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Inspirée par les insignes à tête de mort des parachutistes américains largués en Normandie un matin de juin 1944, une Bell & Ross talismanique…

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Quand le diable ouvre le mauvais œil, quand bronzent les têtes de mort et quand les vierges préraphaélites sont de retour : c’est l’actualité des montres…

Mais la nouvelle mode métallurgique, la montre d’aéronef aux parfums rétro-nostalgiques et le jeune créateur français qui a tout compris de l’horlogerie générationnelle…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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BELL & ROSS : La mort tombée du ciel…

Depuis les âges préhistoriques, la tête de mort est une compagne symbolique des guerriers qui en faisaient à la fois un talisman pour conjurer le mauvais sort et un signal d’effroi pour les ennemis. La marque française Bell & Ross en reprend la tradition avec sa BR 01 Skull (« crâne »), réinventée dans un boîtier en bronze qui reprend les ossements en croix associés au pavillon traditionnel des pirates – le fameux « Jolly Rogers » – et aux insignes de parachutistes américains de la Seconde Guerre mondiale – ceux qui ont sauté sur la Normandie le jour J, avec l’inscription « Death from above » brodée sur leur écusson (ci-dessus). Notez aussi les aiguilles en forme de poignard et de sabre : c’est plus viril, surtout dans une version monochrome ton sur ton (boîtier, aiguilles, cadran). Le dessin de la tête de mort est luminescent dans l’obscurité. Avec le temps, le microbillage de cette Skull bronze va se patiner en fonction de la vie quotidienne de son propriétaire (température, hygrométrie, acidité de la peau, régime alimentaire, frottements au fil des saisons, etc.) et acquérir une nuance singulière, avec une oxydation plus ou moins marquée, qui fera de chaque montre une pièce unique au style parfaitement vintage. Vocation confirmée par le bracelet en cuir patiné.


ROGER DUBUIS : Au cœur des modes métallurgiques du moment…

Apparemment, le bronze est en vogue chez les horlogers. En exclusivité pour la boutique parisienne de Roger Dubuis, une Excalibur mêle harmonieusement l’or rose, le plus à la mode des métaux précieux, et un cadran en bronze, le plus précieux des métaux à la mode. 42 mm pour un boîtier très portable, un style musclé sans excès, animé par le décrochage du XII et du VI, et un mouvement « manufacture » de belle exécution : cette Excalibur s’annonce aussi bien trempée que l’épée qui l’inspire. L’idée n’est plus ici de laisser « vieillir » le bronze pour lui donner une patine toujours imprévisible, mais de jouer sur les nuances esthétiques de ce bronze pré-patiné, dans une logique d’originalité, pour séduire les amateurs de « jouets de garçon » pas comme les autres. Il n’y aura que 188 exemplaires de cette Excalibur « bronzée » – le double huit de cette limitation est un clin d’œil aux amateurs chinois, qui adorent ce chiffre.

 

GUCCI : Les vierges préraphaélites sont de retour…

Après le gros accident industriel provoqué par sa surexposition en Asie, la marque Gucci se refait une santé en revenant aux racines de son identité, jusque dans les montres, qui avaient tant bien que mal résisté à la déconfiture asiatique. En témoigne la nouvelle campagne pour la collection Diamantissimo, qui souligne bien la vocation d’élégance à l’italienne de la marque, dans une atmosphère de féminité soulignée et de séduction bien loin des dérives précédentes dans le « porno chic ». L’ambiance visuelle est plutôt préraphaélite, quoique très florentine, avec ce décor « Diamante » inventé par Gucci dans les années 1930 : les cadrans sont minimalistes et les boîtiers simplement raffinés, avec de jolis contrastes entre l’or et le noir du motif. Une montre… guccissime, qu’on attendait depuis de trop nombreuses saisons, bien servie par une campagne efficace ! C’était notre séquence « Un peu de douceur dans un impitoyable monde de bronze »…

WILLIAM L 1985 : L’horlogerie « à la française » a son mot à dire…

Regardez la montre ci-dessous et dites un prix : vous aurez certainement un ou deux zéros de trop. Son créateur, un jeune entrepreneur français frotté d’horlogerie suisse, a décidé de proposer au grand public le chronographe que ses copains (moins de trente ans : le 1985 est l’année de sa naissance, la marque était plus ou moins éponyme) lui réclamaient. Quelque chose qui ait l’air d’une vraie montre, un peu à l’ancienne, avec les coquetteries de rigueur chez les amateurs (boîtier rond de 40 mm qui ressemble à un vrai boîtier en or, cadran deux compteurs dans le goût vintage, poussoirs « champignon », bracelets interchangeables). Pour contenir le prix autour des 120 euros, il a lancé une première série à quartz, en souscription, sur Kickstarter, le site de financement collaboratif. Il espérait 39 000 euros pour se lancer : il a déjà récolté près du double et sa première série est épuisée ! Comme quoi un beau design à un prix intelligent peut ranimer les envies de belles montres : c’est exactement le genre de montre qu’on s’achète pour avoir un bel objet au poignet sans craindre de le détruire (plage, sport, week-end) ou de se faire couper le bras (pays à risques). William L, ce n’est pas la montre ultime des amateurs, mais leur recette de dignité : on s’en sert comme d’une Swatch, mais ça ressemble à une vraie montre. Les amateurs ne s’y sont pas trompés sur Kickstarter. Bonne nouvelle pour les intégristes du tic-tac : une version à mouvement mécanique est en cours de réalisation. Saluons avec plaisir cette excellente initiative française…

 

RICHARD MILLE : Une conjuration du mauvais œil…

Pour sauter de William L à Richard Mille, le plus brillant des horlogers français, il faut ajouter plusieurs zéros et quelques unités à la facture finale, mais les oligarques n’en sont pas à quelques euros de plus ou de moins. La RM 26-02 Evil Eye est un porte-bonheur fatidique autant qu’une montre de haute mécanique. Le mauvais œil est une croyance commune à la plupart des civilisations : on le conjure ici avec un trèfle à quatre feuilles, là avec le Nazar Boncuk des Turcs ou avec le fil rouge de la tradition juive, ailleurs avec l’œil d’Horus repris par les Grecs, partout avec des amulettes dont les mascarons (masques grotesques) de nos monuments classiques sont les héritiers. Pourquoi pas une montre-talisman ? Plus visionnaire que jamais, Richard Mille déchaine autour de son œil protecteur les flammes de l’enfer, attisées par les couleurs de l’émail grand feu qui les fait se tordre autour d’un mouvement mécanique aux performances superlatives. Le malin rôde, mais la RM 26-02 le mettra en déroute…

ZENITH : Le ciel nous appartient…

Et, pour terminer, une nouvelle montre en bronze, toujours avec une inspiration plus ou moins guerrière, cette fois chez Zenith, qui renoue avec sa tradition des montres de pilotes. On l’avait un peu oublié, mais la maison Zenith est associée à l’aviation depuis les premiers fous volants sur leurs drôles de machines : c’est sur un compteur de bord Zenith que Louis Blériot a surveillé sa première traversée de la Manche, en 1909. Plus tard, Zenith a équipé l’aviation militaire française et posé les codes des montres destinées à l’aéronautique : ce sera l’épopée des « Type 20 », nom administratif des modèles de montres exigés par l’armée de l’Air. La nouvelle « montre d’aéronef Type 20 » – joli nom, bien en phase avec le concept – s’annonce donc avec un boîtier en bronze de 45 mm, qui se patinera pour parachever le style vintage de son cadran (aiguilles à l’ancienne, chiffres surdimensionnés comme on les faisait il y a un siècle) et de sa couronne « boule », prévue pour être manipulée avec des gants. Même le bracelet en nubuck joue dans la catégorie « à la l’ancienne ». Le fond en titane est gravé d’un dessin de l’avion de Louis Blériot. La grande aventure est au bout du poignet…

 

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