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Des roses qui éclosent pour chanter un printemps mécanique…
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Atlantic Tac

Quand les petits veulent jouer les grands et quand la course est dans la Lune : c’est l’actualité des montres

Mais aussi une sphère sertie triplement véloce, une plongeuse restylée après quatre décennies, un bouquet de roses mécaniques et des Chinois toujours plus culottés…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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TAG HEUER : Une montre profonde…

C’est une des « plongeuses » (montres de plongée) les plus réussies de ce printemps 2021, peut-être parce cette nouvelle Aquaracer Professional 300 a intégré les codes gentiment rétronostalgiques du nouveau sport chic. À son actif, une inspiration totalement alignée sur les premiers modèles, lancés il y a quarante ans [ça, c’est du vintage !], des couleurs soigneusement étalonnées pour épouser les tendances 2021 [vert, forcément vert, bleu, argent, noir] et un positionnement prix assez intelligent et « commercial » pour regagner quelques parts de marché [comptez entre 2 800 euros et 4 000 euros selon les tailles des sept références proposées]. La lunette à douze facettes a été restylée et retravaillée en céramique : c’est très contemporain. Les huit index des heures ont été repensés dans une forme octogonale qui consonne harmonieusement avec la lunette dodécagonale : on sent le souci du design poussé aussi loin que possible. Les aiguilles ont vu leur forme réaffirmée, avec une coquetterie : une couleur différente du SuperLumiNova pour les heures et les minutes. Des « cornes » plus courtes et mieux galbées affinent la silhouette de la montre et lui apportent une touche urbaine très contemporaine. De là à en faire la « plongeuse » de l’été, il n’y a qu’un pas qu’on s’empressera de franchir…

PURNELL : Une montre à grand spectacle…

Autant vous l’avouer d’emblée, vous avez peu de chances de jamais croiser cette montre au poignet d’un quidam, surtout en France : c’est une pièce unique, tarifée à des niveaux stratosphériques dont nous préférons (par décence) ne pas vous livrer le détail. Cette Escape Primo de la maison indépendante Purnell (Suisse) n’œuvre que dans la complication ultime – ici, un « tourbillon » qui tourne sur trois axes pour mieux réguler la marche de la montre [l’échappement de la montre – ce qui fait tic-tac – fonctionne ainsi dans toutes les positions]. Quand on dit que ce « tourbillon » tourne, c’est un euphémisme tellement il mérite sa qualification de tourbillon trois axes le plus rapide du monde : sa « cage » intérieure tourne sur elle-même en huit secondes ; la « cage » centrale complète sa rotation toutes les seize secondes ; la « cage » extérieure fera sa révolution en trente secondes. Précision incroyable : ce « tourbillon » sphérique sur trois axes ne pèse même pas un gramme (0,831 g exactement) et il est serti de 152 diamants. Tout aussi étonnant : le matériau du boîtier, qui se déploie tout de même sur 48 mm [poignets de poulet s’abstenir !]. Il est réalisé en microfibres WPM (« White Purnell Microfiber), un nouveau composite exclusif, ultra-léger et tout aussi ultrarésistant à la chaleur et aux chocs : on est ici très au-delà des propriétés conventionnelles de la céramique employée par les horlogers. Esthétiquement, les rotations enchevêtrées de ce « tourbillon » sphérique sont hypnotisantes : au poignet, c’est la talking piece absolue – impossible pour vos voisins/voisines de bar de ne pas succomber à la curiosité…

LOUIS MOINET : Une montre de « course »…

D’accord, nous retournerons un de ces prochains jours marcher sur la Lune, mais, en attendant, la conquête de cette Lune demeure une des plus intenses aventures humaines de la fin du XXe siècle. La manufacture indépendante suisse Louis Moinet [ainsi nommée en hommage au plus injustement méconnu des grands horlogers français du XIXe siècle] célèbre cette course vers la Lune qui s’est disputée entre Russes et Américains, de 1966 (date du premier alunissage) à 1976 (date du dernier poser d’une sonde lunaire revenue ensuite sur la Terre) – il faudra ensuite attendre le XXIe siècle pour que d’autres sondes atteignent et reviennent de la Lune. Un authentique fragment des vaisseaux spatiaux qui ont écrit cette légende sélénite est logé dans chacune des quatre montres de la série « Moon Race » : un témoignage qui nous est parvenu après une odyssée interplanétaire d’un million de kilomètres ! Chaque montre décrit de façon artistique et imagée un des quatre grands épisodes de cette course à la Lune, qui passionne toujours les scientifiques – seules six nations ont pu jusqu’ici atteindre la Lune. Les amateurs les plus fortunés pourront même s’offrir ces quatre montres dans un même coffret : les jouets de garçon n’ont pas de prix !

ICE-WATCH : Une montre de « grand »…

On n’y réfléchit pas assez souvent, mais la lecture de l’heure est, pour les enfants, un rude apprentissage, basé sur des codes abstraits : il leur faut mémoriser les chiffres qui correspondent à ce temps qui passe et déduire d’un angle défini par les aiguilles (celles des heures et des minutes) le bon repère dans ce temps qui passe – ceci alors que le cadran ne compte qu’une demi-journée (douze heures sur vingt-quatre). Heureusement, l’aiguille des secondes – celle qui « trotte » autour du cadran – vient animer cette lecture de l’heure en permettant aux enfants de visualiser la course incessante des heures. Toute l’astuce d’Ice-Watch est d’avoir donné à chaque aiguille une couleur, qui sera aussi celle des chiffres concernés : rouge pour les heures, bleu pour les minutes. Ça aide ! Avec une étanchéité à 100 m, tous les exploits sont permis, avec un boîtier en acier qui défie les crash tests dans les cours de récréation. La nouvelle Ice Cartoon est effectivement une « montre de grand » [pas une montre de bébé !], mais en petit format (30 mm), avec des couleurs genrées qui ne mélangent pas les styles : bleu marine (ci-dessous), rouge ou blanc pour les garçons, mauve, parme et bleu ciel pour les filles. Le tout dans cette boîte Becubic, que les enfants recyclent généralement en tirelire ou en boîte à secrets. La valeur n’attendant pas le nombre des années, cette Ice Cartoon n’est facturée que 59 euros, ce qui en fait un cadeau idéal pour une « première vraie montre » pour un anniversaire, une cérémonie religieuse ou un excellent bulletin scolaire…

BON À SAVOIR : En bref, en vrac et en toute liberté…

•••• FRANCK MULLER : qui a dit que les femmes n’aimaient pas les belles mécaniques horlogères ? La manufacture genevoise Franck Muller déconstruit cette idée reçue avec sa nouvelle montre Vanguard Rose Skeleton, qui associe le « squelettage » [une technique de décoration horlogère qui consiste à épurer au maximum, en l’allégeant la structure du mouvement] à un certain expressionnisme esthétique. Les « ponts » du mouvement mécanique ont été redessinés pour composer un bouquet de roses émaillées qui donnent au boîtier avant-gardiste de cette Vanguard une personnalité unique. Cette nouvelle collection se décline désormais dans une grosse quinzaine de couleurs (en haut de la page et ci-dessous), certaines versions s’offrant même quelques poignées de diamants pour affirmer leur précieuse singularité… ••• DOUBLE TOURBILLON : les grandes marques suisses ont peut-être du souci à se faire ! Elles considèrent le « tourbillon » [un raffinement mécanique qui vise à délivrer le mouvement d’une montre des perturbations dues à la gravité] comme le nec plus ultra de la virtuosité horlogère et elles tarifient en conséquence les montres équipées d’un tel « tourbillon ». Le « double tourbillon », qui vise à doubler cette complication pour améliorer encore la précision de la montre [ce qui est rarement le cas !], devient alors la « crème de la crème », avec des prix qui se situent autour des 300 000 euros, voire beaucoup plus. Le problème, c’est que les jeunes horlogers chinois sont en train de casser le mythe avec des « doubles tourbillons » facturé dans les… 750 euros – c’est-à-dire à peu près 400 fois moins cher, avec une esthétique relativement proche. On peut aller jeter un œil sur la campagne des montres Pierre Paulin proposée sur Kickstarter par l’équipe chinoise du Merkur Group : c’est très inspiré par les montres de la maison Roger Dubuis (groupe Richemont), mais le culot de ces horlogers chinois est époustouflant !

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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