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Revue des hebdos

Peter Sloterdijk : Les Français ces surdoués de la revolte ; Alexis Kohler, et Benoit Ribadeau-Dumas les vrais patrons de la France pour le Point, Bayrou, le vrai gourou de Macron pour l'Obs ; Marine Le Pen laisse l'esbrouffe à Wauquiez et Dupont-Aignan

Et aussi, la gauche non mélenchoniste reprend espoir

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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La haine anti-Macron, comment en est-on arrivé là ? Les hebdos s'interrogent face à l'échec de Macron,  qui a été obligé de céder, en partie, après avoir tergiversé. ils se demandent pourquoi "il s’est désigné lui-même à la foudre". Cetains semblent analyser la situation comme si le gros de la crise des Gilets Jaunes était terminé, alors que rien n'est moins sûr.

Les surdoués de la révolte

Le Point constate que "Nos sociétés contemporaines ne supportent plus l'attente et la frustration" Le philosophe allemand Peter Sloterdijk analyse : "Comme la France se veut le peuple des peuples, le risque d'une crise hystérique collective est assez élevé. Vous êtes les surdoués de la révolte". Concernant les Français qui ont appris à assumer l'attitude des "misérables" - même si à l'échelle mondiale, graçe aux efforts poussés à l'extrême de l'Etat français, y compris quelques centimes sur les carburants, ils comptent parmi les défavorisés les mieux favorisés de la Terre." conclut Sloterdijk.

Les vrais patrons de l'éxécutif

Face à la crise qui décide au sein de l'éxécutif ? Macron seul dans son coin ? Pas sûr, pour Le Point qui s'intéresse à Benoit Ribadeau-Dumas, directeur de cabinet d'Edouard Philippe, et à Alexis  Kohler, le secrétaire général de l'Elysée : "Les numéros deux de l'Elysée et de Matignon sont accusés, à force d'intransigeance, d'attiser la révolte". Pour l'hebdo ce seraient eux, les vrais patrons". Mais Ribadeau-Dumas se défend : "On est moins droits dans nos bottes que vous ne pensez, seulement soucieux de rester cohérents."

La revanche de Bayrou

Pour l'Obs qui l'encense, Bayrou est "le premier à avoir dénoncé une forme d'arrogance" face à la France en jaune et "réclamé une inflexion sociale, et lâché  "on ne gouverne pas contre le peuple" après la troisième manifestation des Gilets Jaunes. Toujours selon l'Obs "Bayrou a été ensuite l'un des interlocuteurs privilégiés du chef de l'Etat pendant toute la crise des Gilets Jaunes". "A été" étrange formulation, car la crise n'est pas finie, ou bien faut-il comprendre que Bayrou ne serait plus un interlocuteur privilégié

Macron cristallise la colère

Au début d'un dossier de 18 pages, intéressante tentative d'explication  sur le déchainement de haine anti-Macron, entre appels au meurtre et insultes d'une violence parfois inouïe : « Il cristallise trente ans de colère, constate le sociologue Jean-Pierre Le Goff. En cela, on peut dire qu’il a un côté bouc émissaire. Mais, dans la façon dont il a tenu sa fonction depuis un an et demi, il s’est lui-même offert seul à la vindicte. » Depuis son élection, le président – qui avait théorisé naguère le « vide émotionnel, imaginaire, collectif » causé par la disparition de la figure du roi – n’a en effet laissé se déployer aucune personnalité politique d’envergure à ses côtés, et singulièrement ni ministres ni Premier ministre, à qui il n’a cessé de voler la vedette. Jupiter sans paratonnerre, il s’est désigné lui-même à la foudre."

L'hebdo rappelle en effet que c'est Macron lui-même qui a revendiqué la responsabilité d'un précédent épisode : le "24 juillet dernier, en pleine « affaire Benalla » : au cours d’une réunion privée devant des parlementaires de sa majorité, le président avait lancé, bravache – sans qu’on sache vraiment à qui il s’adressait : « S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. Qu’ils viennent me chercher. » Comme en écho, trois mois plus tard, les «Manu, on vient te chercher » ont fleuri sur les réseaux sociaux et sur les murs vandalisés de la capitale".

Marianne critique les mesures annoncées par Macron alors qu'il y aurait mieux à faire comme, entre autres" "taxer les multinationales". Plus facile à dire qu'à faire.

Le titre du Point "La France face à son histoire" est trompeur, le dossier ne concerne pas l'histoire de France, mais le présent "Emmanuel Macron a finalement cédé. Face à un pays blessé, quelle est sa marge de manoeuvre ?" annoncent les premieres lignes. Le deuxième article s'intéresse à la vision de l'Europe face à des mesures qui risquent de creuser le déficit de la France "Comment nos partenaires envisagent les renoncements macroniens".

Macron au bord du précipice

Il n'y a pas que certains Gilets Jaunes qui se sentent pas respectés selon Le Point c'est aussi le cas des élus LREM qui se "sentent méprisés et disent leur amertume".

Pour l'Obs, Macron est "un président au bord du précipice". Et continue sur un ton dramatique : "Récit des quatre semaines tragiques où sa main a tremblé." (6 pages). Pour Valeurs c'est "Macron sur le volcan français" le dossier n'est pas plus optimiste : "La France a obligé le chef de l’État à une profonde remise en cause. Au-delà des “gilets jaunes”, le pays exige d’être gouverné autrement. Au risque de l’embrasement" (10 pages). Ici aussi on parle de la France des ronds-points où se sont installés les Gilets Jaunes et il y a, bien sûr, une violente critique du pacte mondial sur les migrations signé à Marrakech ?

Gilets Jaunes : la stratégie de Le Pen

Chez les Gilets Jaunes "Alors que certains des visages les plus médiatisés du mouvement se révèlent avoir eu des liens avec le RN ou Debout la France (DLF), d’autres clament haut et fort leur volonté de ne pas être récupérés. Un message que Marine Le Pen reçoit 5 sur 5. Elle laisse à Laurent Wauquiez le soin d’enfiler un gilet jaune – ce qu’il niera imprudemment plus tard – et à Nicolas Dupont-Aignan celui d’exiger en vain de diffuser son entretien du 3 décembre en direct sur Facebook. « Faire des coups d’esbroufe pour faire parler de soi, ce n’est pas ce que les gens attendent, glisse un stratège du RN. Dans cette période, il y a un devoir de sérieux. »" écrit l'Express.

Marine Le Pen a, en effet, besoin de sérieux, elle  "dont la stature de présidentiable a été largement écornée lors de la présidentielle" entre autres lors du fameux débat télévisé face à Macron avant le deuxième tour. "Gravité, solennité, modération doivent donc être les marqueurs de sa communication de crise". Même si, il arrive à Marine Le Pen d'en faire encore un peu trop  comme sur le plateau de TF1, le 3 décembre, lorsqu'elle tourne subitement la tête et plante ses yeux dans la caméra pour s’adresser théâtralement à  Macron

Le Rassemblement National semble , par ailleurs, confiant face au mouvement, ce qui expliquerait aussi qu'il ne ressente pas le besoin d'en faire trop comme le dit l'Express : "« Les gilets jaunes, ce sont les mecs de chez nous. Je reconnais mes électeurs de Calais », assure le principal conseiller de Marine Le Pen, Philippe Olivier, après s’être rendu à deux reprises sur les Champs- Elysées les jours de manif". 

Si la gauche non mélenchoniste s'unissait  ?

Selon une étude Ifop pour le mouvement de Raphaël Glucksmann, si celui-ci arrivait à rassembler le PS, le PC, Génération (le mouvement de Hamon) et Europe Ecologie Les Verts, cet ensemble pourrait  attirer 14% des suffrages dépassant ainsi  Les Républicains (13%) tandis que Les Insoumis seraient relégués à 11,5%. Des chiffres serrés, vus les marges d'erreurs, mais quand même, une gauche non-mélenchonienne y voit la possibilité d'une union qui lui redonnerait une chance d'exister face au rouleau compresseur de la France insoumise. Tandis que l'on trouverait le Rassemblement National en tête avec 23,5 % et la République en Marche alliée au MoDem, derrière avec 15%.

Pourquoi cela ne marche pas avec Wauquiez ?

"Les mauvais sondages s'enchaînent et le leader de la droite est devancé par ses potentiels adversaires Valérie Pécresse et Xavier Bertrand" selon L'Obs qui cite un ancien ministre LR : "Quand je vais parler avec les militants, beaucoup m'assurent qu'ils ont un souci avec Wauquiez. Pourtant il dit tout ce que les militants veulent entendre." Et l'Obs souligne la menace qui pèse sur Wauquiez : le retour de Sarkozy. A suivre...

Les policiers dans la rue ?

Entre l’« explosion des heures supplémentaires », qui dépassent les 22 millions, et l’« épuisement professionnel » qui pré-existaient à cette nouvelle crise  les policiers sont durement mis à l'épreuve avec les manifestations des Gilets Jaunes, chaque samedi : « Depuis le début du mouvement, certains CRS ont enchaîné vingt et un jours sans repos et sans voir leur famille, souligne Marie, une représentante de l’association Mobilisation des policiers en colère. Ils enchaînent : gilets jaunes, lycéens, agriculteurs, ambulanciers... » souligne l'Express.

L'hebdo donne la parole à certains policiers :" Marie*, membre d’une brigade anticriminalité (BAC) parisienne, a été mobilisée en urgence, comme des milliers de ses collègues. Elle relate douze heures sans pause, au contact des manifestants les plus violents. « Cette haine de l’uniforme, cette volonté de tuer, le gouvernement a l’air de la découvrir, alors qu’on la dénonce depuis deux ans », renchérit Perrine Sallé, porte-parole de l’association Femmes des forces de l’ordre en colère."

Marie prévient « On encaisse, on se contient. Mais, une fois les manifestations passées, ce sera notre tour de nous faire entendre. »

LREM : adhésion en hausse

Effet "Gilets Jaunes" ? Selon l'Express La République en marche (LREM), alors que la présidence Macron est plus que secouée, "affirme connaître un pic d’adhésions sans précédent depuis trois semaines : plus de 1 000 par semaine". Soit plus du double du rythme de ces derniers mois. Ceci alors qu'elle ne connaîtrai qu'environ 200 départs par semaine.

Européennes : Wauquiez a pensé au général De Villiers

Le général de Villiers est très présent : L'Express, Le Point, Marianne. Au cours d'un rendez-vous, en juin dernier, dans une brasserie parisienne, Laurent Wauquiez a tenté "une manoeuvre d’approche dans l’optique des élections européennes de 2019 auprès du général Pierre de Villiers, ex-chef d’état-major des armées. Mais Villiers a refusé "de saisir la perche qui lui est tendue" selon l'Express.

Le général figue en bas de la Une de Marianne qui l'a interrogé à l'occasion de la sortie de son livre "Celui qui, le premier, a ébranlé l’autorité d’Emmanuel Macron, en démissionnant avec fracas de son poste de chef d’état-major des armées, publie aujourd’hui un livre qui pose la question de l’autorité dans les sociétés démocratiques. Qu’est-ce qu’un  chef ? Certainement pas un Jupiter tout-puissant, répond le général de Villiers".

Dans cette interview, le général dément toute ambition politique : "Je n’ai aucun agenda caché, aucune envie de politique. Je veux simplement livrer mon expérience et participer à ma manière à la transformation nécessaire de notre société". Autre interview du même général dans Le Point. Pour lui, on "voit bien que la jeunesse demande de la discipline et de l'engagement." Est-ce le cas des jeunes qui cassent pendant les manifestations lancées par les syndicats de lycéens ?

La gaffe de Christophe Barbier

Une demi-page de droit de réponse de Philippe de Villiers dans l'Express, où il répond au précédent épisode de la série "Le roman du président" signée Christophe Barbier : "L’article s’est voulu humoristique. Mais, quand on veut s’essayer à l’humour sur la souffrance des deux guerres mondiales, mieux vaut choisir sa cible, avant de se livrer à la salissure. Ma famille ne correspond en rien aux sous-entendus indignes du papier en cause car elle a payé un lourd tribut dans sa chair, lors des deux grandes épreuves".

Barbier reconnaît ses torts et présente ses excuses : "Je regrette d’avoir pu, bien involontairement, blesser la famille Villiers par ce passage du Roman du président qui, comme son nom l’indique, est une fiction à but humoristique, usant parfois de la satire et de la caricature."

COP 21 à Paris : réussite diplomatique mais échec pratique

Interrogé par l'Express, Nicolas Hulot reconnaît que la COP 21, qui s'est déroulée à Paris en 2015 "fut une réussite diplomatique" mais, en pratique "comme aucune décision n’était contraignante, nous avons reculé" ce fut donc un échec.... Pire : "En 2017, et du fait de la reprise" économique, les émissions de CO2 sont reparties à la hausse : + 2,7 %". 

Bref : "Sous la pression des paradis fiscaux et de la concurrence fiscale, le budget est devenu un gruyère fait d’exemptions et de niches, inégalitaire et inefficace. J’y ai été confronté comme ministre. Je n’ai cessé de dire une chose : la justice sociale est un accélérateur de transition écologique."

La gauche et les migrants

Petit tour d'Europe des partis de gauche face à la crise migratoire à lire dans l'Obs "Un peu partout en Europe, les partis de gauche, dépassés par la vague populiste, se fracassent sur la crise migratoire. Une question cruciale qui sera au coeur des élections européennes de mai prochain"  Danemark : l'Etat providence menacé. Allemagne, la guerre des gauches, Royaume Uni (avec l'histoire d'un mug revendiquant les Contrôles sur l'immigration pourtant diffusée le Labour, la gauche britannique), sans oublier l'Italie

La "Fake Food"

Après les Fake News, la "Fake Food", les angliscismes se succèdent. Dossier d'une dizaine de pages dans l'Obs sur "le mensonge dans nos assiettes" : "les aliments industriels ultra-transformés sont fractionnés et recomposés avec de mystérieux additifs. leur valeur nutritionnelle est médiocre, et on les soupçonne de contribuer à l'épidémie mondiale d'obésité, de diabète et de cancer." Pas appétissant, mais à lire quand même car les douze exemples (avec nom du produit, et de la marque - Fauchon compris -) sont édifiants.

Le génie du blanchiment d'argent sale

Trois grandes puissances, les Etats-Unis, la Russie et la France, revendiquent l’extradition d'Alexander Vinnik, un Russe, génie de l’informatique, 39 ans "soupçonné d’avoir blanchi des milliards de dollars d’avoirs criminels à travers sa plateforme d’échange de cryptomonnaies, BTC-e" raconte l'Express.

L'homme a été arrêté le 25 juillet 2017, alors qu’il passait ses vacances en famille dans un petit village, dans le nord de la Grèce. "Depuis, il attend dans sa geôle d’Athènes que la justice décide de le mettre dans un avion pour Washington, Moscou ou Paris. Il nie toutes les accusations portées contre lui et reconnaît tout juste avoir prodigué quelques conseils techniques à BTC-e. Qui jure, de son côté, n’avoir jamais employé le Russe."

En tout cas, selon l'Express : "Entre 2011 et 2017, quelque 700000 clients auraient eu recours aux services du site maléfique. Les sommes ayant transité par les comptes associés à cette plateforme sont colossales : 9,4 millions de bitcoins, soit 33 milliards d’euros au cours actuel".

 

 

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