En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© Reuters
Le président syrien aurait ordonné des frappes aériennes à la frontière irakienne
Reset ?
L'Irak sera-t-il la rédemption de Bachar el-Assad ?
Publié le 28 juin 2014
Selon le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, la Syrie aurait mené des frappes aériennes afin de stopper au niveau du poste-frontière d'Al-Qaïm les insurgés sunnites de l'EIIL. Un acte qui pourrait être involontaire mais qui révèle quoiqu'il arrive une nette recomposition des relations diplomatiques au Proche-Orient
Alain Chouet est un ancien officier de renseignement français.Il a été chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE de 2000 à 2002.Alain Chouet est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l’islam et le terrorisme. Son dernier livre, "Au coeur des...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alain Chouet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alain Chouet est un ancien officier de renseignement français.Il a été chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE de 2000 à 2002.Alain Chouet est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l’islam et le terrorisme. Son dernier livre, "Au coeur des...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Selon le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, la Syrie aurait mené des frappes aériennes afin de stopper au niveau du poste-frontière d'Al-Qaïm les insurgés sunnites de l'EIIL. Un acte qui pourrait être involontaire mais qui révèle quoiqu'il arrive une nette recomposition des relations diplomatiques au Proche-Orient

Atlantico : Peut-on dire à la suite des frappes de l'aviation syrienne à la frontière irakienne qu'une implication des forces de Bachar el-Assad puisse avoir un impact réel sur l'évolution du conflit en Irak ?

Alain Chouet : En premier lieu, il faut observer que la frontière n’apparaît pas clairement vue d’avion dans la zone considérée et il est possible que les pilotes syriens - qui ne sont pas tous d’un excellent niveau - aient frappé par erreur en territoire irakien. D’autre part, compte tenu de la débandade totale des forces gouvernementales irakiennes dans cette région, les frappes ont pu être volontaires en vue de faire face la menace pesant directement sur le territoire syrien. Dans tous les cas, il est peu probable que des frappes de ce genre aient un impact profond sur la situation en Irak. Si l’armée syrienne était capable de changer la donne en Irak, elle serait capable de la changer sur son propre territoire, ce qui est encore loin d’être le cas.

Cet acte semble profiter, au moins marginalement, aux intérêts des Américains toujours plus inquiets de la progressions des djihadistes sunnites. Peut-on voir paradoxalement la situation irakienne comme une opportunité pour Damas de redorer son blason sur la scène internationale ?

Il y a évidemment une convergence objective d’intérêt pour donner un coup d’arrêt à la progression des djihadistes entre le pouvoir syrien et la communauté internationale, en particulier les Américains dont on observe tout de même une grande irrésolution et un grand attentisme face à l’offensive militaire des salafistes. Bashar el-Assad a tout intérêt à se porter en pointe du combat. Il poursuit ainsi sa stratégie qui consiste à obliger la communauté internationale à le regarder pour ce qu’il est : un dictateur, certes, mais un dictateur qui - contrairement au gouvernement irakien - bénéficie d’un vrai soutien d’une part importante de sa population, qui garantit l’existence des minorités, qui garde le contrôle de son armée, qui est le dernier rempart régional arabe contre le djihadisme et à qui les Occidentaux devraient donc être reconnaissants au lieu de lui lancer des anathèmes.

M. Maliki a déclaré cette attaque comme "bienvenue" bien qu'elle représente une violation évidente de la souveraineté irakienne. Peut-on imaginer qu'il y ait eu concertation entre Damas et Bagdad sur ces frappes ?

Compte tenu du désordre régnant au sein de l’appareil de pouvoir irakien et du commandement de son armée, il n’est pas du tout évident qu’il y ait eu une concertation quelconque. Nouri al-Maliki dont le pouvoir est à la dérive est prêt à accepter n’importe quelle manifestation d’aide ou de soutien. Son armée se débande, les Américains hésitent à intervenir, les Kurdes profitent de la situation pour s’autonomiser, les milices chiites irakiennes lui marchandent leur soutien et tout le monde semble parier sur sa chute. Ce n’est certainement pas lui qui va s’indigner d’une « violation de la souveraineté nationale » quand un voisin vient à son aide.

Washington a immédiatement réagi suite au raid aérien et a condamné "toute intervention syrienne en Irak". Cette déclaration n'est-elle pas révélatrice d'une perte de contrôle toujours plus notable de la diplomatie américaine dans la région ?

La diplomatie américaine est manifestement à l’épreuve. On n’entend pas beaucoup les Etats-Unis quand l’Arabie, le Qatar, le Koweït ou la Turquie interviennent ouvertement dans les désordres de Syrie et d’Irak. Ou quand le Maréchal Sissi restaure en Égypte une dictature bien plus oppressive que le régime de Bashar el-Assad. Ou quand la Libye sombre dans l’anarchie sanglante. Ou quand le Président Obama débloque 600 millions de dollars au profit de l’opposition syrienne (laquelle ?) comme il vient de le faire hier. C’est une position qui va être de plus en plus difficile à tenir à mesure que la situation dégénère en chaos régional et s’analyse en marche victorieuse des ennemis djihadistes de l’Occident et de l’Amérique.

Comment comprendre à la lumière de ces événements l'évolution des rapports entre les différents pays de ce que l'on appelait jusqu'ici "l'arc chiite" alors que Téhéran vient d'engager des drones de surveillance sur le sol irakien ?

Les erreurs de gestion de Nouri el-Maliki ont fait de l’Irak le maillon faible de « l’arc chiite » qui va de Téhéran jusqu’au sud Liban en passant par Baghdad et Damas. L’Iran ne peut pas abandonner l’Irak aux extrémistes sunnites mais ne peut pas non plus s’engager trop en avant sans un minimum de consensus international et un accord au moins tacite de Washington. Il lui faut donc préparer le terrain en laissant la situation se dramatiser, en jouant la chute de Maliki au profit d’un chiite plus consensuel, en manifestant une solidarité des forces chiites de la région, en démontrant l’impuissance et les contradictions des Occidentaux dans le conflit. Il y a la tous les ingrédients d’une tragédie durable qui contraindra certainement les Américains et les Européens à des révisions déchirantes de leurs certitudes et de leurs alliances.

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
04.
L'ancien garde du corps de Lady Di s'inquiète pour la sécurité de Meghan Markle
05.
Grand Débat à Souillac : le Président qui mouillait sa chemise (jusqu’à risquer de la perdre ?)
06.
"Il entend, mais il n'écoute personne" : les conseillers de Macron sont au bout du rouleau
07.
10% des oeuvres d'art de l'Etat portées disparues
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
06.
Et la raison pour laquelle les Allemands commencent sérieusement à s’inquiéter d’un Brexit sans deal est…
07.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Marie-E
- 28/06/2014 - 18:50
Il faudrait
mieux que les Occidentaux cessent de s'occuper de tout au Proche Orient. Depuis le début du découpage de cette région, ils n'en ratent pas une. Le mieux aujourd'hui, ce serait que les Kurdes obtiennent enfin le pays qui leur avait été promis, que la population syrienne se trouve à l'abri des djihadistes et que le Liban trouve un Président. Enfin aujourd'hui, c'est pas gagné, mais j'en ai marre de tous ces terroristes qui ne pensent qu'à tuer, torturer et je passe sur la liste des exactions. Quant aux Chrétiens d'Orient et aux millions de réfugiés, il serait bon que l'ONU s'en préoccupe enfin au lieu de réserver son argent exclusivement à l'UNWRA
abracadarixelle
- 28/06/2014 - 17:39
Comme dab.....
Les pays occidentaux se sont trompés d'ennemis : les Serbes dans l'ex-Yougoslavie et Bachar en Syrie ! Et l'autre brêle qui voulait " punir la Syrie" quelle tache !
ISABLEUE
- 28/06/2014 - 17:07
Assad a laissé faire un peu pour faire du "nettoyage"
dans son opposition.
et maintenant il reprend les choses en mains.
Il y a en au moins un qui essaie de se débarrasser de ces "djihadistes", je ne sais comment il faut appeler des sauvages en djellabas...
c'est un bon début.