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Un char d’assaut à trois chenilles qui se rie des conventions, mais qui donne l’heure pendant huit jours...
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Atlantic-Tac

Quand passent les chenilles et quand le gorille vous salue bien : c’est l’actualité septembriste des belles montres

Mais aussi les pixels qu’on titille tactilement, la transparence en toute simplicité, l’ardoise de la haute horlogerie créative et les émotions fortes jusqu’à 1 000 mètres...

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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MB&F : Les triples chenilles d’une horloge qui roule...

Vainqueur des Sudistes à l’issue de la Guerre de sécession puis président des États-Unis, le général Grant a ensuite donné son nom à un tank de la Seconde guerre mondiale (série des M3 Lee). L’horloge de table « Grant » développée par le laboratoire créatif MB&F en partenariat avec le pendulier L’Épée 1839 s’inscrit dans cette tradition blindée par ses trois chenilles [l’horloge peut rouler !] et par son armature d’acier et de laiton traités au nickel et au palladium : si elle ne tire pas au canon [encore que la clé de remontage, à gauche sur l’image ci-dessous, pourrait en faire fonction], elle égrène les heures et les minutes avec son cadran-tourelle inclinable sur trois positions. Le cœur battant de cette mécanique de haute horlogerie est disposé sous un globe qui pourrait passer pour la boîte crânienne du mouvement (vidéo ci-dessous). À près de 25 000 euros le « jouet de garçon », on aura compris que cet objet du temps radicalement futuriste n’est pas un Transformer de fantaisie, mais l’expression d’une volonté affirmée de repenser en termes contemporaines la bonne vieille pendule de bureau : « Grant » a tout de l’ancienne « pendulette d’officier » et c’est peut-être pour cette raison, autant que pour l’allusion au tank M3, qu’on a pu la baptiser « Grant ». Le général aurait aimé...
 
 

GORILLA : Le gorille vous salue bien...

Rien dans cette montre qui soit banal, pas un angle qui n’ait été soigneusement pensé, pas un volume ni une courbe n’ont été laissés au hasard – ce qui est la moindre des choses pour une « montre de designer » qui a voulu, en lançant sa propre marque, s’affranchir des contraintes d’une grande marque et traduire en termes post-modernes l’idée qu’il se faisait d’une montre au XXIe siècle. La taille n’est pas mince (44 mm de titane, d’aluminium, de céramique, de fibre de carbone et de caoutchouc), les finitions sont Swiss Made (la jeune marque Gorilla est partenaire de la manufacture Vaucher) et le mouvement automatique, forcément suisse, présente un subtil et habile mélange d’heures « défilantes » : trois « satellites » portent les chiffres des heures pour faire défiler, à chaque heure, pendant soixante minutes, leur index sur le segment semi-circulaire des minutes (seule l’aiguille des secondes fait le tour du cadran). Le plus fou est sans doute le prix de cette Fastback Drift Swiss Made : aux alentours de 2 700 euros pour une montre qui ne sera éditée qu’en 250 exemplaires ! Avec toute autre « grande marque » suisse qui se respecte, on aurait doublé ou triplé ce tarif. Le gorille vous salue bien, comme disait Lino Ventura dans les années 1950 [quand il jouait Géo Paquet, dit « le gorille »]...
 
 

DIESEL : Ne lésinez pas sur les pixels !

Poignets de poulet s’abstenir : cette montre connectée Diesel en acier pèse lourd et occupe un bel espace avec sa taille de 47 mm x 56 mm. Dimensions idéales pour doter cette Full Guard d’un écran tactile et d’innombrables fonctions connectées, qui peuvent aller de l’enregistreur d’activités et du capteur de rythme cardiaque au paiement sans contact, en passant par le stockage de musique, les notifications habituelles (Android ou iOS), le suivi GPS et la conciergerie de poignet [on peut poser des questions à la montre !]. Le tout étanche, avec plein de cadrans numériques personnalisables et des couleurs de mode qui ne lésinent pas sur les pixels – on est Diesel ou on ne l’est pas, même pour une montre qui ne dépasse guère les 300 euros ! Les rappeurs ont déjà passé commande, ainsi que les fashion victims, les bad boys, les traders qui n’ont pas encore fait fortune et les oiseaux de nuit, la montre étant particulièrement spectaculaire dans la pénombre des clubs.
 
 

BELL & ROSS : Le culte de la transparence en toute légèreté...

Si on vous présente cette montre dans une position un peu inhabituelle (ci-dessous), c’est qu’il est difficile d’en faire comprendre l’originalité avec une simple image vue de face : ce tourbillon automatique BR-X2 intelligemment squeletté affiche un stupéfiant parti-pris de transparence. Le boîtier, partiellement invisible puisqu’on l’a taillé dans un bloc de verre saphir, semble s’effacer derrière le mouvement, jusqu’à donner l’illusion d’une fusion en un seul bloc des rouages et de leur support. L’extrême minceur du mouvement à micro-rotor enrichit ce concept minimaliste d’un sentiment de légèreté et de simplicité. Il devient encore plus fascinant d’admirer la giration du tourbillon autour de son axe, une fois par minute (vidéo ci-dessous). On préfère ne pas vous avouer le prix, mais ces impressionnantes « sculptures de poignet » – véritables chefs-d’œuvre de l’art horloger contemporain – sont réservées à une élite de collectionneurs cossus et motivés...
 
 

RALF TECH : Émotions fortes jusqu’à 1 000 m de profondeur...

Ambiance « Les commandos partent pour l’aventure, soleil couchant les salue » : la WRX A Hybrid de Ralf Tech (encore une jeune marque française qui a du génie !) a été développée à l’origine (2010) par et pour les nageurs de combat du commando Hubert, une des plus prestigieuses unités d’élite de la Marine nationale. Cette version « civile » ne l’ets pas vraiment, puisqu’elle est quasiment identique à la version « militaire » : désormais étanche à 1 000 m, elle est peut-être même encore « professionnelle » avec son cadran bleu nuit profond, son mouvement automatique (électro-mécanique à quartz avec accumulateur et réserve de marche de 150 jours), ses index super-luminescents, son épais verre saphir bombé (5,9 mm d’épaisseur) et son irrésistible « gueule » de baroudeuse qui sait se faire légère à l’heure des comptes (1 700 euros pour faire le plein d’émotions fortes). Le cadran très « militaire » est un chef-d’œuvre de lisibilité, surtout sous l’eau...
 
 

ULYSSE NARDIN : Un nouveau regard sur les mécaniques du temps...

Cette montre « Free Wheel » est en soi une leçon de haute horlogerie : avec une visée plus esthétique que pédagogique, mais le spectacle n’en est que plus complet, on distingue clairement les différents ensembles fonctionnels de la montre, pour les exposer séparément sur un cadran d’ardoise noire où ils sont protégés par un étonnant verre saphir bombé. Côté mécanique, on repère vite quelques subtilités, comme un tourbillon volant ou un « échappement constant » bourré d’innovations high-tech et de composants en silicium. En montrant et en magnifiant ce que tout le monde s’ingénie à cacher, Ulysse Nardin réinvente l’architecture des mécaniques horlogères, ce qui redonne au temps qui passe un autre goût. Tous les éléments qu’on découvre habituellement au verso de la montre ont été ici « remontés » côté cadran, ce qui renouvelle l’idée qu’on peut se faire d’une montre contemporaine. À ce niveau d’expressivité dans la virtuosité horlogère et dans l’excellence mécanique, on se contente d’admirer et on salue chapeau bas l’exploit d’une manufacture qui n’a pas cessé d’innover depuis sa fondation, en 1846...
 
 
 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

 

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