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"Tous les soleils"

L’anti-bling-bling subtil de Philippe Claudel

Publié le 31 mars 2011
Avec Santiago
"Tous les soleils" est en salle depuis mercredi. Vent de légèreté sur l'Italie de Berlusconi.
Santiago est blogueur.Il tient la bibliothèque en ligne catallaxia.net et écrit de temps en temps pour le webzine La catallaxine. 
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"Tous les soleils" est en salle depuis mercredi. Vent de légèreté sur l'Italie de Berlusconi.
Avec Santiago

Tous les soleils, film de Philippe Claudel qui sortira mercredi, nous conte avec une légèreté estivale, la vie d’un strasbourgeois d’origine italienne et professeur de musique baroque, vivant avec sa fille adolescente, dont la pénibilité est en pleine croissance, ainsi qu’avec son frère, cloitré en pyjama, qui végète en exil volontaire loin de Silvio Berlusconi, en attendant l’obtention espérée de son statut de réfugié politique.

En attendant le délit de nymphomanie

Peut-on se voir attribuer un statut de victime lorsqu’on refuse d’être représenté par le plus illustre obsédé sexuel qu’ait connu l’Italie, faisant de Rocco Sifredi et Casanova des petits joueurs ? Peut-on s’estimer suffisamment menacé par l’omnipotence d’un « politicientrepreneur » parce qu’il s’occupe pendant son temps libre à sauvegarder la diversité des pratiques sexuelles, introduisant notamment en Europe la pratique du Bunga-Bunga[1], et œuvrant ainsi au rapprochement fraternel des cultures méditerranéennes ? Corruption et pédophilie auront peut-être un jour raison de la carrière du chef d’Etat. En attendant, les Droits de l’Homme ne font pas de l’érotomanie compulsive assumée un crime contre l’Humanité. Pas plus que l’usage décomplexé et impudique de sa droite dure n’est récriminé lorsqu’on veut contracter des alliances charnelles avec les parties les plus politiquement incorrectes de quelques jeunes aspirantes à des promotions canapé, pourvu qu’elles soient majeures. Haïr Berlusconi n’est pas suffisant pour faire valoir des droits particuliers, et l’Italie reste encore un Etat de droit. Débouté, l’opposant s’ébat alors stérilement en fomentant des micro-révolutions « à la Cantona », mais avec un rien plus d’efficacité que le second. Ce qui ne l’empêche pas d’être réduit, dans son impuissance, à lancer piques grinçantes et fléchettes dérisoires sur une cible à l’effigie du botoxé honni, … lorsqu’il ne soigne pas ses pulsions négatives en regardant des séries abrutissantes ou en chatant sur des sites sexy qui émoussent ses ardeurs politiques tout en émoustillant ses sens.

La culture contre la société du spectacle

Distillée manichéisme, la critique sociale de Claudel est à l’image des volutes virevoltantes de la musique thérapeutique baroque qui accompagne le film. Plus subtile, son ironie sans aigreur y trouve toute sa force. En effet, la tragédie des honnêtes hommes y parait complète, puisqu’ils sont même reflués en marge de la terre d’asile : la France trempe elle aussi dans les travers d’une réalité télégénique ravie par son avidité sans pudeur et où les phares du peuple assument sans fard leur peoplisation. Surtout depuis qu’elle a à sa tête un flambeur exhibant montre et femme, comme un parvenu pavane devant les mâles dominés envieux.

Seul l’anachronisme salvateur de la culture demeure un refuge au milieu de cette société du spectacle qui a colonisé jusqu’aux domaines réputés sérieux. On rit pourtant beaucoup à l’occasion de cette satire qui peint une époque vautrée dans la concupiscence, où les cons illettrés peuvent être (tout-)puissants, et où lire La Princesse de Clèves constitue un besoin d’hygiène mentale comme un acte de résistance. On y pénètre aussi dans l’intime beauté des rues de Strasbourg et l’on admire la douce poésie de Clotilde Courau. On aurait préféré l’inverse. Mais que peut-on attendre d’un pauvre réalisateur qui n’arbore même pas une Rolex à son bras ?



[1] Aujourd’hui menacé d’extinction en Lybie !

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