

Publié le 04 août 2015
L’an dernier, la France a pour la première fois quitté le podium des nations touristiques en termes de recettes : nous sommes passés de la 3ème à la 4ème place.
Jérôme Tourbier, entrepreneur de l’Art de Vivre.
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L’an dernier, la France a pour la première fois quitté le podium des nations touristiques en termes de recettes : nous sommes passés de la 3ème à la 4ème place.

Comme chaque année, nous avons célébré médiatiquement la France en tant que "première destination touristique" du monde. Les parutions sérieuses et les chaines d’infos ont repris à l’unisson le rare domaine où notre leadership ne serait pas contestable. Mais derrière cette position de pays comptabilisant le plus d’arrivées internationales se cache une réalité plus sombre que nous passons sous silence. L’an dernier, la France a pour la première fois quitté le podium des nations touristiques en termes de recettes. En effet, nous sommes passés de la 3ème à la 4ème place. Nous sommes le seul pays du top 20 mondial, avec la Thaïlande, à connaître une baisse de revenu liée au tourisme. La réalité est donc cruelle. Nous perdons du terrain, par rapport aux grandes nations comme les Etats-Unis, mais aussi par rapport à nos voisins européens à taille comparable.

On doit se réjouir d’une prise de conscience politique de l’importance du tourisme pour notre nation. En effet, le discours volontariste du ministère des Affaires Etrangères marque un tournant pour la valorisation de ce que nous devons considérer comme une industrie à part entière. Ainsi le 11 juin dernier, Laurent Fabius a évoqué un trésor "national" et formulé l’ambition d’améliorer accueil, investissement, formation et numérique dans notre secteur.

Sur le terrain, le constat est moins réjouissant. Le manque d’investissement depuis 15 ans a rendu l’offre en région peu en rapport avec les attentes des nouveaux voyageurs internationaux. L’industrie du tourisme a souffert au même titre que toute notre économie d’un affaiblissement notoire des marges de ses entreprises. La baisse imposée du temps de travail, la fiscalité dissuasive d’investissement et les contraintes de construction ont, entre autres, freiné l’émergence de nouveaux acteurs du tourisme. Au même titre que dans le reste de notre économie, le tourisme ne voit pas se développer d’entreprises de tailles intermédiaires. Ne considérer le tourisme Français que par les groupes Accor, Club Med ou Pierre et Vacances est une erreur stratégique grave à l’heure où les voyageurs internationaux recherchent l’unicité de l’expérience et le sur-mesure rendu possible par la distribution numérique. Car plus que la quantité, c’est la qualité de nos capacités d’accueil qui est en cause. La France doit oser le haut de gamme et avoir comme obsession de capter des touristes internationaux à forte contribution. Nous devons faire de notre pays la référence mondiale du service et de l’accueil. Le fait qu’un touriste dépense trois fois plus en Allemagne qu’en France n’est pas une fatalité !

C’est bien d’un enjeu national qu’il s’agit. Le tourisme permettra de relancer notre pays sur trois plans au moins. Tout d’abord sur le plan économique, puisqu’en réalisant simplement la croissance moyenne du tourisme mondial, l’industrie touristique apporterait un point de PIB à la nation. Sur le plan social ensuite, car les besoins de cette industrie sont humains. Avec 100 000 emplois par an, c’est l’opportunité de remettre dans l’emploi des jeunes gens par une formation courte et qualifiante. Enfin, c’est une opportunité d’aménagement du territoire. Avec l’ambition de montrer le meilleur de nos régions, de nos produits et de notre gastronomie, nous permettrons à de nouveaux circuits plus courts de se développer. Ainsi des paysans de petites exploitations trouveront des débouchés qui leur permettront de vivre auprès de restaurateurs qui valoriseront leurs produits. La culture viendra compléter de triptyque tourisme – agriculture – culture présentant au monde ce que notre pays a de meilleur.

Le tourisme est certainement l’avenir de la France. Le fait que cette année Londres soit passée devant Paris en tant que ville la plus visitée du monde doit nous alerter… La différence s’étant faîte visiblement sur le tourisme dit de "shopping" avec une certaine ouverture des magasins le dimanche.

Nous devons être lucides mais ambitieux. Le rebond, nous l’aurons en commençant par accepter le "service" comme une ambition et non comme une contrainte. A l’automne, Paris accueillera la 21ème conférence des Nations Unies sur le climat : la COP21. Il s’agit du plus grand événement diplomatique jamais organisé en France. Quelle meilleure opportunité pour montrer au monde notre savoir-faire en termes d’accueil touristique ? Et si l’on fixait cette date comme celle du renouveau de notre industrie touristique ? Chiche !

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clint
- 04/08/2015 - 21:12
Je suis un mauvais français, je ne vais plus en France !
Je ne vais plus non plus dans les pays méditerranéens (exception Espagne mais très loin de la Costa Brava). En vacances je ne souhaite pas retrouver ce que je vois maintenant quotidiennement en France. Bon il y a l' Europe du Nord, les US. Si j'en avais les moyens j'irais volontiers en Australie qui est un pays que j'apprécie de plus en plus !
maikerusan
- 04/08/2015 - 17:28
innovation touristique !!!!
Faire partir le roi d’Arabie saoudite installé sur la cote est un bon exemple de la connerie française
vangog
- 03/08/2015 - 21:49
L'idée est bonne, la méthode mauvaise!...
Inutile d'attendre une conférence-enfumage COP2 dont tout le monde sait déjà qu'elle fera un bide! Mauvais communicants, luxe du climat impossible pour une France incapable de maîtriser sa paupérisation, manipulation des minorités ecolo-trotskistes pour camoufler leur anti-capitalisme, cette conférence arrivera au mauvais moment, avec les mauvaises personnes, pour de mauvaises raisons...le triptyque de l'échec...comme tres souvent avec le socialisme! Et puis! Pourquoi attendre pour valoriser un don que le monde nous enviait, avant les trente piteuses socialistes? essayons de comprendre ce qui s'est dégradé! Perte d'identité, uniformisation et dilution de l'ame francaise dans l'immigrationnisme d'allocations...c'est certain! Cela ne fait pas envie a des étrangers qui venaient pournotre spécificité, notre art de vivre et de manger...normes et contraintes europeistes sont passées par là, détruisant nos terroirs, nos cultures locales...pourquoi les étrangers viendraient-ils en France profonde, après avoir dépensé leur argent et leur patience sur nos autoroutes à essence et péages sur-taxés, alors qu'ils peuvent se payer nos chefs étoilés partout dans le monde, et à bien moins cher?...