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Atlantic Tac

Quand le rouge se met à fumer et quand la cible a du plomb dans l’heure : c’est l’actualité caniculaire des montres

Mais aussi le retour d’une règle à calcul circulaire, un compte-tours qui fait reculer les minutes, une suspente de parachute qui résiste à tout et une plongeuse d’une fidélité irréprochable…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ARTYA : Cœur de cible…

Heureusement pour elle, l’horlogerie suisse compte un certain nombre de créatifs en éruption permanente, qui rêvent tous de renouveler notre conception du temps qui passe. Yvan Arpa, le créateur du label Artya [pour Art Yvan Arpa] – est un des plus singuliers de cette bande de sympathiques zigotos. Chacune de ses montres est quasiment une pièce unique et rien ne l’effraie, ni le caca de dinosaure [ce n’est pas une blague, il a taillé un cadran dans un coprolithe de l’ère secondaire], ni la grande complication mécanique [il propose également des montres à sonnerie traditionnelles et on ne peut plus orthodoxes], ni l’objet du temps politiquement incorrect par excellence, comme cette « Son of Gun Ammo-2 », dont le cadran – centré autour d’une cible – et le boîtier servent de barillet à quelques (vraies) cartouches de 6 mm Flobert, la « bosquette » créée en 1845 par l’armurier parisien Louis Nicolas Flobert [c’était la munition d’entraînement préférée des tireurs français jusque dans les années 1960]. La montre affiche des dimensions généreuses (47 mm), un Swiss Made à peu près authentique (mouvement automatique) et un prix hélas tout aussi suisse – comptez dans les 14 000 euros ! On vous déconseille de porter cette montre pour passer les portiques de sécurité dans les aéroports, mais certains oligarques venus de l’Est exigent de pouvoir tirer eux-mêmes les cartouches logées dans leurs montres…

RESERVOIR : Course en tête…

Récemment lancée sur une orbite de succès international, la nouvelle marque indépendante française Reservoir coche à peu près toutes les bonnes cases, tant par la qualité de ses montres que par l’intelligence de sa politique commerciale. Pour la référence de qualité, Reservoir a choisi le Swiss Made, mais le style est indéniablement français, comme en témoigne cette GT-Tour d’un très élégant bleu sportif ponctué de rouge dans l’esprit des compte-tours automobiles. Un grand guichet à six heures pour les heures « sautantes », une grande aiguille rétrograde pour les minutes et un affichage façon jauge pour la réserve de marche (boîtier de 43 mm et mouvement automatique suisse : 3 850 euros avec un bracelet cuir surpiqué de rouge). Le bleu a toujours été la couleur des Français du temps où les compétitions automobiles se couraient par équipes nationales : Reservoir prouve son intention de faire la course en tête. Cette GT-Tour ne manque pas d’ambitions…

VICTORINOX : Résistance maximale…

Célèbre pour ses « couteaux suisses », la maison Victorinox propose également des montres dans le même esprit pratique, résistant et accessible. La collection I.N.O.X. résiste à peu près à tout, même à l’écrasement par une chenille de char d’assaut ! Cette version camouflage associe un boîtier en composite de carbone (léger et presque indestructible) à un mouvement à quartz suisse et à différents bracelets (caoutchouc, métal ou paracorde – le tressage subtil d’une suspente de parachute longue de plusieurs mètres : ci-dessous). C’et la montre active par excellence, avec une étanchéité à 200 m et une vocation à subir les pires épreuves (environ 1 000 euros). On peut l’assortir à un couteau suisse traditionnel, le tout proposé dans un coffret en édition numérotée, lui aussi à toute épreuve…

H. MOSER & CIE. : Alerte rouge…

Au poignet, il fallait oser ce rouge « fumé » (dégradé de la périphérie vers le centre), mais la jeune équipe suisse de la vénérable marque H. Moser & Cie. n’en est pas à une audace près : c’est bien H. Moser & Cie. qui a imposé au marché ces cadrans « fumés » [aujourd’hui repris par de nombreuses marques]. La nouvelle Pioneer Centre Seconds Swiss Mad Red est la sportive chic qui s’impose par la flamme ardente de son cadran autant que par l’élégance de ses lignes, d’une remarquable sobriété (42,8 mm, verre saphir bombé, mouvement automatique « maison »). Avec une étanchéité à 120 m et un bracelet en caoutchouc, il n’est plus interdit d’aller taquiner les poissons des récifs coralliens, histoire de leur démontrer que les humains palmés savent aussi jouer avec d’aussi intenses couleurs – ce rouge est vraiment Swiss Mad (fou) ! Vous savez quoi ? Pour un peu plus de 12 000 euros, vous aurez du mal à trouver un tel concentré de non-conformisme horloger avec un tel indice de créativité chromatique…

EBERHARD & CO : Fidèlement vôtre…

Fermement Swiss Made, mais sous influence italienne du fait de ses propriétaires italiens, la maison Eberhard & Co est une des plus sympathiques marques de la moyenne gamme suisse. Elle s’efforce de maintenir une tradition de montres accessibles à des standards irréprochables de qualité esthétique et mécanique. Témoin, cette réédition de la Scafograf 300 MCMLIX (en chiffres romains : 1959, date de lancement de cette « plongeuse »), qui reprend à peu près intégralement les codes de l’époque [notamment les index luminescents surdimensionnés], avec une lunette en céramique noire pour la touche contemporaine et un bracelet en cuir « brut » pour la touche vintage (on peut aussi opter pour un bracelet en caoutchouc). Une vraie friandise pour les nostalgiques des montres de l’âge d’or, à un prix qui sait rester accessible (2 600 euros) et avec le prestige intact d’une marque qui ne se galvaude pas au poignet de n’importe qui : Eberhard & Co, c’est un signe extérieur de richesse intérieure pour les amateurs d’horlogerie…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

••• KLOKERS : c’est la bonne nouvelle de ce début d’été. Naufragée voici dix-huit mois, la jeune marque française indépendante Klokers est de retour après avoir tant bien que mal digéré ses maladies infantiles. Cette relance s’opère sous la vigilance d’un des cofondateurs de la marque, née il y a cinq ans (janvier 2014). L’objectif reste de proposer une nouvelle montre par an, en restant dans l’esprit Klokers, qui est une des propositions les plus originales formulées par la jeune horlogerie française depuis quelques années. La première série de cette renaissance reprend le fameux modèle Klok-01, dans une version à cadran anthracite : on peut y lire les heures, les minutes et les secondes comme sur une règle à calcul circulaire, grâce à une sorte d’aiguille fixe qui sert de repère. Les prix restent sympathiques pour ce qui niveau de créativité et de qualité Swiss Made (autour de 550 euros)… ••• SALONS HORLOGERS : après avoir sabordé – pour cause de pandémie, mais pas que – le rendez-vous annuel de Baselworld [principal salon international de l’horlogerie], la Suisse rêvait de ne plus proposer qu’une seul salon horloger dans un même lieu et à la même date. Les démons de la scissiparité l’ont emporté : alors qu’aucun salon n’aura pu être organisé en 2020, on compte actuellement six projets en concurrence pour 2021, dans au moins trois villes différentes (Genève, Bâle et Lausanne) et à des dates pas forcément coordonnées…

 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004... 

 

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