En direct
Best of
Best of du 18 au 24 mai 2019
En direct
© Reuters
Manuel Valls et le Premier ministre Mehdi Jomaa.
Le bilan
Valls en Tunisie : où en est le bilan mitigé du seul pays à n’avoir pas totalement perdu le bénéfice du printemps arabe ?
Publié le 08 septembre 2014
Alors que Manuel Valls entame son déplacement en Tunisie, le premier pays où a éclaté le printemps arabe jouit de certaines améliorations sur le plan démocratique mais souffre dans le même temps de fortes tensions internes.
Mansouria Mokhefi est conseiller spécial du Moyen-Orient et du Maghreb à l'Ifri.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Mansouria Mokhefi
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Mansouria Mokhefi est conseiller spécial du Moyen-Orient et du Maghreb à l'Ifri.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alors que Manuel Valls entame son déplacement en Tunisie, le premier pays où a éclaté le printemps arabe jouit de certaines améliorations sur le plan démocratique mais souffre dans le même temps de fortes tensions internes.

Atlantico : Manuel Valls a choisi de se déplacer en Tunisie pour son premier voyage en dehors des frontières de l'Europe. Après avoir connu de multiples crises politiques depuis la "révolution du Jasmin", quel bilan global peut-on faire de la situation du pays ? 

Mansouria Mokhefi : De manière globale, la Tunisie a réussi sa révolution dans le sens que le pays s’est débarrassé d’une dictature, d’un clan, et que s’il s’est maintenu dans une voie démocratique qui malgré des soubresauts et des épisodes tragiques, des revers dramatiques, s’est maintenue. La démocratie est en route. On peut dire que la Tunisie est le seul pays du printemps arabe qui s’est est sorti. Les autres sont plutôt dans une débâcle, voire un retour en arrière. Sur le plan institutionnel le pays a progressé, avec une nouvelle constitution en 2014, qui est la plus libérale du monde arabe, le produit d’un compromis avec les représentations politiques et idéologiques du pays. On notera les mesures prises en faveur de l’égalité homme femme, dans le domaine de la parité, ainsi que de la liberté de conscience, de culte, la concrétisation d’un dialogue démocratique certes difficile, chaotique mains néanmoins productif. Quant aux idéaux, aux vœux de la population, sont encore l’objet de débats, car cela ne fait que 3 ans que la révolution s’est démarré.

Mais la révolution s’est faite non pas sur des demandes de démocraties, mais aussi sur des aspirations socio-économiques précises. Le chômage, le manque de débouchés, et un partage plus équitable des richesses des revenus du pays sont des chantiers encore en ébauche.

Que reste-t-il à faire pour remplir les objectifs de la révolution ? Et quelles sont les marges de manœuvre du gouvernement en place ?

Le principal enjeu actuel est de rétablir la situation économique. Les idéaux ne sont pas suffisants. Le front socio-économique est crucial comme dans tous les pays.

La régression par rapport à 2010 se constate tragiquement à travers les indicateurs économiques qui sont au rouge. Il n’y a pas seulement un recul de la croissance, mais aussi un déficit budgétaire qui à 10% du PIB, et une inflation entre 6 et 7%, et la perte en revenus du fait de la chute du tourisme, secteur phare de la croissance tunisienne.

Le discours fondamentaliste véhiculé en Libye, et au Moyen-Orient a-t-il une portée en Tunisie ?

Effectivement,  la problématique sécuritaire s’est fortement dégradée, avec l’émergence des islamistes, et d’une radicalisation du discours religieux. Ce phénomène va même jusqu’à cliver le pays en deux sous régions, le nord, et le sud, où l’influence des salafistes leur a permis de prendre le pas sur l’Etat en matière d’administration du territoire. L’émergence des activités terroristes, des actes de violence de la part des salafistes, ainsi que la dégradation sécuritaire avec la frontière algérienne poreuse est également à mettre en haut des priorités du gouvernement. D’autant que les inquiétudes quant à au retour des djihadistes et des activistes en provenance de la Syrie pourrait aggraver le problème.

Aujourd’hui l’état tunisien a dû réactiver certains accords avec les cartels pour limiter et encadrer le trafic d’armes et de drogue inter-frontières notamment à la frontière avec la Libye..

Les idéaux de la révolution, portés par une frange relativement minoritaire néo-libérale comme vous l’évoquez, sont-ils compatibles avec le réveil des revendications religieuses de la part de la majorité ?

En effet, le problème de la place de l’Islam dans un pays jusque-là laïque laisse place à des interrogations. Il y a une polarisation en Tunisie qui n’est pas prise en compte, entre d’un côté les néo-libéraux, laïques, et de l’autre les catégories réclamant une place plus importante de l’Islam au sein de la sphère politique.

Il ne faut pas oublier que la révolution tunisienne, bien que perçue comme homogène, a surtout été portée par une classe moyenne aisée, une révolution petite bourgeoise qui aspirait à plus de libertes, d’egalite, et de transparence. Or la révolution a été confisquée par les islamistes et bien qu’Ennahda ait démissionné sous la pression des classes supérieures, le soutien de la majorité de la population subsiste toujours.

Une réalité omise par les médias occidentaux qui s’est focalisées sur les aspirations néo libérales alors que ce n’était pas la majorité.

Qu’en est-il des perspectives économiques du pays ?

Le tourisme en Tunisie, ciblant davantage les classes moyennes européennes, a souffert du délitement des arrivées des Français, qui se sont détournés du pays depuis la révolution. On constate que ce secteur subsiste malgré tout grâce à l’intérêt des Russes, des Arabes, et également des Allemands. Ces nouvelles présences ne pallient pas l’absence des Français, mais elles la reconstituent un peu, donne du souffle au secteur.

La Tunisie est dans une situation économique troublante, en témoigne l’appel du nouveau gouvernement en direction de l’Europe, et en particulier de la France (client et fournisseur central de son économie), mais aussi des pays du Golfe, et des États-Unis pour le soutenir économiquement, et séduire les investisseurs.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
02.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
03.
LREM, UDI, LR ou abstention ? Petit guide pour ceux qui voudraient (vraiment) voter libéral aux Européennes…
04.
La Chine détient-elle une arme nucléaire en étant capable de bloquer l’approvisionnement des Etats-Unis en terres rares ?
05.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
06.
SOS médecins : les hebdos au chevet de l'Europe ; Bellamy laisse Nicolas Sarkozy de marbre et atomise Dupont-Aignan ; L'ami milliardaire qui finance Francis Lalanne ; Valls souffre, le PS meurt (selon lui)
07.
Comment les socialistes en sont arrivés à se demander ce qu'est le vrai vote utile pour eux
01.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
02.
Semaine à haut risque pour Emmanuel Macron : les trois erreurs qu’il risque de ne pas avoir le temps de corriger
03.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
04.
Immobilier : l’idée folle de la mairie de Grenoble pour protéger les locataires mauvais payeurs
05.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
06.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
01.
Mondialisation, libre-échange et made in France : l’étrange confusion opérée par François-Xavier Bellamy
02.
Appel des personnes en situation de handicap ou familles concernées pour sauver Vincent Lambert d’une mort programmée
03.
La bombe juridique qui se cache derrière la décision de la Cour d’appel de Paris de sauver Vincent Lambert
04.
Chômage historiquement bas mais travailleurs pauvres : le match Royaume-Uni / Allemagne
05.
Des experts estiment dans un nouveau scénario que la hausse du niveau des océans pourrait dépasser deux mètres d'ici 2100
06.
Vidéo de Vincent Lambert : son épouse va porter plainte
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
daerlnaxe
- 08/09/2014 - 20:28
euh...
Comment vous faites pour avoir une position positive et balayer aussi facilement le problème de la radicalisation ?
L.Leuwen
- 08/09/2014 - 10:32
Trop de fautes
Pourquoi ne relisez-vous pas les textes ? Celui-ci est plein de fautes, c'est un manque de respect pour la personne qui parle et pour le lecteur.