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En ligne de mire

Réforme du collège et des programmes : les ingrédients pour une explosion en vol du quinquennat Hollande sont-ils réunis ?

Publié le 23 mai 2015
De gauche à droite, les arguments sont opposés, entre aspiration à l'égalitarisme et peur du nivellement par le bas des programmes scolaires. Un grand écart qui empêche tout rassemblement mais qui donne à la droite sa première réelle occasion de mettre à mal la politique du gouvernement.
Christelle Bertrand
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Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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De gauche à droite, les arguments sont opposés, entre aspiration à l'égalitarisme et peur du nivellement par le bas des programmes scolaires. Un grand écart qui empêche tout rassemblement mais qui donne à la droite sa première réelle occasion de mettre à mal la politique du gouvernement.

Les profs marcheront aujourd’hui en masse soutenus, pour une fois, par la France… de droite. 72% de ses sympathisants supportent en effet leur mouvement. Un drôle d’attelage, lancé à vive allure et dont on se demande jusqu’où il ira. En effet, ses derniers jours, la contestation contre le projet de loi sur la réforme des collèges et des programmes ne cesse de prendre de l’ampleur. Et les interventions de Manuel Valls et de François Hollande qui ne cessent de monter au créneau pour défendre une ministre en perdition, n’y changent rien.  La France gronde. De gauche comme de droite. De Mélenchon à Bruno Le Maire. Elle râle et vocifère car, dans cette réforme, personne ne se retrouve, ni la droite qui, comme l’explique le sociologue Jean Viard (lire ci-dessous), se voit attaquée dans ses valeurs, ni la gauche radicale qui, par la voix de Jean-Luc Mélenchon soupçonne le PS d’être en plein délire maoïste : « dans la révolution culturelle de Mao Zedong, on prétendait que le piano était spontanément réactionnaire. Donc voilà que le latin est devenu spontanément réactionnaire. C’est absurde », expliquait hier le patron du parti de gauche. Quant aux profs, toujours prompts à s’émouvoir, ils ne comprennent pas ces textes qui donnent plus de liberté aux chefs d’établissement et les obligent à travailler en pluridisciplinarité.

Droite, gauche de la gauche, syndicats et profs, le mélange était déjà explosif mais se surajoute l’ombre des classes moyennes sidérées de s’entendre dire que les filières vers lesquelles elles orientaient jusqu’alors leurs enfants, enfants qu’elles avaient, souvent par conviction, maintenu dans le public, sont des filières… élitistes. Elitisme ? Parle-t-on de la dernière promotion de  l’ENA ? Malheureseuement on. Il est ici question des classes allemand bilangue du collège Evariste Gallois de Sevran, du collège François Dolto à Paris rendu célèbre par un film devenu parlme d'or à Cannes... Elitiste ? On se prend à s’interroger : depuis quand un membre du gouvernement n’a-t-il pas mis les pieds dans une classe de collège public ? Et les classes moyennes, ces classes moyennes qui assurent encore une certaine mixité dans les collèges,  s’agacent et pourraient bien, qu’elles soient de droite comme de gauche, venir gonfler les rangs de la contestation. La droite peut-elle espérer ainsi rééditer l’exploit des manifs contre le mariage pour tous ? Comme nous l’expliquent Jérôme Fourquet (lire ci-dessous), directeur du Département opinion publique à l’IFOP, et Jean Viard, directeur de recherche au CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po), il y a peu de chance car les publics émus par les deux réformes sont bien trop différents pour s’unir et construire ensemble un mouvement d’ampleur, d'autant que les textes mis en cause ne seront pas discutés au parlement. La réforme du collège est, en effet, contenue dans la loi de programmation et de refondation de l'école votée sous Vincent Peillon et sera appliquée par décret. Décrets qui seront, selon Manuel Valls, publiés "le plus rapidement possible" afin de faire taire la fronde. Quant à la réforme des programmes, elle ne dépend pas du ministère mais du Conseil supérieur des programmes et n’a donc pas à être approuvée par le Parlement. Reste que le gouvernement ne peut se permettre un mouvement de masse même s’il ne trouve pas d’écho à l’Assemblée. Les profs sont, en effet, le cœur de son électorat, il devrait donc lâcher du lest. Rapidement. Les syndicats de prof le savent, eux aussi.

Atlantico : La mobilisation contre la réforme du collège rassemble tous les bords politiques : les syndicats de professeurs, les fédérations de parents d'élèves, des personnalités de gauche et la droite la critiquent de plus en plus. Quelles sont leurs revendications ? Qui sont ceux qui se mobilisent le plus ?

Jérôme Fourquet : Cette mobilisation générale de groupes et de corporations qui s'opposent habituellement est le propre de ce type de mouvement et c'est ce qui fait sa dangerosité. Ils critiquent chacun de leur point de vue le texte gouvernemental, parfois pour des raisons opposées. Il y a une mobilisation enseignante, notamment des professeurs du secondaire, au nom des craintes sur la disparition du collège unique et de l'uniformité et de l'homogénéité du traitement qui est réservé aux collégiens français, le principe d'égalité pouvant alors être mis en cause par l'autonomie des établissements. Il y a aussi des voix qui s'élèvent pour la sanctuarisation de certaines disciplines comme l'Allemand et les langues anciennes, qui sont perçus par certains comme étant menacés par la réforme, mais aussi contre la pluridisciplinarité et la transversalité des enseignements. Du côté d'un certain nombre d'intellectuels et de la droite, de l'autre côté du spectre politique, on critique le nivellement par le bas et la suppression des classes  bilingues, notamment, au nom de l'égalitarisme.

Les jeunes et les familles sont pour le moment assez peu impliqués. Pourquoi ? Qu'est-ce qui pourrait faire qu'ils se mobilisent ?

Jérôme Fourquet : La jeunesse est prompte à se mobiliser, on l'a vu à des nombreuses reprises. Mais il s'agit presque exclusivement de lycéens et d'étudiants. Les collégiens sont encore trop jeunes pour se lancer dans une mobilisation. En ce qui concerne les parents, ils s'expriment notamment dans les rangs de la droite pour critiquer notamment la refonte des programmes d'Histoire. D'où la grogne des syndicats de parents d'élèves. Il y a à la fois une réforme du collège et leur fonctionnement, avec une plus grande autonomie, mais aussi sur les programmes. Ce qui a pour conséquence la multiplication des critiques.

Est-ce les prémices d'une mobilisation générale contre le gouvernement ? Est-ce une potentielle nouvelle "Manif pour tous" ?

Jérôme Fourquet : Nous sommes là dans un registre assez différent mais c'est un bon angle d'attaque pour la droite qui, depuis le 11 janvier, peinait à accrocher le gouvernement. Mis à part les critiques récurrentes sur les mauvais résultats économiques et la poursuite de la montée du chômage, il n'y avait plus de critique structurée qui suscitait un réel écho dans l'opinion publique.

Le parallèle que l'on peut faire avec la "Manif pour tous" c'est que sur un sujet de société la droite arrive de nouveau à accrocher la gauche mais la mobilisation n'a pas du tout la même ampleur et surtout la droite était à l'époque à la remorque alors que cette fois un certain nombre de ses leaders sont en pointe, comme Bruno Le Maire avec sa pétition. Aucun collectif comparable à la "Manif pour tous" ne s'est créé.

Le combat et les revendications de la droite ne rejoignent pas celles des professeurs, majoritairement proches de la gauche, par exemple. Peut-on imaginer qu'ils fassent front côte à côte contre cette réforme ?

Jérôme Fourquet : La force et la faiblesse de la mobilisation contre la réforme du collège est qu'elle amalgame des gens de sensibilités et d'horizons  différents. Il est impensable, si le bras de fer devait se poursuivre, que les sympathisants de droite manifestent bras dessus dessous avec  les enseignants du Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES), par exemple.

En bon tacticien, le gouvernement est susceptible de lâcher du lest à certain pour fissurer cette mobilisation. C'est par exemple le cas du délai supplémentaire accordé par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem pour réfléchir sur les programmes d'Histoire. Il y a une volonté du gouvernement de montrer qu'il est à l'écoute et qu'il veut trouver un terrain d'entente notamment avec les syndicats, qui sont historiquement proche de la majorité.

Mais là où cela se complique pour le gouvernement, c'est qu'il ne s'agit pas uniquement d'une réforme idéologique. Il ne s'agit pas de mettre un peu d'eau dans son vin ou de repousser les points polémiques à plus tard. Cette réforme est aussi inspirée par des considérations budgétaires. L'éducation était l'une des priorités de campagne de François Hollande, avec la promesse d'embauche de 60 000 enseignants. On voit que dans cette réforme il y a une volonté de faire des économies sur le coût de fonctionnement. Cela va être un point difficile à négocier.

Quels arguments pourraient pousser les électeurs et les sympathisants de droite à manifester ?

Jérôme Fourquet : Il y a deux dimensions sensibles. La droite peut parvenir à faire passer l'idée que cette réforme est un énième avatar d'une entreprise de "déconstruction de l'école" pour des raisons idéologiques et égalitaristes, cela peut faire écho  à un certain nombre de réformes antérieures et de déclarations. On se souvient qu'avant les attentats le gouvernement voulait supprimer la notation à l'école. La mobilisation contre l'égalitarisme fonctionne très bien à droite. Il y a aussi tout ce qui tourne autour de l'Histoire, symbole de la transmission d'un récit national avec tout le débat sur le fait que ces programmes feraient fi de la chronologie, que de grandes personnalités de l'histoire française comme Jeanne d'Arc seraient passées sous silence ou qu'ils feraient la part trop belle à la "repentance" avec la décolonisation et par rapport à la traite négrière. Dans un contexte identitaire assez troublé, cela peut constituer un autre levier de sensibilisation et de mobilisation de l'électorat de droite contre cette gauche égalitariste qui veut faire table rase du passé.

La réforme du collège et des programmes suscite beaucoup d’émoi, selon vous est-ce parce qu’elle touche à l’identité française ?

Jean Viard : Je ne dis pas forcement que cette réforme touche à l’identité national, le problème c’est la façon dont on l’a abordé en disant que l’on supprimait le grec, le latin et l’allemand, qui sont perçus comme des piliers de notre récit national, (apprendre l’allemand c’est un geste de paix, apprend le latin et le grec, c’est s’inscrire dans une histoire y compris catholique). Si on a attaqué la reforme là-dessus, c’est pour en faire une réforme anti- française dans le sens où ce sont des fondamentaux de notre histoire politique française récente ou de notre récit national. On a l’habitude de dire que le catholicisme est la religion historique de l’Europe, même s’il faut rappeler qu’il y avait aussi des juifs et des non religieux. Le latin est aussi l’un des fondements de l’Eglise je pense que c’est pour ça que l’on attaque la réforme sous cet angle là car c’est un angle sur lequel la société est extrêmement sensible.

Les identités nationales, le récit national que l’on avait construit, est extrêmement important.  Michel Lussault, Président du Conseil supérieur des programmes,qui parle de roman national a tort, ça n’est pas un roman, ça n’est pas une invention. Un roman, c’est quelque chose qui attrait à l’imaginaire, le récit c’est une construction historique. Or ce récit est en difficulté depuis une quarantaine d’année. La République paysanne, centralisée, le jacobinisme,  ce récit se défait car la France a changé, elle s’est ouverte à la mondialisation et du coup elle est en difficulté et se réorganise très difficilement. Elle se réorganise certes, on le voit avec la montée des métropoles de province, la transformation du rôle de Paris, la puissance mondiale de nos grandes firmes mais ça ne va pas sans éléments d’angoisse qui l’on peut observer à travers la montée de l’extrême droite, la peur de l’immigration… Le vieux récit identitaire français qui s’était construit au 19ème, ce récit-là est en crise car l’agriculture ne mène plus la France, car Paris et à travers lui le jacobinisme,  n’est  plus qu’une dimension parmi d’autres dans un monde mondialisé. Nous sommes donc face à une crise de l’identité collective. La question qui se pose aujourd’hui est : comment reconstruire un récit qui nous intègre dans le monde tel qu’il est. Et on a du mal. Dans ce contexte-là, et je trouve ça positif, cette réforme est une pierre du nouveau récit national. Jusqu’ici on vous avait appris l’histoire de France comme si c’était une ile, désormais on va aussi vous parler de l’histoire de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, on va vous raconter qu’il y a un tout.  Or comment intégrer le récit national français dans ce tout ? Je regrette que ce passage quasiment philosophique  n’ait pas donné lieu à un travail d’explication.

Le fait que la ministre prétende, grâce à cette réforme, défendre les classes populaires, au détriment donc des classes moyennes, est-ce un autre des éléments de crispation ?

Jean Viard : Il y a eu une instrumentalisation de l’angoisse des classes moyennes en vue de la prochaine présidentielle qui évidement fonctionne car le gouvernement n’arrive pas à expliquer sa réforme.

Pensez-vous que tous ces éléments portent en germe un mouvement de contestation de grande ampleur ?

Jean Viard : Non car c’est quand on touche au sentiment de liberté des gens qu’ils se mobilisent. Au moment du mariage pour tous, les gens ont eu le sentiment que l’on touchait aussi à leur mariage à eux, là c’est différent car on ne touche pas fondamentalement à la liberté des gens. La question, c’est la place de l’identité française dans le monde. Le problème, c’est l’absence de débat. Najat Vallaud Belkacem a accepté de débattre avec Bruno Le Maire c’est déjà ça, on aurait dû commencer par là. Il fallait une explication. Quand on réforme quelque chose d’aussi important, qui touche à nos enfants, il faut prendre une heure ou deux pour expliquer. Je crois que c’est ça qui manqué, une sorte de grand oral. Le problème aujourd’hui c’est que l’on ne donne plus d’explication au peuple, on ne décortique plus les grands projets que l’on prépare pour lui et le peuple à un moment, il dit non.

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phegp
- 20/05/2015 - 09:24
Oui, mais l'allemand est tellement difficile !
Comment voulez-vous KIFFER cette langue, comme les maths, du reste, à partir du moment où on s'exprime à coups de LOL, NTM, VTC, etc. La difficulté, l'effort, l'envie de gagner (sauf de nouveau territoires de deal), tout cela passe à la trappe avec le désormais fameux slogan de Bouffon 1er : "assurer la réussite de tous".
jurgio
- 19/05/2015 - 23:27
Nous sommes passés de « l'Instruction publique »
à l'« Éducation nationale ». Tout semble résumé. Il faut tout de même rappeler qu'on n'apprend rarement à parler une langue étrangère à l'école. Les langues étrangères sont là pour assouplir l'esprit et à l'ouvrir vers d'autres systèmes d'expression. Le latin et le grec sont excellents pour aider à mieux parler la langue vernaculaire : trouver l'expression juste. Nous nous apercevons quand on les traduit que nous avons hérité le système de pensée des auteurs latins. Et le latin favorise directement l'apprentissage de l'allemand qui a aussi des déclinaisons et un placement particulier des mots.
phegp
- 19/05/2015 - 18:48
@michoulacolère : très juste,
"l'éducation est la responsabilité des parents, pas de l'Etat". Mais la gauche (enfin, celle de Bouffon 1er, Taubira, etc.) veut asservir la jeunesse à son idéologie, dont la haine de l'élitisme chez les autres fait partie, et, au passage, préparer un terrain électoral favorable à Bouffon 1er, de manière qu'au mois de Mai 2017, nous contemplions avec le même effarement des drapeaux magrébins célébrer sa réélection (en supposant qu'il parvienne au 2ème tour, bien entendu, et c'est désormais envisageable).