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La croissance repart
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Timide retour de la croissance : Hollande, Sapin, BCE, Hamon… tout le monde tire le chapeau à soi, mais à qui le doit-on réellement ?
Publié le 14 mai 2015
Après avoir rejeté la responsabilité du chômage et de la croissance zéro, l’exécutif se précipite pour revendiquer l’amélioration de la conjoncture de ce début 2015. Pourtant, il s’agit bien du résultat cumulé de la baisse de l’euro, du prix de l’énergie et de l’action de la BCE.
Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
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Après avoir rejeté la responsabilité du chômage et de la croissance zéro, l’exécutif se précipite pour revendiquer l’amélioration de la conjoncture de ce début 2015. Pourtant, il s’agit bien du résultat cumulé de la baisse de l’euro, du prix de l’énergie et de l’action de la BCE.

En ce 13 mai, L’INSEE publiait les premiers chiffres de la croissance française. C’est une hausse "surprise" de l’activité, pour 0.6%, qui intervient pour le premier trimestre 2015, surperformant ainsi une prévision de 0.4%. A l’inverse, pour l’ensemble de l’année 2014, la révision s’opère à la baisse, et la croissance s’affiche à 0.18%. La pire année du quinquennat de François Hollande en termes de croissance.

Afin d’accompagner cette publication, le ministre des finances, Michel Sapin, s’exprimait :

"C'est un constat que nous faisons. Il y a eu une activité croissante dans les commerces, dans les industries. Le pouvoir d'achat a été plus important que les mois précédents. Le contexte a été favorable mais les décisions du gouvernement ont permis aux Français de consommer. Il faut continuer. Il y a des signes positifs sur le deuxième trimestre. On avait travaillé sur 1% de croissance à la fin de l'année, nous serons à plus."

D’une façon assez peu surprenante, le ministre revendique la paternité de ce frémissement économique, en avançant "les décisions du gouvernement" comme origine du phénomène. De la même façon, l’ancien ministre de l’éducation nationale, Benoît Hamon, indiquait quelques jours plus tôt "J’ai dit que la baisse du chômage basée sur une relance du pouvoir d’achat conséquence de la baisse du prix de l’énergie nous donnait raison". Si la baisse du chômage n’est toujours pas intervenue, malgré un retour discret de la croissance, les déclarations se multiplient pour pouvoir être sur la photo d’arrivée, celle d’une future baisse du chômage.

Mais la curiosité de ces déclarations tient au fait que lors des trimestres précédents, les membres de l’exécutif brandissaient plutôt des accusations vis-à-vis de "la croissance économique mondiale" ou, plus précisément de la croissance de la zone euro. Désormais, la situation économique s’améliore, ce qui serait du fait des actions du Président François Hollande. Deux poids, deux mesures.

Pourtant, une voix discordante se faisait entendre à l’Assemblée en ce mercredi 13 mai. Benoît Cœuré, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, était auditionné devant la Commission des affaires européennes et la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Dans un discours intitulé "Consolider la reprise économique de la zone euro", le banquier central indiqua :

"La reprise est principalement soutenue par la baisse de l’euro et le faible coût de l’énergie, dont les effets sont voués à s’atténuer à terme. C’est aussi le cas de la politique monétaire" (…) "C’est aux gouvernements de la zone euro d’agir pour que la reprise ne soit pas un feu de paille et que la croissance de long terme prenne le relais des facteurs de soutien conjoncturels."

Et en effet, le contexte donne raison à l’analyse de Benoît Cœuré. Le 22 janvier dernier, la BCE engageait un programme de rachat d’actifs, étalé sur 18 mois, pour un montant supérieur à 1000 milliards d’euros, soit 20% du PIB de la zone euro. Un plan dénommé assouplissement quantitatif, qui a permis une révision à la hausse des prévisions de croissance de l’ensemble monétaire européen :

"Les projections de croissance ainsi que les anticipations d’inflation pour la zone euro ont été révisées à la hausse. Les projections macroéconomiques de mars 2015 des services de la BCE prévoient ainsi une croissance de 1,5% dans la zone euro en 2015, 1,9% en 2016 et 2,1% en 2017."

Et ces révisions ont été suivies d’effets, puisque la croissance de la zone euro a bien accéléré au premier trimestre 2015, s’affichant au rythme de  0.4%, et ce, malgré la déception allemande et ses 0.3% de croissance. Et si le chiffre français est important sur le trimestre; à +0.6%, il est principalement le fait d’un rattrapage sur l’année en cours. En effet, lorsque la zone euro croît de 1% sur les 4 derniers trimestres, la France n’atteint que 0.7% sur la même période.

Après avoir systématiquement rejeté la faute d’un manque de croissance sur la zone euro ou sur la crise, il devient hasardeux pour l’exécutif de se congratuler de son retour. Sans l’en empêcher. Mais il va tout de même être compliqué de faire valoir les bienfaits du "pacte de responsabilité" en comparaison du bazooka monétaire de 1000 milliards d’euros, déployé en janvier dernier par la BCE.

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Babaswami
- 14/05/2015 - 13:51
Croissance ? vous avez dit croissance ?
Le gouvernement crie victoire sur une prétendue croissance au 1er semestre, grâce à ses décisions. Quelles décisions d'abord ? On nous parle d'une croissance sans investissements ni emplois, alors ? Croissance de la consommation ? donc des importations, donc du déficit du commerce extérieur déjà abyssal. Ce qui est à retenir c'est que le secteur public est passé à 57,5 % du PIB, que l'endettement frôle les 100% du PIB, et que rien, strictement rien n'a été fait pour rendre l'économie française compétitive. On en vient à se féliciter de la vente record d'armements à des pays misérables. C'est çà les valeurs républicaines ?