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Sabordage : comment la France détruit sa propre puissance économique

Publié le 10 mai 2014
Il attaque preuves à l’appui. Christian Harbulot documente sur ce qui ronge peu à peu la position économique et politique de la France. Extrait de "Sabordage - Comment la France détruit sa puissance", publié chez François Bourin Editeur (1/2).
Christian Harbulot
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Christian Harbulot est directeur de l’Ecole de Guerre Economique et directeur associé du cabinet Spin Partners. Son dernier ouvrage :Les fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes, est paru en mars 2016 chez Lemieux éditeur.Il est l'...
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Il attaque preuves à l’appui. Christian Harbulot documente sur ce qui ronge peu à peu la position économique et politique de la France. Extrait de "Sabordage - Comment la France détruit sa puissance", publié chez François Bourin Editeur (1/2).

Les élites françaises font profil bas devant la mondialisation. Elles n’ont pas envie de se battre et reproduisent à leur manière l’inertie stratégique du politique. Il est donc vain de leur demander d’intégrer la conflictualité de l’économie dans leur grille de lecture. L’expert américain Edward Luttwak, connu pour ses travaux au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, a bien mis en avant ce concept pour souligner les défaillances de la puissance américaine dans les affrontements géo-économiques de l’après-guerre froide. Mais les écrits de Luttwak ont une portée très marginale dès que l’on franchit l’Atlantique. Peu d’auteurs français ont relayé son propos. La prédominance d’une lecture économiste en phase avec les dogmes des textes académiques anglo-saxons bloque toute possibilité de relire l’Histoire en prenant en compte la manière dont certaines puissances se sont construites sur la base d’une économie de combat. L’École de Guerre Économique (EGE), positionnée à Paris, est la seule structure au monde à avoir entrepris depuis 1997 une recherche appliquée à la guerre économique.

Contrairement à des pays comme les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud ou la Chine, la France n’a pas su créer un minimum d’unité nationale sur ce sujet. La distance culturelle que l’administration a toujours adoptée à l’égard du secteur privé a pesé sur cette absence de connivence nationale pour sortir victorieux d’une compétition avec des puissances étrangères. Paradoxalement, il existe une culture française de la défense économique du territoire qui remonte à Colbert. Elle s’est forgée dans la continuité du rapport paysan à la terre et que l’on peut exprimer par la formule : ne pas se faire grignoter ou voler son champ par le voisin. La valeur symbolique de la propriété foncière a déteint sur les autres formes de propriétés (immobilière, industrielle) pour aboutir à la notion de patrimoine qui est désormais une base de référence consensuelle pour l’ensemble de la population. Elle est devenue la préoccupation prioritaire de l’appareil d’État qui la décline au sein du ministère de l’Intérieur dans les missions de protection du patrimoine assurées par les services spécialisés de la police et de la gendarmerie.

Le réflexe du repli sur soi

L’accent mis sur la protection du patrimoine a favorisé une approche très individualiste des rapports de force économiques. Pour la majorité des corps de métiers et des créateurs de manufactures, la préoccupation première a toujours été la défense de leurs biens. Les révolutions industrielles ont imposé la nécessité de se projeter vers l’extérieur pour conquérir de nouveaux marchés sans pour autant révolutionner les relations entre l’État et le secteur privé. La question de la puissance a toujours été associée à la notion originelle du pré carré. La garantie de l’intégrité du territoire l’a toujours emporté sur la nécessité d’enrichir la France.

Le regard autocentré de l’administration

Au cours des siècles, l’administration a pris l’habitude de traiter les menaces économiques à travers les risques d’invasion puis de dysfonctionnement des fonctions vitales de l’État. En revanche, le positionnement de l’économie nationale sur l’échiquier mondial n’a jamais été clairement défini en termes de problématique de puissance.

L’économie relève du secteur privé, la gestion de l’intérêt général est l’affaire de l’État. Cette séparation des rôles interdit tout lien dialectique entre le développement d’un pays et les besoins d’un État pour remplir ses missions. Cette réalité bien française entretient la philosophie du repli sur soi qui est caricaturée par cette formule : les patrons d’un côté, les fonctionnaires de l’autre. Cet immobilisme culturel n’est pas sans conséquences. Les acteurs économiques des territoires n’attendent plus de réponse stratégique du pouvoir politique et de l’État. Jean Michel Treille fait le constat que les plus créatifs d’entre eux essaient de dépasser le stade de survie économique en créant de nouvelles dynamiques de développement. Ils pensent global pour se projeter sur les marchés extérieurs tout agissant en local pour s’ancrer durablement au territoire de leur choix. Ces acteurs économiques cherchent à construire des réseaux de confiance très resserrés sur leur cadre de vie afin de préserver leur activité économique.

Extrait de "Sabordage - Comment la France détruit sa puissance", de Christian Harbulo, chez François Bourin Editeur, 2014.

 

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vangog
- 11/05/2014 - 01:22
C'est curieux, chez les politologues, ce besoin de
faire des phrases...et de ne jamais aborder les solutions, par soumission à l'idéologie rétrograde qu'ils font semblant de combattre.
Un seul exemple:
"La distance culturelle que l'administration à toujours adoptée à l'égard du privé..."
Si cet auteur abandonnait le politiquement correct pour faire le véritable constat qui s'impose, il évoquerait "le délire et la défiance idéologique de la pensée unique technocratique envers l'economie privée", et il pourrait, alors, commencer à aborder les solutions qui échappent totalement à son propos
Par exemple, parler du noyautage de l'état par les tenanciers de cette idéologie minoritaire, mais beaucoup plus efficace que quiconque dans l'entrisme et le clientélisme.
Mais chut! Car les mots peuvent si rapidement vous faire perdre un poste, ou un échelon...
De toutes les manières, je me méfie d'un homme qui remonte à Colbert ou à l'époque des invasions pour expliquer le déclin actuel de la France (qui a débuté seulement depuis quarante ans).
Ce n'est pas d'agressivité économique dont la France a besoin, mais d'anticipation...et de se libérer d'une Europe qui n'en a aucune!
ramsesdetoulouse
- 10/05/2014 - 21:14
à ignace et enguerrand!
l'un est fonctionnaire, l'autre ne l'est pas! tapez 1/tapez 2/ mais doucement, ne faites pas de mal au fonctionnaire, il pourrait se réveiller! Bien cordialement à tous les 2.
ignace
- 10/05/2014 - 20:12
Anguerrand il me semble que vous vous laissez emporter
un peu.........
les français ne sont pas si idiots que vous le pensez et ils savent faire la différence entre un vrai patron et un gougnafier énarque ou X ou Y qui se gave en tant que PDG et non patron
D'autre part Gattaz de schiste que l'on voit partout et qui déblatère a tout vent ne représente que les 120 entreprises du SBF 120 et non les millions qui se laissent manger la rate par leurs donneurs d'ordre du 40 ou 120.....qu'ils se bougent le cul et fassent valoir leur situation avec des représentants adéquats....,
les francais n'ont jamais demandé a voir la tronche en biais de gattaz de schiste, ils la subissent si ils regardent la télé ou autre
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