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Quand l’octogone redéfinit le classicisme et quand l’étrier d’acier fait danser les chiffres : c’est l’actualité des montres en mode pluviôse

Mais aussi le retour d’un « tracteur » chronographique, l’audace mécanique de la jeune génération tricolore et l’élégance d’une nouvelle Lune féminisée…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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BVLGARI : Feu sur les codes de l’horlogerie « pépère »…

C’est une des meilleures nouvelles horlogères de ce début d’année : la déjà fameuse Octo Finissimo de Bvlgari devient (un peu) plus accessible et gagne définitivement sa place parmi les futures icônes des montres du XXIe siècle. Rappelons au passage que Bvlgari, dont la légitimité horlogère restait très modeste à l’aube des années 2000, a réussi en une décennie un spectaculaire parcours horloger, qui a vu la marque s’affirmer par une série de « records horlogers » (notamment dans le domaine de la minceur et de la « furtivité »), mais aussi par une esthétique avant-gardiste qui aurait tendance à démoder les icônes précédentes et à casser les codes de l’horlogerie « pépère ». La nouvelle Finissimo en acier a été à peine épaissie (moins de deux dixièmes de millimètre) pour gagner une étanchéité à 100 m, ce qui en fait, avec son bracelet en acier poli satiné, la plus épatante des « sportives chic » qui sont tellement à la mode. Côté design, c’est la plus originale et la plus élégante, mais peut-être aussi la plus « portable » par sa légèreté, de ces montres qu’on peut porter au bureau comme en week-end, à la ville comme à la plage. Côté mécanique, le mouvement automatique extra-plat reste un chef-d’œuvre de l’horlogerie contemporaine. Pas la moindre ostentation dans ces lignes d’une rare complexité dans leur évidence subtilement architecturée, mais une « présence » au poignet stupéfiante. Même le prix (autour des 11 000 euros) reste relativement modéré par rapport à la version précédente en titane, plus radicale sans doute, mais plus « extrême ». On veut bien parier que cette Octo Finissimo de Bvlgari sera, pour les amateurs de montres du XXIe siècle, ce que l’Oyster de Rolex avait pu devenir pour les amateurs du XXe siècle : le « classique » statutaire incontournable et la montre basique de toute collection digne de ce nom... 

THÉO AUFFRET : La jeune garde française fait sa révolution…

En marge des « grosses machines » et des « grandes » marques de la montre, il y a une myriade de jeunes horlogers indépendants, de plus en plus souvent français, qui semblent détenteurs de l’honneur créatif d’une tradition mécanique forte de quatre siècles de légitimité. Un exemple parmi d’autres, mais non des moindres : Théo Auffret, vingt-cinq ans, qui a ouvert un atelier à Paris et qui ne craint pas de se frotter à ses prestigieux aînés suisses – peut-être parce qu’il en a le talent et l’inventivité en plus de la virtuosité. Ses montres – la production est évidemment confidentielle et la plupart du temps « sur mesures » (on parle ici de grande mesure) – témoignent d’une intelligence certaine de la « complication » horlogère en même temps que d’un souci tout aussi évident de réinterpréter en termes contemporains les traditions mécaniques de l’horlogerie « classique ». Une description rapide : un affichage « régulateur » des heures et des minutes (aiguilles décentrées pour améliorer la lisibilité), un tourbillon pour la précision, des finitions de folie et de l’or, du platine ou de l’argent là où il faut quand il faut (cadran, boîtier, qu’on peut demander en acier). Rien ou presque qui ne soit fait à la main, par l’« artiste », dans un atelier de « haute couture horlogère » qui mérite vraiment le nom de « manufacture ». Pour tout amateur un tant soit peu exigeant, cette horlogerie « radicale » est un enchantement. Pour tout investisseur malin, c’est un placement intelligent. Pour tout honnête homme du XXIe siècle, c’est le fascinant témoignage d’une émouvante transmission de l’immémoriale culture des objets du temps. Deux siècles après Breguet, Berthoud, Janvier ou Moinet, quel plaisir de voir des jeunes Français prendre la relève de leurs grands anciens…

TAG HEUER : Un néo-chronographe néo-traditionnel…

Entamée cette semaine avec la LVMH Watch Week de Dubaï, l’année horlogère sera polarisée chez TAG Heuer autour de deux initiatives : le lancement d’une nouvelle génération de montres connectées, dont la marque attend beaucoup pour séduire les milléniaux (nous vous en reparlerons en mars) et le relancement d’un des piliers du patrimoine de la marque : la collection Carrera, née en 1962. Comme la maison TAG Heuer (hier Heuer tout court) est née en 1860, il y a donc 160 ans cette année, elle éditera pour cet anniversaire une version spéciale de la Carrera, en 1 860 exemplaires qui seront comme un hommage à cette tradition et un adieu aux anciennes Carrera. Cette version du cent-soixantième anniversaire compile donc tous les marqueurs de l’identité Carrera : le boîtier rond en acier de taille raisonnable (39 mm et une nouvelle minceur, pour une étanchéité poussée à 100 m), le cadran argenté à trois compteurs, les aiguilles à facettes, le verre saphir bombé et les poussoirs ronds. En revanche, le mouvement automatique est tout neuf, puisqu’il s’agit du calibre Heuer 02, le nouveau « tracteur » chronographique de la marque, nettement moins épais, qui dispose néanmoins de 80 heures de réserve de marche : on allie ainsi l’allure vintage de la montre, qu’on croirait née dans les mythiques années 1960, à la sécurité d’un mouvement de haute mécanique contemporaine. Comme on peut le vérifier sur le cadran, ce n’est plus tout-à-fait une TAG Heuer, mais une Heuer ! Sauf qu’elle est motorisée par la manufacture TAG Heuer, mais on ne pourra pas le vérifier puisque le fond en acier gravé « One of 1860 » cache le mouvement et sa « roue à colonnes » traditionnelle…

HERMÈS : Un affichage mystérieusement dynamique des heures…

Arceau est une collection emblématique des montres Hermès, reconnaissable à son « étrier » posé sur le haut de chaque version : la nouvelle édition « Squelette » de cette Arceau sait jouer avec les ombres – notamment celles du cadran « fumé », si furieusement tendance ces derniers temps – et les lumières d’une transparence qui dévoile les rouages et les ponts du mouvement automatique. Disposés en ronde stylisée autour de ce boîtier en acier de 40 mm, les chiffres arabes argentés apportent leur dynamique et leur rythme entraînant à cet affichage un peu mystérieux des heures. Il se dégage de cette Arceau une jolie impression de légèreté très française, avec une belle expression d’élégance dans la sobriété des volumes et des courbes. Une Arceau, sinon rien ?

ZENITH : La sobriété séduisante d’une lune très élégante…

La manufacture Zenith trahissait jusqu’ici quelques lacunes en matière de montres féminines – le machisme est une maladie endémique chez les horlogers suisses, surtout les plus traditionnels. Renversement de tendance avec la nouvelle collection Defy Midnight, bâtie autour d’un boîtier en or de 36 mm, finement ourlé de diamants. Le cadran argenté, au guillochage « soleillé », est ponctué par un guichet rond dans lequel s’ouvre le guichet d’un affichage des phases de lune dans un ciel de nuit clouté d’étoiles d’or. La « petite seconde » à neuf heures bat discrètement la cadence du temps qui passe. Le style horloger de cette montre sans ostentation est sobrissime [on la portera sans souci au quotidien comme dans des occasions plus « habillées »] et le prix sait rester relativement raisonnable (« relatif », en Suisse, s’écrit tout de même dans les 15 000 euros pour le modèle en or rose avec 75 diamants, pour 8 000 euros en acier sans diamants). Chaque Defy Midnight sera livrée avec trois bracelets différents, tous facilement interchangeables (dont une version à boucle déployante elle aussi prévue pour passer sans souci d’un bracelet à l’autre), pour changer de style au gré des saisons, des humeurs et des parures du moment. Pour rassurer les puristes, le mouvement automatique extra-plat est purement « manufacture » (Élite 692). On se demande pourquoi Zenith a autant attendu pour faire un aussi convaincant clin d’œil aux dames de notre vie…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004... 

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