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Les femmes veulent trouver un équilibre affectif, amoureux basé sur un engagement qui ne les enferme pas dans un rôle de femme fidèle, soumise et frustrée.
A la recherche de la relation perdue
Elles quittent des maris "parfaits" ou les trompent en ligne : où en sont les femmes après 40 ans de libération sexuelle ?
Publié le 29 août 2014
Oubliez mariage, soumission et abandon, les femmes savent ce qu'elles veulent et font tout pour y parvenir, même si cela doit passer par un divorce. Un phénomène qui met le doigt sur une institution en crise : le mariage.
Michelle Boiron est psychologue clinicienne, thérapeute de couples , sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris, et membre de l’AIUS (Association interuniversitaire de sexologie). Elle est l'auteur de différents articles...
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Oubliez mariage, soumission et abandon, les femmes savent ce qu'elles veulent et font tout pour y parvenir, même si cela doit passer par un divorce. Un phénomène qui met le doigt sur une institution en crise : le mariage.

Atlantico : Selon la psychologue Rundi Gunther, les maris deviennent de plus en plus égalitaristes : ils n'ont pas de problème à emmener leurs enfants à l'école par exemple, ou préparent un repas plus régulièrement qu'auparavant. Cependant, les divorces sont toujours autant demandés par les femmes. Toujours selon elle, les femmes ne sont pas plus malheureuses, elles souhaitent simplement ne plus être mariée. Le couple traditionnel est-il en crise ?

Michelle Boiron : La notion de couple date des années 68. Auparavant, c’était la famille qui prédominait. Le couple n’est pas une instance naturelle. Il demande à être réinventé au fur et à mesure de l’évolution de notre société et de nos mœurs. La lutte des femmes pour obtenir l’égalité dans les domaines tels que le social, le travail, ou la famille a donné des résultats mais avec des revers importants. On ne change pas impunément des valeurs qui ont fonctionné depuis des générations sans effets secondaires indésirables !  Le couple basé sur la complémentarité a été malmené et les femmes en ont payé le prix fort. Pendant un temps elles ont dû cumuler leur vie de femme, leur vie de mère et leur vie au travail. Les hommes ont petit à petit cédé du terrain jusqu’à démissionner de leur position d’homme viril dont la femme avait besoin. En revanche, ils ont adopté des rôles réservés jusque-là aux femmes : père qui nourrit, nounou, tâches ménagères diverses et variées... Cette nouvelle répartition  n’a pas été très favorable aux femmes à cause du cumul des mandats. Les femmes aujourd’hui ont aussi réussi à obtenir des salaires équivalents aux hommes et à ne plus dépendre financièrement d’eux. Elles font "carrière" et sont devenues autonomes financièrement. De nature "passives" elles sont devenues "actives" et ne veulent plus subir. Et elles s’en sont donné les moyens.

C’est pour cela qu’elles actent la demande en divorce. Puisque notre société est basée sur la performance et le rendement, elles se posent la question des avantages et des inconvénients de maintenir une vie ensemble dans une institution qui les a étouffées si longtemps. L’homme a davantage tendance à s'adapter aux différents rôles, et peut être un peu plus à laisser à la femme les décisions importantes. C’est un acte de courage que de divorcer. Le mariage est un confort, c’est une stabilité, un équilibre, dont il s’accommode plus facilement que la femme qui de nature est plus exigeante et ne lâche pas aussi facilement l’idéal vers lequel elle tend. Quand la femme ne peut plus se projeter elle est prête à redistribuer les cartes et tenter une nouvelle partie ailleurs. A la différence de l’homme, elle est prête à vivre seule.

De plus en plus de femmes se tournent vers les sites adultères. Selon le site de rencontre Gleeden, 62% d'entre elles seraient prêtes à tromper leur mari pendant l'été. Faut-il y voir la continuité logique du mouvement d'émancipation des femmes depuis 40 ans ? Pourquoi ?

Les sondages véhiculés par les sites comme Gleeden ne semblent pas être représentatifs de la réalité. Ils jouent sur la tentation de l’infidélité et créent ainsi un besoin, une consommation, au même titre que la dernière paire de chaussures ou de lunettes à la mode ! Ouvrez vos yeux, ces sondages annoncent aussi que 38% des personnes auraient recours à l’adultère s’ils étaient certains que cela ne se découvre pas ! Alors l’été et "l’île de la tentation" ont toujours été propices à l’adultère. L’échauffement hormonale conjugué avec le sable chaud forme un cocktail propice à rebooster la libido en berne ou trouver un amour d’été sans engagement ni contrainte. Cela a toujours existé ; ce qui change aujourd’hui c’est l’autorisation que les femmes s’octroient face à l’adultère. Il se termine souvent par un divorce si la rencontre est à la hauteur de leurs attentes. Côté masculin, la tentation de conjuguer femme et maîtresse est plus facilement admise car elle a toujours existé. En revanche les sondages confirment que se "faire prendre" freinent tous les sexes confondus de passer à l’acte. Aujourd’hui la tentation est partout et elle est subie passivement. Pour les femmes, la décision de passer à l’acte est directement corrélée à l’état de leur couple. Une femme comblée est moins sujette à succomber à la tentation de l’infidélité. L’homme de nature est polygame depuis la nuit des temps et plus enclin à l’infidélité.  

Selon la psychologue, les femmes se tournent alors vers les hommes qui correspondent plus à l'ancienne image qu'ils véhiculaient ; plus virils, moins égalitaristes. La plupart d'entre elles décident de les quitter également. Assistons-nous à une perte de repères de la part de ces femmes ? Est-ce révélateur d'une transition dans leurs esprits ?

Le déclin du mariage est une réalité car il ne peut plus fonctionner selon les règles traditionnelles qui l’ont fondé. C’est pourquoi la rupture est consommée. Il faut refonder de nouvelles lois pour qu’elles soient en harmonie avec la société dans laquelle nous vivons et qui puissent être tenables sur la durée par l’engagement qu’elle exige. Dans certains pays on a parlé de durée comme pour un bail commercial : cela est directement corrélé aux écrits des biologistes qui affirment que l’amour ne dure que trois ans ! Les repères se sont effectivement envolés et nous vivons une période charnière. Il faut réinventer cette institution du mariage et la faire évoluer pour qu’elle ne meure pas.  Néanmoins pour la stabilité à laquelle les humains aspirent, la famille doit reprendre du galon et le couple s’y insérer sans que l’un des deux y perde son âme. Certaines femmes ont néanmoins la nostalgie d’une période où les hommes étaient virils et sentaient bon le mâle… Peut-on imaginer Belmondo changer les couches de ses enfants ou vider le lave-vaisselle ?

Le but actuel est-il de trouver un idéal entre indépendance et engagement ? A quoi aspirent-elles ?

Elles aspirent à retrouver un équilibre affectif, amoureux basé sur un engagement qui ne les enferme pas dans un rôle de femme fidèle, soumise et frustrée. Elles n’ont pas abandonné de le trouver. Difficile de lâcher l’idéal fixé sans avoir l’impression de renoncer. Force est de constater que le mariage est un échec. Le couple doit inventer un fonctionnement qui lui est propre. Chacun doit tenir compte de l’autre dans sa singularité et l’accepter. La femme est prête à ce changement et l’initie plus facilement que l’homme qui semble être plus conservateur. Peut-être n’a t’il pas autant souffert du régime de l’ancien couple dans lequel il a toujours été plus libre et semble avoir eu la part plus belle.

Aujourd’hui la revendication de l’égalité, de la liberté sans culpabilité, de l’injonction d’être soi, de réussir sa vie, d’être performant, de réussir sa vie sexuelle sont des objectifs d’une société qui se fondent sur un individualisme difficile à conjuguer au sein du couple.

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brennec
- 24/08/2014 - 18:30
Bobo un jour...
si je vous comprends bien madame, le couple est une erreur soixante-huitarde, jouir sans entrave ne tient pas toute la vie (3 ans?) et le mariage est vu comme une entrave. Il en est encore qui sont vus comme le fondement d'une famille mais il est vrai que le % de divorces est en constante augmentation. Ce que vous ne dites pas c'est que nombre de femmes divorcées sombrent dans la précarité et la pauvreté: le modèle bobo n'est pas universel et il est probable que la crise actuelle qui se prolonge fera apparaitre cette 'recherche' comme un problématique de riches. Evidemment, de plus, quand on parle de mariage on ne parle pas des enfants, pourtant des études ont montré depuis longtemps qu'une séparation ne se fait pas sans dommages pour eux. En dautres termes, madame, j'ai bien l'impression que votre point de vue sur cette question se limite au 5e arrondissement de Paris.
A M A
- 24/08/2014 - 11:40
Toutes les civilisations sont périssables.
Le mariage, institution démographique déstinée non pas à officialiser une liberté sexuelle, mais à légaliser un accouplement dont le but primordial est de faire des enfants, de les éduquer et d'assurer leur avenir.
Difficile de s'y tenir, pour une société en recherche de stérilité, au temps de l'egocentrisme, de la contraception et de l'avortement.
Les femmes s'égarent et les hommes renoncent.
C'est ainsi que les civilisations périclitent.
Gré
- 23/08/2014 - 22:41
l’injonction d’être soi, de réussir sa vie, d’être performant ..
La dictature du bonheur, quoi !
On n'est même plus libre de se payer un coup de blues sans aller cher le psy, d'avoir une petite période de déprime dans son couple sans aller chez le juge. Qu'est-ce que c'est fatigant !!!