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"Cette crise n’est pas seulement économique. C’est principalement une crise de valeurs."
Dans la tête des Grecs
Grèce : pas une crise économique, une crise de valeurs
Publié le 16 juin 2011
Au lendemain d'une nouvelle grève générale en Grèce, l'écrivain Dimitris Stefanakis livre pour Atlantico sa vision très personnelle de la crise qui touche son pays. Selon lui, celle-ci touche surtout "les valeurs morales et les standards esthétiques" de la société grecque.
Dimitris Stefanakis est écrivain et traducteur. Né en Grèce en 1961, il a notamment écrit Jours d’Alexandrie (Viviane Hamy Editions, 2007), prix Méditerranée étranger 2011. Son dernier roman, En épelant l’été (2009), est consacré à Albert Camus.
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Dimitris Stefanakis
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Dimitris Stefanakis est écrivain et traducteur. Né en Grèce en 1961, il a notamment écrit Jours d’Alexandrie (Viviane Hamy Editions, 2007), prix Méditerranée étranger 2011. Son dernier roman, En épelant l’été (2009), est consacré à Albert Camus.
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Au lendemain d'une nouvelle grève générale en Grèce, l'écrivain Dimitris Stefanakis livre pour Atlantico sa vision très personnelle de la crise qui touche son pays. Selon lui, celle-ci touche surtout "les valeurs morales et les standards esthétiques" de la société grecque.

A l’occasion de l’attribution du Prix Méditerranée Etranger 2011, j’ai dédié cette distinction particulière à mon pays, la Grèce, et à son peuple qui peine vaillamment  à sortir de la crise actuelle aussi bien économique que culturelle. Et c’est vrai que cette crise n’est pas seulement économique. C’est principalement une crise de valeurs, un déclin esthétique qui s’est installé depuis plusieurs décennies. L’eudémonisme [1] qui a succédé aux années difficiles de misère d’après guerre a totalement métamorphosé la vie quotidienne des Grecs.

Aujourd’hui la jeunesse qui manifeste dans le centre d’Athènes cherche à récupérer la mémoire d’un romantisme presque utopique face à cette modernité brûlante et à la domination totale de la technologie. En plein milieu d’une crise artificielle du capitalisme, cette jeunesse lutte pour son propre droit d’avoir un avenir rempli d’images préfabriquées et des rêves de consommation illimitée. Mais le défi est à chercher ailleurs. Les contemporains épousent volontiers la culture d’anesthésie sociale de la part des dirigeants au pouvoir à condition qu’eux-mêmes participent un peu au miracle économique des parvenus. En même temps on se demande de temps en temps : peut-on continuer à être justement un peuple de mentalité, voire une mauvaise mentalité ? Est-ce possible que nous retrouvions notre discipline nationale, notre morale nationale, notre propre inspiration tout en poursuivant  la paranoïa d’un barbarisme spirituel ? J’en doute. Cette maudite crise qui menace notre mode de vie peut s’avérer juste éphémère mais la crise la plus profonde qui concerne les valeurs morales et les standards esthétiques continuera à mettre en péril l’existence même du pays.

Les Grecs d’aujourd’hui ont choisi l’isolement  à la place de la participation, séduits par les obsessions d’un élitisme national qui ne mène qu’au désastre. En revanche, les dirigeants essaient de profiter de la crise économique pour changer radicalement les paramètres de notre vie. Nos propres politiciens, irrésolus et incapables, ne sont que le dominateur commun de cette mentalité néohellenique malsaine. L’élite sociale grecque aspire à dominer dans une ambiance d’injustice et de pauvreté. Les manifestations actuelles, en opposition à un pareil avenir, envoient un message clair et solide. De l’autre coté, si on continue à embrasser la même mentalité, la même culture de déchéance, la crise deviendra plus forte que jamais. Les Grecs font souvent preuve de courage et d’inventivité incroyable. On reste, alors, raisonnablement optimistes.  

 

[1] L'eudémonisme pose le bonheur comme la finalité de l'être humain.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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quesako
- 20/06/2011 - 00:47
L'Europe ne serait elle pas gagnante d'un retrait grec ?
D'accord on risquerait d'y perdre des plumes (c'est déjà fait car elle ne pourra rembourser), mais cyniquement le retrait de la Grèce ne serait ce que de l'euro coûterait tellement cher aux grecs du fait des formidables dévaluations que ça ferait réfléchir les populistes, notamment français, pour embarquer le pays dans un retour aux ex monnaies et au protectionnisme du XIXème siècle.
brennec
- 17/06/2011 - 08:48
troika du malheur.
"En plein milieu d’une crise artificielle du capitalisme" malheureusement ce genre de phrase fait partie de l'anésthésie sociale. Derriere le capitaliste (qui n'en est plus tellement un, plutot un oligarque) on trouve le banquier central et le gouvernement. Faire semblant de l'ignorer n'est en aucun cas rendre service aux populations que l'on fourvoie.
12Emma3
- 16/06/2011 - 23:41
Pas tres convaincant
en tout cas, pas tres clairement exprime.