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Les intermittents sont-ils de nouveau en crise ?
Jongleurs du budget

La culture manque de fonds ? Vite une “cartocrise”

Publié le 14 février 2015
Avec H16
La réduction des budgets attribués aux collectivités prive inévitablement certains satellites de l'action publique de financement. Une véritable "hécatombe" pour les associations culturelles selon Emeline Jersol, omettant que ces coupes seront compensées par de nouveaux droits pour les intermittents en 2016. Le rayonnement culturel français n'est plus menacé...
H16 tient le blog Hashtable.Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".
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La réduction des budgets attribués aux collectivités prive inévitablement certains satellites de l'action publique de financement. Une véritable "hécatombe" pour les associations culturelles selon Emeline Jersol, omettant que ces coupes seront compensées par de nouveaux droits pour les intermittents en 2016. Le rayonnement culturel français n'est plus menacé...
Avec H16

Le problème du socialisme n’est pas franchement qu’on crame l’argent des autres ou, encore plus appétissant, la tire-lire de ses enfants (via l’emprunt), mais bien qu’au bout d’un moment, quoi qu’il arrive, on en tombe à court. Et c’est actuellement ce qui est en train de se passer avec comme premier effet la fermeture, modeste mais sensible, des sources de financement des satellites les plus dispensables de l’action publique : les associations lucratives sans but, à commencer par les culturelles.

Ce n’est, bien sûr, que le début. L’austérité, terrible, immonde, omniprésente et d’une violence inouïe, s’abat sur les comptes de la Nation, ceux des collectivités territoriales et des communes qui doivent donc trouver des moyens d’expliquer, aussi calmement que possible, qu’on doit diminuer la distribution d’argent qui coulait jusqu’à présent en flots ininterrompus de la poche du contribuable et de ses petits-enfants directement vers la myriade d’associations culturelles indispensables au vivre-ensemble et à l’édification artistique des masses. Rapidement, on ne compte plus les festivals annulés, les structures qui mettent la clé sous la porte, ou les associations qui disparaissent faute de renouvellement de leurs subventions. Depuis les élections municipales de mars 2014, qui a vu comme un petit frémissement au niveau des communes, c’est l’horreur : ça ferme à tout va !

Et pour prendre toute la mesure de l’hécatombe, Émeline Jersol a conçu une carte. Émeline, c’est la médiatrice culturelle au Boulon, l’un des douze célèbres Centre Nationaux des Arts de la Rue que la France compte sur son territoire et qui sont chargés de la création et de la production artistique dans l’espace public, et d’aider financièrement des artistes et des troupes de spectacle de rue. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Vous ne saviez pas que la République, bonne fille, subventionnait le Boulon, le Fourneau, l’Abattoir, le Parapluie, le Citron Jaune, le Moulin Fondu (noms authentiques®) ou les six autres Centre Nationaux pour leur immense travail de support de l’art de rue, des troupes et de leurs créations ? Rassurez-vous, même si vous le payez, ce n’est pas directement l’objet de ce billet. Passons.

Or donc, une carte a été mise en place. Il s’agit d’un projet OpenSource, consultable ici, qui recense l’ensemble des troubles dans la Force, et les présente sur une jolie carte avec des petites gommettes de couleur qui feraient plaisir à Najat. Rapidement connue, la carte a permis d’accumuler les contributions de douzaines d’acteurs du domaine culturel douloureusement conscientisé au problème de robinets qui se ferment et de baignoires qui fuient. Ainsi, le 23 janvier, la carte comprenait (seulement) 48 entrées, mais en une semaine, c’est 71 points qui s’allument sur le territoire français. Quelques jours plus tard, ce sont une centaine de lieux qui montrent l’étendue du désastre culturel français.

Les premières constatations sont horrifiantes : ce sont les secteurs de la musique et des arts de rue qui sont les plus touchés, avec respectivement 19 et 27 festivals salés sucrés ou structures poivrées supprimées. Et pas n’importe quoi ! Il y a du solide, du connu, du festival qui frappe l’imaginaire, cogne dans l’émotion et frappe du chaton-mignon au marteau-pilon pneumatique, comme par exemple Polyfollia, Fort en Jazz, Les Voix du Gaou, Saucisses et Polyphonies, le Film Écologique, les Séquences Buissonnières ou les Oreilles en Éventail (ami lecteur, un festival bidon s’est sournoisement glissé dans la liste. Sauras-tu le retrouver ?).

L’effarement, devant telle liste, pourrait faire croire que la situation est désespérée.

Heureusement, comme le dit le proverbe, même les plus sombres nuages ont une bordure d’argent : alors que le monde du spectacle, de la culture et de l’intermittence du travail traverse une crise sans précédent, on se rappellera à bon escient que le premier ministre, Manuel Valls, avait en début d’année conservé un optimisme raisonnable que les partenaires sociaux parviendraient à un bel accord pour faire tenir encore un peu plus longtemps le régime social des intermittents. Dans la foulée, notre frétillant premier ministre avait décidé de ne pas appliquer l’allongement de la période minimale avant de toucher les allocations (différé d’indemnisation), avec un coût de l’opération (modeste) pour l’État de seulement 100 millions en année pleine (c’eût été dommage de se priver d’une telle gentillesse avec un aussi petit prix).

À ceci s’ajoutera le dégel de deux sous-budgets de la Culture (pour 40 millions) cette année, avec une augmentation en 2016, ainsi que l’assouplissement des conditions ouvrant droit aux indemnités journalières en cas de maladie, de congé maternité ou invalidité, notamment pour les intermittents. C’est une mesure qui, je cite le ministère,

"…contribue également à améliorer la couverture sociale des intermittents du spectacle, en particulier les femmes en congé maternité"

Couverture sociale qui était notoirement connue pour son étroitesse, son coût modeste pour la collectivité nationale et son indispensable utilité pour avoir assuré le monde artistique et lui avoir ainsi permis de faire rayonner la culture française sur toute la planète. Bref : il était temps de récompenser un peu ces créateurs de rêve et d’utopies vivantes, et de compenser leurs misères budgétaires. Voilà qui est fait.

Vous voyez, pas de quoi s’alarmer !

Certes, au niveau des communes, endettées, percluses de dépenses et de coûts faramineux que l’État, impécunieux, refuse à présent de prendre en charge, il va y avoir quelques petites coupes douloureuses pour certaines associations aux noms chantants et aux réalisations que la pudeur nous oblige à qualifier d’inégales. Mais à l’évidence, la République sait que ses petits chatons vont être un peu bousculés et met déjà en place le grand toboggan huilé qui descend jusqu’à la piscine du bonheur (et de fonds publics) sur lequel ils pourront glisser avec de petits cris joyeux en oubliant qu’au bout, la piscine, profonde, est de moins en moins remplie…

Vraiment, à l’évidence, ça va bien marcher.

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Commentaires (4)
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Anguerrand
- 15/02/2015 - 08:43
Ras le bol de payer pour ces feneants puants de gauche
Le quart du déficit du chômage est creusé par quelques 120.000 intermittents. ( coût plus d'un milliard d'€)Il font un chantage permanent auprès des gouvernants avec l'aide de la chérie du gros Julie Gayet. Nous nous payons pour eux, pour un résultat qui dépasse rarement nos frontières. Même un électricien, un menuisier, un plombier à droit à ce système de chômage .
Parions que ces gens travaillent au noir entre 2 spectacles.
vangog
- 14/02/2015 - 22:42
Ce qui m'inquiète , c'est le résultat...
La culture francaise était une des plus innovante et des plus prolifiques avant d'être subventionnée par son fossoyeur national, l'immonde Jack Hun...Depuis Jack Hun, la culture francaise a subi une longue glissade dont l'aboutissement est cette pitoyable Commedia Del Arte socialiste, pour savoir qui de l'état ou des collectivités de moins en moins gauchistes, subventionnera le mieux le trou culturel Francais? Mais peu importe l'origine de son subventionnement, car le résultat est pitoyable! La culture francaise ne rayonne plus hors de France, mais exclusivement dans le microcosme boboisé des retraités de la fonction publique, des intérimaires du travail disparu et des stakhanovistes du RTT...à part cette manne privilégiée, rien...nique, que dalle! Pas de films créatifs, ni de musiciens, ni d'écrivains talentueux...la création francaise est réduite a la répétition bêlante des fausses stars super-éphémères du marketing audiovisuel et à quelques provocations faciles d'ecrivaillons...aucun talent qui ne sera certain d'être encore présent l'an prochain...merci la gauche! Encore un échec totalement coûteux et furieusement previsible...
bjorn borg
- 14/02/2015 - 18:14
Attention !!!
Trop de mousse et tu glisses !