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Les militants suivent des gens proches de leurs idées sur Twitter et lisent les sites d’information qui leur ressemblent.
Le buzz du biz
Pourquoi les réseaux sociaux échouent à favoriser un débat public ouvert et pluraliste
Publié le 18 septembre 2014
Internet aurait pour effet de renforcer les tendances de "communautarisation" des sociétés, c’est-à-dire de rassemblement par liens affectifs et de solidarités choisies, selon une étude du Professeur Hampton (Rutgers, USA), relayée par le New York Times. Décryptage comme chaque semaine dans votre chronique "Le buzz du biz".
Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été...
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Internet aurait pour effet de renforcer les tendances de "communautarisation" des sociétés, c’est-à-dire de rassemblement par liens affectifs et de solidarités choisies, selon une étude du Professeur Hampton (Rutgers, USA), relayée par le New York Times. Décryptage comme chaque semaine dans votre chronique "Le buzz du biz".

Avec l’explosion des nouveaux sites web d’information et de débats, média et forums en tous genre, chacun est porté à croire qu’Internet favorise la démocratie, l’expression publique, l’engagement politique sur clavier de smartphone. Il suffit d’ailleurs de voir comment les instruments numériques révolutionnent les techniques de campagne, de ce côté-ci de l’Atlantique comme aux Etats-Unis. Pour autant, une série d’analyses récentes conduisent à en douter fortement : internet aurait même l’effet inverse.

Une étude du Professeur Hampton (Rutgers, USA), relayée par le New York Times, s’est penchée sur la question. Elle montre que les réseaux sociaux ne sont pas particulièrement favorables au débat politique ouvert et pluraliste. D’abord, sur Twitter ou Facebook comme dans la vie réelle, les gens réticents à exprimer publiquement leurs positions politiques le restent : les timides dans la vie réelle le sont également dans le virtuel. Ensuite, les réseaux sociaux auraient pour effet de renforcer la communautarisation politique : les internautes auraient ainsi tendance à se rassembler par préférence politique. En clair, les militants suivent des gens proches de leurs idées sur Twitter et lisent les sites d’information qui leur ressemblent. Pour le journal américain, la conclusion n’est pas nuancée : les réseaux sociaux tuent le débat.

La conclusion est sévère. Elle ignore notamment que le numérique relance le business politique ! Aux Etats-Unis, comme le rapportait The Economist la semaine dernière, une application d’un genre nouveau vient d’être lancée : elle permet aux consommateurs de savoir quelles sont les préférences politiques des producteurs d’un produit qu’ils envisagent d’acheter (il faut dire qu’outre-Atlantique, les dons aux partis sont totalement transparents). En clair, si vous ne voulez plus financer un grand patron socialiste, vous le pourrez en évitant d’acheter sa production (l’objectif est qu’à terme, l’application puisse également vous donner des informations sur les pratiques sociales de l’entreprise).

Cette attirance politique n’est rien d’autre, finalement, qu’une préférence de consommation – ou de comportement social. C’est donc une opportunité de business également ! L’ancien conseiller politique du Premier ministre britannique David Cameron vient d’ailleurs de lancer une start-up qui permet aux consommateurs de repérer les candidats proches de leurs idées et de leur faire des dons (voir cet article du Financial Times). Crowdpac espère ainsi permettre aux citoyens de s’engager plus facilement et donc de renforcer la participation civiqueen faveur de leurs idées. En France, ces pratiques révolutionnaires seraient interdites, la loi préservant des pratiques désuètes issues d’une époque où le télégramme allait déjà trop vite pour l’administration.

En renforçant les affiliations par préférences politiques, les réseaux sociaux ont pour effet d’accroitre la polarisation de la société. Laquelle est toujours plus forte : aux Etats-Unis, une enquête du Pew Forum a montré que les Américains sont ainsi toujours plus séparés selon leurs opinions publiques… comme sur Twitter ou Facebook, en somme. Internet a donc probablement pour effet de renforcer ces tendances de "communautarisation", c’est-à-dire de rassemblement par liens affectifs et de solidarités choisies.

Alors qu’une grande partie des commentateurs s’extasient sur l’effervescence démocratique permise par Internet, le numérique aurait en fait des effets en partie inverses. La réalité est certainement plus nuancée : Internet est un moyen de communication nouveau, qui a pour effet d’accélérer les tendances et les pratiques ; mais il ne les crée pas. Le numérique n’est pas responsable de la fragmentation sociale en France ou aux Etats-Unis, il la révèle…

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Ganesha
- 19/09/2014 - 08:56
Café du Commerce Virtuel
D'après mon expérience sur Atlantico et quelques autres sites, sur chacun d'eux, les commentateurs ne forment qu'une toute petite communauté : à peine quelques dizaines de personnes. Et pour que cela fonctionne, il faut au moins que quelques uns viennent y jouer chaque jour un rôle bien établi : le ''réac'' ou le ''progressiste'', ou encore le ''papy Alzheimer'' qui répète sans arrêt le même ''copié-collé''. Ce qui est intéressant, ce sont les chiffres indiqués par ''Rue 89'' : on constate qu'il n'y a, en moyenne, qu'un commentateur pour cent ''clics'' de lecteurs. Et sur beaucoup de sujets, on constate souvent qu'un nombre élevé de commentaires correspond en fait à une conversation privée entre deux internautes, parfois totalement hors sujet... Il y a t'il des gens qui aiment tendre l'oreille à ces ''conversations de Café du Commerce'' qui se déroulent à une table à côté de la leur ?
Amouyal
- 18/09/2014 - 22:20
J ai essaye de nouer des dialogues sur facebook
C est strictement impssible, chacun se contentant d ennoncer des slogans ! C est dramatique mais c est la verité