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Tous les codes vintage des chronos de l’âge d’or, mais à un prix accessible…
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Atlantic Tac

Quand les lettres tiennent les heures et quand des inconnus raflent la mise : c’est l’actualité martienne des montres

Mais aussi une plongée dans le rétro hollywoodien, un festival de vibrations chromatique, le luxe horloger en location et des bracelets chic en cellulose…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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FURLAN MARRI : Le gang des pastiches…

Le nom de cette marque vous est inconnu : c’est normal ! La maison Furlan Marri (c’est le patronyme des deux fondateurs) n’existe officiellement que depuis deux ou trois jours : elle est née à Genève et elle s’est lancée en souscription sur les réseaux sociaux (Kickstarter), avec un succès phénoménal par les temps de pandémie et de vaches maigres horlogères que nous connaissons : déjà plus 700 000 euros apportés par 1 500 contributeurs en trois jours, dont 500 000 euros pour la seule première journée. Le cap du million d’euros est en vue : un tel engouement n’était plus arrivé sur Kickstarter depuis quelques années. Pourquoi cet emballement des amateurs ? Les raisons sont relativement simples à comprendre : comme la guerre vue par Napoléon, l’horlogerie « est un art simple et tout d’exécution ». Il faut que l’offre réponde à la demande – laquelle demande de montres reste forte, y compris dans les nouvelles générations, pourvu que les montres soient belles, accessibles, ludiques et créatives. Ce que sont, précisément, les chronographes proposés par Furlan Marri. Leur design est irréprochable. Ils sont créatifs dans la mesure où ils compilent dans les moindres détails, avec beaucoup de soin et d’application, les codes vintage des chronographes devenues iconiques des grandes marques de l’âge d’or des montres mécaniques (années 1940 à 1960). Ils sont ludiques dans la mesure où ils font plaisir à ceux qui les portent : à deux tabourets de bar de distance, impossible de savoir si la montre est une Furlan Marri inconnue ou une de ces icônes vintage qui s’arrachent aux enchères. Ils sont accessibles dans la mesure où ce sympathique « gang des pastiches » chronographiques n’est facturé qu’au-dessous des 300 euros, ce qui permet de s’offrir un caprice de qualité (mouvement méca-quartz). L’équipe de Furlan Marri a tout compris : peu importe le flacon pourvu qu’on ait, en 38 mm et avec des cadrans qui entretiennent l’illusion, l’ivresse des chronos stars octogénaires ou septuagénaires de Patek Philippe. Certains amateurs de belle horlogerie, qui portent des montres dix, cent ou même mille fois plus coûteuses, commandent par quatre leurs Furlan Marri pour ne plus risquer de se faire couper le bras par des malfrats qui en voudraient à leurs vrais chronos vintage !

TIFFANY & CO : Autant en emporte le temps…

Le groupe LVMH, nouveau propriétaire français de la vénérable marque américaine de joaillerie Tiffany & Co, ne l’a pas encore relancée. En attendant que l’énorme « machine » de Bernard Arnault se mette en marche pour la prochaine grande guerre de la haute joaillerie, Tiffany & Co nous offre quelques zakouskis de printemps, histoire de nous faire patienter en rêvant sur l’héritage de la marque. Voici donc une gentille réédition qu’on jurerait tirée d’un catalogue des années 1950, sauf que cette montre en or jaune fabriquée en Suisse fonctionne avec un mouvement électronique, ce qui ne gâche en rien l’opulence d’un sertissage de diamants baguette et de brillants (collection de printemps Colors of Nature). Les grandes dames d’Hollywood auraient pu porter cette montre à la grande époque. Leurs arrière-petites-filles les approuveront…

BVLGARI : Police de caractère…

Un cabochon de rubellite rouge rosé sur la couronne de remontage : pas de doute, c’est une Lvcea de Bvlgari. Si vous aviez le moindre doute, regardez de plus près le cadran [qui n’existe pas : on parle alors de montre « squelettée »] et commencez à déchiffrer les lettres qui dessinent un sertissage original de 140 diamants, en comptant ceux du boîtier et du bracelet. Gagné, ce sont les sept lettres du nom de la marque ! Et ces lettres ont une utilité fonctionnelle puisqu’elles servent d’appui aux différents rouages qui font battre le cœur de cette montre automatique de 33 mm. Mine de rien, cette Lvcea est la seule montre sur le marché qui soit expressément squelettée pour les femmes : c’est une fenêtre ouverte sur le temps tel que l’écrit la montre, dans l’esprit de cette Estetica della Meccanica cher au joaillier romain. Cette Lvcea Skeleton est aussi un petit chef-d’œuvre d’intelligence : son allure opulente et raffinée – l’or rose, les diamants, le cabochon, le squelettage de haute horlogerie – s’appuie sur un boîtier en acier (seule la lunette est en or rose) et un mouvement électronique, ce qui permet à Bvlgari de la positionner sous les 10 000 euros – coûteux, certes, mais pas cher pour ce niveau de qualité, d’esthétique et de style pas du tout bling-bling…

ZENITH : Chromatiquement vôtre…

Le jeune artiste argentin Felipe Pantone, 35 ans, est considéré comme une des étoiles montantes de la scène contemporaine. Dans la tradition du op art et du pop art, ses installations et ses graffitis ne lésinent pas sur les couleurs, ni sur les motifs géométriques enchevêtrés. Il était fatal qu’il rencontre sur son parcours une marque horlogère assez audacieuse pour lui confier le restylage d’une montre. Zenith a sauté sur l’occasion : le chronographe Defy 21 revu et corrigé par Felipe Pantone mérite : on ressent dans la vibration chromatique du cadran la passion d’un artiste qui adore jouer avec le spectre des couleurs et les diffractions de la lumière. Les tons du traitement de surface des composants sont étudiés pour « électriser » le regard, alors que les aiguilles « tremblent » dans leur déformation en arc-en-ciel – du jamais vu dans l’univers de l’horlogerie traditionnelle dont Zenith était jusqu’ici un élève particulièrement sage. Cette audiacieuse association entre une mécanique du temps et la dynamique visuelle d’un artiste aussi tonitruant est parfaitement menée : on ne peut que se féliciter de voir la vénérable horlogerie suisse sacrifier ses codes surannées à l’explosivité de l’art contemporain – ceci sans y perdre son âme, au contraire !

BON À SAVOIR : En bref, en vrac et en toute liberté…

•••• BREITLING : quoi de plus simple que d’essayer d’abord la montre, chez soi, bien tranquillement, d’être sûr de faire le bon choix et de la payer ensuite, le tout en ligne, avec la possibilité de retourner la montre à Breitliong si elle ne convient finalement pas ? C’est le programme #BreitlingSelect, déjà disponible aux États-Unis et bientôt en Europe. Cette forme de souscription [on pourrait également parler de location] permet aux amateurs enregistrés sur le site de la marque d’essayer jusqu’à trois montres sur un an, pour l’équivalent de 450 dollars d’adhésion annuelle au programme et une souscription mensuelle de 130 dollars. En proposant cette expérience unique à vivre avec une Breitling au poignet, la maison Breitling entreprend de révolutionner la relation entre une marque et ses clients. C’est une nouvelle façon d’approcher l’univers Breitling, où qu’on soit dans le monde, avec, à la clé, des prix spéciaux grâce à des points acquis tout au long de l’année pour s’offrir la montre dont on rêve vraiment. Ce programme #BreitlingSelect est une pierre miliaire dans l’histoire des montres de luxe… ••• IWC : « Timbertex », c’est le matériau à base de papier recyclé que la maison IWC nous propose pour se conformer aux nouveaux codes de la morale environnementale. Cette matière est composée à 80 % de fibres végétales naturelles (cellulose d’arbres issus de forêts elles-même gérées de façon responsable et durable). Les teintures sont naturelles et les fils des coutures sont eux-même recyclés. L’aspect de ces bracelets (ci-dessous) présente un « grain » irrégulier mais très esthétique qui rend unique chaque bracelet en Timbertex. Si, en plus de faire plaisir, on peut faire du bien à la planète, pourquoi pas ? ••• CLUBHOUSE : vous avez déjà un train de retard si vous n’avez pas déjà été parrainé pour intégrer ce réseau social où l’on cause et l’on bavarde jusqu’à des heures impossibles. C’est en tout cas le seul où il est possible de dialoguer en direct avec les jeunes patrons de l’horlogerie indépendante et les créateurs des montres qui vont rêver. C’est là qu’il faut être ces jours-ci (« The place to be »), mais ça changera peut-être dans quelques semaines : ce besoin pressant de « libérer la parole » s’explique aussi par le confinement et le télétravail…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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