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Aux Etats-Unis, les procédés de lutte contre la pauvreté ont tendance à marginaliser les pères.
Exclusion

Comment les programmes de lutte contre la pauvreté conduisent à marginaliser les pères

Publié le 07 mars 2014
Une étude américaine du bureau de recensement des Etats-Unis témoigne d'un fait étonnant : la lutte contre la pauvreté serait un des facteurs de marginalisation des pères, dans les familles les plus modestes. Particulièrement dans le cadre d'une séparation.
Vincent Touzé est économiste senior au département des études de l'OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques).
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Une étude américaine du bureau de recensement des Etats-Unis témoigne d'un fait étonnant : la lutte contre la pauvreté serait un des facteurs de marginalisation des pères, dans les familles les plus modestes. Particulièrement dans le cadre d'une séparation.

Atlantico : Aux Etats-Unis, les procédés de lutte contre la pauvreté ont tendance à marginaliser les pères. Dans quelle mesure les pères pauvres sont-ils également marginalisés en France ? Quels procédés y contribuent ?

Vincent Touzé : Le système américain est pervers : les couples particulièrement pauvres n'ont pas, ou peu, d'incitations, notamment financières, à vivre ensemble. En France, c'est plus difficile à apprécier.

Les causes de séparation d'un couple sont multiples. La précarité, financière ou dans l'emploi, n'est pas un facteur stabilisateur pour constituer un foyer. Il faut des éléments forts qui permettent une volonté de vivre ensemble, et définitivement, la pauvreté n'est pas de ceux-là. Au contraire, elle a même tendance à défavoriser le couple.

Une question qui se pose, c'est celle du rôle du système fiscal dans la séparation : partons sur l'exemple d'un couple qui ne vit que du RSA. Selon que l'on vit seul, ou en couple, le RSA n'est pas du même montant. Dans une famille séparée, où la mère comme le père touchent le RSA, on le perçoit deux fois. Une famille dont le père et la mère sont ensemble percevra le RSA couple, lequel ne représente pas deux RSA. Un parent seul touchera en moyenne une somme de l'ordre de 750 euros, tandis qu'un couple devra se contenter de 500 euros environ, en raison d'économie d'échelle réalisées en vivant à plusieurs.

Et, on le remarque bien, quand un couple se sépare et qu'un enfant est rattaché à celui-ci, c'est plus souvent la mère que le père qui s'en occupe.

Quelles sont les raisons de cette marginalisation ? Comment expliquer que des aides, censées combattre les méfaits de la pauvreté, puissent au contraire exclure les pères de l'espace familial ? Les programmes de lutte contre la pauvreté sont-ils stéréotypés ?

La monoparentalité est, de façon pratiquement exclusive, assurée par les femmes. En 2013 et d'après la CAF, par exemple, sur 750 000 familles monoparentales on ne compte que 50 000 hommes en charge des enfants. Ce qui représente un rapport de 1 homme pour 12 femmes (Attention à bien prendre en compte le fait que ce rapport n'est valable que pour la catégorie de la population dont nous parlons).

On peut donc évidemment dire que les programmes de lutte contre la pauvreté sont stéréotypés à ce niveau. Il y a bien évidemment 700 000 pères associés à ces 700 000 femmes seules, mais ils n'ont pas les enfants avec eux. Sur 750 000 parents seuls qui bénéficient donc du RSA, on en a près de 95 % qui sont des femmes. Cet aspect-là ne concerne pratiquement que les femmes. On a effectivement, et de façon claire, une marginalisation des pères.

Quand il y a une mésentente dans le couple, que le conjoint est sans emploi – une situation malheureusement classique aujourd'hui – et donc ne rapporte que peu, voire pas d'argent du tout à la maison et que, pour couronner le tout, il fait baisser le RSA dont dispose le ménage… Il y a des mécanismes vraiment pervers qui jouent clairement et mènent vers l'exclusion des pères. Surtout chez les gens qui ont des origines modestes, sont peu qualifiés. Le chômage, au final, est le premier vecteur de toutes ces réactions en chaîne.

Le système socio-fiscal fait qu'il est plus avantageux de vivre seul. Dans des familles pauvres et où l'équilibre comme les relations peuvent être précaires, cela conduit souvent à une marginalisation de la figure du père. Si celui-ci ne ramène plus d'argent (ou tout simplement pas assez) il n'est plus aussi indispensable.

Dans certains cas, on rencontre même des couples qui déclarent ne pas en former un afin de toucher plus d'aides, alors que dans les faits, il y a une communauté de bien et qu'on partage le même porte-monnaie.

Quelles seraient les solutions pour y remédier et rétablir un certain équilibre entre pères et mères ?

Actuellement, et selon la façon dont sont calculées les aides, les couples sont presque encouragés à vivre seuls. Il faudrait inverser la vapeur, et peut-être, pour ce faire, revaloriser les aides. Un RSA couple majoré, qui représenterait plus que deux RSA de célibataires pourrait être une piste de travail. Plus que de considérer le couple comme une façon de faire des économies d'échelle, il faudrait favoriser les bénéfices liés au fait de vivre ensemble. Ne serait-ce que pour le bien de l'enfant, qui reste la première préoccupation. Il faut le protéger des soucis financiers et maintenir autour de lui la cellule affective que représente la famille.

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Ganesha
- 08/03/2014 - 14:22
Histoire Vécue
Ma femme ayant demandé le divorce (nous avions un enfant), mon avocate, commise d'office, ne s'est pas présentée à l'audience, et le juge (homme) m'a condamné à verser une pension alimentaire qui me laissait cent euros/mois pour vivre.
J'ai arrêté définitivement de travailler et j'ai quitté la France pour aller me faire loger et nourrir par ma vieille mère.
Outrepassant l'avis de ma nouvelle avocate, j'ai engagé un détective privé pour qu'il apporte la preuve de la situation de ma femme (concubinage caché)
En appel, trois ans plus tard, les trois femmes juges ont réduit la pension de moitié avec effet retro-actif de 18 mois.
Si mon ex-épouse prend connaissance de ce texte, je la salue bien...
Ganesha
- 08/03/2014 - 14:22
Histoire Vécue
Ma femme ayant demandé le divorce (nous avions un enfant), mon avocate, commise d'office, ne s'est pas présentée à l'audience, et le juge (homme) m'a condamné à verser une pension alimentaire qui me laissait cent euros/mois pour vivre.
J'ai arrêté définitivement de travailler et j'ai quitté la France pour aller me faire loger et nourrir par ma vieille mère.
Outrepassant l'avis de ma nouvelle avocate, j'ai engagé un détective privé pour qu'il apporte la preuve de la situation de ma femme (concubinage caché)
En appel, trois ans plus tard, les trois femmes juges ont réduit la pension de moitié avec effet retro-actif de 18 mois.
Si mon ex-épouse prend connaissance de ce texte, je la salue bien...
Redmonde
- 08/03/2014 - 07:27
SPECIEUX
"celui-ci doit s'accompagner de l'exclusion des hommes de la sphère familiale ou d'une fausse exclusion pour raisons financières."

Beaucoup d'hommes s'excluent tout seuls--soit parce qu'étant au chomage ils ne peuvent plus assumer les charges financières de la paternité, ou simplement parce qu'ils ne veulent plus.

Croyez vous que la majorité des femmes soient enchantées de se retrouver seules pour faire face à la lourde charge d'élever des enfants?
Est ce juste et bon pour l'enfant de faire supporter aux femmes le travail de les élever?
Compte tenu du fait que sans maternité, la société disparaitrait, le rôle essentiel des mères est toujours dévalorisé puisque automatiquement , quand les femmes ont des enfants, cela réduit leur salaire, leurs possibilités de carrière et le montant de leur retraite.
Vu ce que coute la maternité aux femmes , c'est même étonnant qu'autant d'entre elles aient néanmoins des enfants.
Quant au fait qu'il y a une majorité de juges femmes, c'est vrai, et il serait préférable que la répartition entre les sexes soit plus équilibrée..
Mais aussi grave est le fait que les femmes soient toujours minoritaires dans toutes les positions de vrai pouvoir