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Quand l’homme-araignée reste prisonnier et quand les poissons se réjouissent : c’est l’actualité des montres au cœur de l’automne
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Atlantic Tac

Quand l’homme-araignée reste prisonnier et quand les poissons se réjouissent : c’est l’actualité des montres au cœur de l’automne

Mais aussi les heures-lumières d’une nuit de pleine Lune, les songes d’une vie rêvée quelque part en Italie, des paillettes d’étoile qui défient le prochain millénaire, et plein de bonnes nouvelles d’un week-end plein de montres à vendre…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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H. MOSER & CIE. : Des paillettes d’étoiles dans la Lune…

L’apparition d’une Lune dans le ciel d’étoiles de cette Endeavour Perpetual Moon reproduira toutes les « phases » de la Lune sans un seul jour de retard en plus d’un millénaire (1 027 ans pour être précis) ! C’est dire la maîtrise du temps dont la marque indépendante suisse H. Moser & Cie. peut se flatter. Dans ce boîtier en or rouge de 42 mm, cette manufacture propose un superbe mouvement mécanique doté de sept jours de réserve de marche (on ne remonte manuellement ce mouvement qu’une fois par semaine), avec quatre aiguilles très élégantes qui font la ronde au-dessus d’un ciel en aventurine. Quatre aiguilles ? Mais oui : on reconnaît facilement les heures, les minutes et les secondes, mais aussi, au centre, une discrète micro-aiguille centrale qui indique dans sur vingt-quatre heures dans quelle partie de la journée on se trouve (c’est utile pour le réglage minutieux des phases de la Lune. Une élégance sans défauts pour servir une mécanique sans faiblesses…

DOXA : Les poissons se réjouissent de son retour…

La 300 Sub 300T Conquistador fête cette année son premier demi-siècle : en 1969, cette montre Doxa était une des plus fameuses « plongeuses » chez les amateurs de loisirs subaquatiques. C’était même la première et la seule montre de plongée grand public de cette époque à proposer, en plus d’une « valve à hélium », une lunette tournante unidirectionnelle qui affichait les temps de décompression. Son cadran orange, parfaitement lisible sous l’eau, s’est rendu célèbre au poignet des plus célèbres plongeurs de ces années-là – notamment le poignet du commandant Cousteau, qui adorait sa Doxa. Cette marque suisse est de retour sur le marché, forcément avec cette Conquistador, intelligemment modernisée : elle est dotée d’un verre saphir et son étanchéité est éprouvée jusqu’à 1 200 m de profondeur (120 bars), mais elle a conservé sa lunette tournante à double indication de la durée de plongée en minutes et de la profondeur en pieds. Pour le plaisir des yeux, six nouvelles couleurs sont proposées : orange (c’est la tradition !), mais aussi jaune, bleu marine, bleu turquoise, argenté et noir. Encore mieux : le prix très accessible pour une pièce de cette qualité, contenu sous les 1 800 euros (bracelet acier ou caoutchouc).

HERMÈS : Dans les lumières de la nuit…

C’est la Lune qui se charge d’afficher le temps qui passe sur cette Arceau Ronde des heures signée Hermès : si les minutes visent très loin au-delà du cadran, les heures ne sont pas pointées par une aiguille, mais par le disque lunaire qui révélant, au fil de la journée, chaque heure dans son clair de la Lune nacré. Une superbe idée poétique, soulignée par la délicatesse des chiffres qui sont dévoilés par cette Lune irisée et par le mystère nocturne entretenu par l’éclat sombre des soixante-six spinelles noirs qui entourent le cadran. Le boîtier Arceau, reconnaissable à ses « étriers » rectangulaires, fait 36 mm de diamètre : une montre on ne peut plus Hermès, avec une touche de rêverie sélénite en plus…

LONGINES : Les songes d’une nuit d’été…

La collection Dolce Vita est, depuis plus de vingt ans, la signature d’élégance de la maison Longines, qui célèbre avec elle une certaine douceur de vivre à l’italienne, entre glamour et songes d’une nuit d’été quelque part sur les bords de la Méditerranée. Quelques nouveaux cadrans, en huit couleurs, viennent réveiller notre attention pour ces Dolce Vita : le bleu ponctué d’étoiles donne à la montre (qui existe en plusieurs tailles) un style plus habillé, mais le bracelet orange vient pimenter et ensoleiller les tenues de l’automne (en haut de la page). Pour celles qui aiment la rigueur et la sobriété, on demandera en boutique à essayer les cadrans blancs, qui reprennent les index et les chiffres tels qu’on les aimait dans les années 1920. L’avantage, avec une maison suisse comme Longines, c’est qu’on est certain de disposer de la meilleure qualité au meilleur prix – ce qui est loin d’être le cas de toutes les maisons horlogères concurrentes.

RJ : Spider-Man prisonnier d’un tourbillon…

Un peu de fantaisie n’a jamais nui à une haute horlogerie qui se prend trop souvent trop au sérieux : avec RJ, impossible de s’ennuyer ! Cette jeune marque indépendante suisse s’est amusée à dédier un « tourbillon » très innovant à l’honorable M. Spider-Man, les héros des comics de l’écurie Marvel. Un « tourbillon », c’est une subtilité mécanique qui vise à compenser les effets de la gravitation sur la précision de la montre [quoi de plus normal pour une montre d’homme-araignée ?] : pour une fois, ce « tourbillon » manufacture – c’est-à-dire conçu, mis au point et réalisé en interne – est placé au centre du cadran, ce qui permet d’agrandir le « barillet » (le réservoir d’énergie mécanique de la montre) pour porter à plus de six jours – 150 heures minimum – la réserve de marche de ce « tourbillon ». Techniquement, ce « tourbillon » innove par ses « aiguilles », qui n’en sont pas vraiment et qui ne tournent pas à partir du centre de la montre, mais à sa périphérie [pour info, sur l’image ci-dessous, cherchez bien : il est 11 :05 – les Suisses sont horlogèrement très taquins !]. Avez-vous noté l’absence de couronne de remontage latérale : cette montre avant-gardiste se remonte par un arceau disposé sur le fond du boîtier de 45 mm ? Esthétiquement, l’ensemble est assez disruptif et les adulescents post-comics y retrouveront les codes Spider-Man de leur enfance, restylés en carbone noir et fibres de verre rouge. Codes qu’ils apprécieront également sur l’écrin de cette montre, transformé en mini-sculpture de table. Le tout à un prix indécent que nous préférons ne pas vous communiquer pour ne pas vous casser le moral : la rétro-nostalgie n’est plus ce qu’elle était…

 

BON À SAVOIR : Quelques infos en direct du comptoir horloger…

Il s’en passe des choses, ces temps-ci, dans l’horlogerie, à commencer par de nombreuses ventes aux enchères de montres de collection, au cours desquelles pas loin d’une centaine de millions d’euros devraient changer de main. Il faut s’attendre à une pluie de records du monde sous le marteau, chez Christie’s, qui procèdera à la vente charitable Only Watch (une cinquantaine de pièces unique, dont on attend une bonne douzaine de millions pour la recherche médicale) et à la dispersion d’une collection qui comprend une Patek Philippe « historique » (ci-dessous), une répétition minutes commandée à Patek Philippe par le milliardaire américain Henry Graves en 1928 : il n’est pas impossible que l’adjudication frôle ou dépasse les dix millions d’euros ! ••• Honneur aux vainqueurs : hier soir, la remise à dix-neuf « montres de l’année » des prix du Grand Prix d’Horlogerie de Genève a permis de remettre les pendules à l’heure : l’Aiguille d’or (récompense suprême) a été accordée à Audemars Piguet (quantième perpétuel ultra-plat Royal Oak), en plus de deux autres prix, mais on a pu vérifier que les grandes manufactures faisaient toujours la loi (notamment Bvlgari). Soyons rassurés : la plupart des montres récompensées avaient été présentées tout au long de l’année dans cette chronique Atlantic-tac… ••• Autre bonne nouvelle : le lancement sur Kickstarter de la campagne de souscription pour la nouvelle marque franco-suisse Riskers (présentée ici même en avant-première au printemps et le mois dernier) a déjà permis de lever près de 90 000 euros – ce qui est très encourageant alors qu’il reste trois semaines de campagne. Motif supplémentaire de satisfaction : la montre dédiée aux troupes de montagne s’est arrachée et elle est déjà en rupture de stock – c’est la première fois qu’une montre rend hommage à ces troupes d’élite et le choix d’Albert Roche, le « premier-soldat-de-France », est particulièrement heureux pour situer les ambitions de la marque…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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