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Pourquoi l’Europe serait bien inspirée d’essayer de comprendre les causes de la suprématie mondiale persistante du dollar

Publié le 25 novembre 2014
Six ans après la fin de la crise, l’Europe craint la déflation. Les décideurs politiques et économiques américains également... A la seule différence qu'il ne s'agit pas de la leur, mais bien de la nôtre. Retour sur les évènements historiques qui ont consacré le dollar comme nouvel étalon de change mondial. Une monnaie à l'exercice de pouvoir d'achat universel.
Pierre Haas, après avoir servi comme officier dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle, a fait carrière de 1950 à 1965 comme directeur général de Continental Grain France, puis à partir de 1963 à la Banque Paribas comme directeur des...
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Pierre Haas, après avoir servi comme officier dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle, a fait carrière de 1950 à 1965 comme directeur général de Continental Grain France, puis à partir de 1963 à la Banque Paribas comme directeur des...
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Six ans après la fin de la crise, l’Europe craint la déflation. Les décideurs politiques et économiques américains également... A la seule différence qu'il ne s'agit pas de la leur, mais bien de la nôtre. Retour sur les évènements historiques qui ont consacré le dollar comme nouvel étalon de change mondial. Une monnaie à l'exercice de pouvoir d'achat universel.

L’hégémonie monétaire américaine faisant débat, peut-être serait-il utile d’en rappeler l’origine et l’impact des circonstances économiques et financières mondiales sur ses manifestations.

L’Histoire montre que la suprématie du dollar a été précédée par celle de la livre anglaise, née de la révolution industrielle dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et dont le règne a pris fin après la Grande Guerre, celle de 14-18.

Affaiblie par l’énorme dette accumulée pendant les hostilités, l’ambition du Gouvernement britannique, de rétablir la parité or du sterling à son niveau d’avant guerre, provoqua une série de difficultés économiques et sociales et, au final, une dévaluation de la livre en 1931, terme d’une domination plus que centenaire de cette monnaie.

En Juillet 1940, le Président Roosevelt, nonobstant une opinion publique résolument isolationniste, fit sienne la cause d’une Angleterre, solitaire, dans son combat contre les hordes nazies.

En mettant à sa disposition la puissance industrielle américaine, par les contrats Prêt-Bail, et sa force financière, par l’octroi, à des conditions généreuses, de crédits massifs, en dollar, il ne pouvait imaginer qu’il le lançait sur une trajectoire dont la dynamique perdure encore.

Les Japonais n’ayant pas compris qu’ils ne pouvaient défier les Etats-Unis qu’à leurs propres dépens, provoquèrent une croissance exponentielle, de l’outil industriel américain, en les attaquant à Pearl-Harbour en Décembre 1941.

Non seulement les besoins de tous les théâtres d’opérations, y compris la Russie, furent satisfaits, mais en Août 1945, après la signature du Traité de Paix à Tokyo, une reconversion, rapide, de son industrie la mit en mesure d’assurer la reconstruction des ravages de la guerre en France et en Europe, dont le coût fut assumé par les aides fournies par Washington.

La suprématie, de l’Amérique et du dollar, était consacrée.


En pratique, à la fin des hostilités, en 45, le dollar, seule monnaie convertible ayant résisté à cinq années d’un chaos sanglant, devint l’étalon de change mondial avec un taux de conversion en or, de 35 dollars par once.

Toute référence au métal jaune fut abandonnée lors de la dévaluation de l’unité monétaire américaine, le 15 Août 1971. Ce qui confirmait la substitution, dans les réserves mondiales de change, de l’or par les devises.

Depuis cette date, le dollar est devenu une monnaie certes fiduciaire mais la seule à bénéficier du privilège d’être, simultanément, le moyen de paiement de la quasi-totalité des importations quotidiennement échangées dans le monde et la seule source de liquidités internationales, c’est-à-dire une monnaie, dont l’exercice du pouvoir d’achat est universel.



Bien sûr ce double avantage n’a pu naitre que grâce à la passion d’entreprendre, au goût de l’action, au sentiment que tout est possible, caractérisant la manière d’être des Américains.

Mentalité héritée du souvenir des premiers pionniers qui, livrés à eux-mêmes, ont réussi à survivre et à créer une grande nation sur un continent dominé, à l’époque, par la nature et quelques tribus amérindiennes.

D’où une réactivité, dont la vitesse de sortie de la crise, dès 2009, porte témoignage.

Jamais la thèse de la destruction créatrice, défendue par l’économiste allemand Schumpeter, n’a été mieux vérifiée. Le sacrifice immédiat des canards boiteux, un désendettement privé rapide, combinés avec des crédits massifs publics, pour en compenser l’effet négatif sur la croissance, ont permis une relance de l’activité économique, restituant à l’Amérique sa position de premier pôle de croissance mondiale.

Six ans après la fin de la crise, l’Europe craint la déflation, les décideurs politiques et économiques américains également, mais pour eux il ne s’agit pas de la leur mais de la notre.

La stagnation de l’Europe et, en son sein, au premier chef de la France, où le pouvoir refuse d’accepter la réalité économique, représente un danger.

L’Allemagne partage avec nous la responsabilité d’une situation démontrant l’urgence d’un rééquilibrage de l’économie mondiale, passant par la renaissance d’un pôle de croissance européen, rétablissant la symétrie avec celui de l’Amérique.

Renaissance ayant pour préalable le constat, par les dirigeants politiques français et allemands, de l’inadéquation de leurs modèles économiques nationaux, certes différents mais possédant un dénominateur commun : le risque de déflation.

Une fois cette reconnaissance acquise, mais peut-elle l’être, la mise en œuvre de réformes structurelles capables, en rétablissant la confiance de ressusciter l’investissement productif, apporterait un soutien opportun à l’écosystème économique mondial et, par voie de conséquence, à l’économie américaine. La santé économique mondiale dépend, plus que jamais, de celle du dollar.


 

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