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Quand le noir passe au blanc et quand le design horloger est de retour : c’est l’actualité des montres à l’heure du Covid-19

Mais aussi l’infinie sagesse d’un calendrier qu’on réglera en mars, la passion déjantée portée par une jante et la montre qui sent bon le sable chaud…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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LAURENT FERRIER : La haute lignée mécanique…

Pour réussir une montre qui témoigne d’une aussi haute culture horlogère, il faut un œil très affûté et quelques dizaines d’années de fréquentation des grands chefs-d’œuvre de la montre mécanique. Heureuse coïncidence : Laurent Ferrier, le « papy de la nouvelle génération », a le crayon aussi affûté que le coup d’œil et il a passé des dizaines d’années à dessiner et à peaufiner des détails horlogers d’un infini bonheur esthétique. Son Galet Calendrier annuel montre école est là pour démontrer qu’une belle montre n’est que la résultante d’une chaîne de patientes résolutions. « Galet » pour la forme du boîtier en acier de 40 mm, aux volumes arrondies comme un galet, un peu dans l’esprit des montres de poche si agréables à toucher [aujourd’hui, on « touche » beaucoup moins sa montre-bracelet]. « Calendrier annuel » pour l’affichage horloger que propose le cadran opalin traité avec des tons qui s’orientent vers l’or jaune matifié autant que vers l’or rose patiné : deux guichets pour le jour de la semaine et le mois, un calendrier « circulaire » pour la date, indiqué par une aiguille centrale, une « petite seconde » (à six heures) pour la précision de la montre, qui propose évidemment un affichage de l’heure et des minutes au centre – admirez au passage le galbe des aiguilles. Pourquoi calendrier « annuel » ? Le mouvement reconnaît les mois de trente jours et ceux de trente-et-un jours, mais il faut régler la date au premier mars du fait de l’irrégularité du mois de février : c’est un jeu d’enfant, une fois par an, avec le poussoir latéral de la montre. Enfin, « montre école » parce que cette pièce s’inscrit dans la tradition des « montres école », qui correspondaient un peu aux « chefs-d’œuvre » compagnonniques : des finitions incomparables pour démontrer que l’élève a bien intégré tous les codes de la culture horlogère, un mouvement mécanique à remontage manuel (235 composants) lui aussi soigné dans les moindres détails de précision et de terminaisons manuelles, un vrai « style » – celui des beaux-arts traditionnels de la montre suisse. Une telle réussite est forcément rare (cinq exemplaires seulement) et plutôt coûteuse (un peu moins de 50 000 euros), mais c’est un prix à comparer avec ceux que proposent beaucoup plus connues dont la qualité d’exécution n’arrive pas à la cheville de ce Galet de haute lignée mécanique…

IKEPOD : La haute école du design horloger…

Le retour en force des « montres de designer » remet sur le devant de la scène une marque comme Ikepod, fondée en 1994 et chahutée depuis dans diverses péripéties : aujourd’hui, Ikepod est un des fleurons de la nouvelle génération des Français de l’horlogerie indépendante. La nouvelle Megapod propose un mouvement automatique et un cadran redessiné par Alexandre Peraldi, un des plus percutants des designers suisses [passé par l’école des plus grandes marques, il dessine aujourd’hui pour son compte]. Pour un millier d’euros, cette Megapod est la montre qui peut convertir au design horloger contemporain les amateurs d’esthétiques plus classiques et c’est une future pièce « classique », voire une icône pour les collectionneurs : Ikepod, c’est ce qui reste quand on a tout oublié de ses Rolex, de ses Patek Philippe ou de ses Hublot. Le boîtier ovoïde en « soucoupe volante » ne fait pas du tout ses 46 mm au poignet : c’est la quintessence de ce « style Ikepod » qu’Alexandre Peraldi a réussi à capter avec ses nouveaux cadrans, disponibles en différentes couleurs et avec différentes dispositions des chiffres et des index. On saluera au passage la réussite des aiguilles dont l’orange contraste avec les chiffres « cachés » du cadran. Attention, la montre est pour l’instant en souscription sur le site de la marque, mais uniquement pour les heureux possesseurs d’une édition précédente : il faut donc guetter le lancement sur Kickstarter, à la mi-mars, ou intriguer bassement auprès de la marque pour en précommander une (livrable en mai) à un tarif intéressant…

CHANEL : La haute culture esthétique…

Même si les montres Chanel sont Swiss Made (c’est juste un indicateur de qualité), elles sont si françaises dans leur âme et dans leur esprit qu’on peut même le considérer comme l’expression impertinente du nouvel esprit qui souffle place Vendôme, où elles sont conçues. Prenez l’exemple de la nouvelle J12 Paradoxe. Cette collection J12, lancée en céramique noire et vite instituée en première icône horlogère du XXIe siècle, est ensuite revenue nous séduire en céramique blanche, mais c’est la première fois – là est le paradoxe ! – qu’on nous la propose en noir et blanc. Une façon très Chanel de fêter les vingt ans de la J12, soit un âge où on voit encore la vie en noir et blanc, quand on vit et le jour et la nuit avec intensité. Une partie blanche, une partie noire (ou vice-versa : les deux options existent), qu’on parle du boîtier, de la lunette ou du cadran. Le noir qui répond au blanc ou le blanc qui équilibre le noir : aucun paradoxe ne saurait faire peur aux femmes qui portent une J12 et qui ne craignent pas de passer de l’ombre à la lumière. Une vraie gourmandise pour les urbaines audacieuses qui seront peut-être tentées par une rétronostalgie pour cet op art (art optique) qui avaient passionné les années 1960. Une belle montre, capable de faire un tel clin d’œil de séduction, c’est toujours un jeu de lumières bien maîtrisé : Chanel excelle dans cet art…

 

BOMBERG : La haute passion mécanique…

Avec une marque aussi disruptive que Bomberg,on peut s’attendre à tout, même à un certain retour au classicisme : la nouvelle série des BB-01 automatiques illustre cette passion retrouvée pour les montres expressives qui savent flirtent – non sans humour et insolence – avec les codes de l’horlogerie traditionnelle. Notez la couronne de remontage déportée à deux heures : Bomberg n’allait tout de même pas la mettre à trois heures, comme tout le monde !Bomberg vous propose tout simplement de porter au poignet une « machine de course » Swiss Made pour affronter les pistes urbaines et les circuits de course du quotidien contemporain : pour ceux qui n’auraient pas compris, le cadran évoque une jante, le disque de la date rappelant les freins à disque d’une roue. C’est un hommage plutôt viril à la passion automobile, au culte de la vitesse et au goût de l’action. Prêts ? partez !

CHARLIE PARIS : La haute aventure dans les sables…

La couleur du bracelet en toile donne le ton : on est bien plus du côté de Lawrence d’Arabie que des jungles urbaines. Le style « militaire » du cadran confirme cette vocation aventurière, avec des index et des aiguilles pré-patinées (ivoirées) qui contrastent de façon encore plus lisible avec le cadran noir légèrement « fumé ». En retournant la montre, la gravure « Dune » évoque cette ambiance qui sent bon le sable chaud. Pour le reste, le boîtier en acier est rond, comme il se doit quand on s’inspire d’une icône vintage, d’une taille modérée, avec un verre saphir bombé et une étanchéité baroudeuse à 300 mètres. Avantage complémentaire de cette nouvelle Concordia : elle est dessinée et assemblée en France, d’où son prix plus accessible que celui de bien des propositions suisses comparables (245 euros). Une montre porteuse d’une bonne nouvelle : la jeune horlogerie française se porte mieux que jamais !

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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