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Atlantic Tac

Quand l’émail est semé de fleurs de sel et quand il neige sur la toundra : c’est l’actualité reconfinée des montres

Mais aussi un container dans le bleu du temps, une araignée en argent pleine d’électricité, un record de souscription, un hommage posthume à la tendance parisienne et un trio de dames aux poignets décontractés…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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BREITLING : Une nouvelle décontraction au féminin…

La maison Breitling poursuit la recomposition systématique de son catalogue, avec toujours un peu moins de codes aéronautiques et toujours un peu plus de « sport chic », en s’ouvrant à un nouveau public féminin qui n’était pas vraiment la tasse de thé « historique » de la marque. Les propositions de cette nouvelle collection Chronomat, disponibles en deux tailles (32 mm et 36 mm) avec ce qu’il faut d’acier, d’or, de diamants et de couleurs pour râtisser large, sont assez plaisantes dans leur décontraction féminine : les égéries choisies pour incarner cette élégante sportivité sont à la fois des femmes d’action, des femmes d’ambition et des femmes de style – elles sauront arbitrer entre la montre automatique (36 mm) et la montre électronique (32 mm). On ne dédaignera la subtile touche vintage dans l’esthétique très années 1980 de ces montres et on appréciera qu’elles s’inscrivent avec bonheur dans les codes du nouveau luxe des années 2020…

CHARLES GIRARDIER : Des fleurs de sel aux diamants…

La Suisse horlogère est un cluster unique au monde de compétences horlogères qui composent un terreau fertile dans lequel les meilleures graines germent plus vite et mieux que partout ailleurs. Un bon exemple nous est fourni par la naissance de la jeune marque Charles Girardier, dont on parle beaucoup pour une récompense féminine lors du prochain Grand Prix d’Horlogerie de Genève. Le nom de Charles Girardier a été exhumé des livres d’histoire de l’horlogerie genevoise, mais tout le monde l’avait oublié : il est donc neuf et libre de toute référence plus ou moins fantasmée à un lointain héritage. D’où le style à la fois conservateur et innovant de cette montre Tourbillon Signature Mystérieuse « Fleur de sel » [les horlogers suisses adorent compliquer jusqu’aux noms de baptême de leur progéniture] : on y repère un cadran en émail grand feu « paillonné » – une plaque d’or semée de motifs « fleur de sel » en argent qu’on retrouvait déjà dans les plus belles montres de poche genevoises du XIXe siècle. On y découvre aussi un « tourbillon » automatique serti de diamants, ainsi qu’un monogramme (à midi) qui entre en rotation au moindre mouvement du poignet : c’est la « signature mystérieuse » – un C et un G stylisés qui animent la montre en évoluant séparément, non sans une certaine poésie [on peut évidemment choisir de placer là ses propres initiales : à chacun(e) selon les moyens de son égo !]. On appréciera la taille mesurée (37 mm) de ce boîtier en or serti de diamants et on ne s’étonnera donc pas des 83 000 euros qui seront prélevés sur votre compte en banque si vous vous mêlez de mettre votre grain de sel dans cette proposition très originale…

CHARLIE PARIS : Une invitation dans le Far East sibérien…

Pas de bonne chronique Atlantic-Tac sans un hommage à la nouvelle génération des horlogers français : la jeune marque indépendante parisienne Charlie nous entraîne dans une nouvelle séquence de son aventure avec cette version Toundra de la collection Concordia. Dans un boîtier en acier de 38 mm, le cadran « sibérien » évoque par son effet « neige » notre Far East européen, que rappelle le parti pris monochrome blanc et, au verso de la montre, une gravure paysagée de toundra. L’étanchéité à 300 mètres permettra à cette Toundra de mener une vie aussi sportive que possible. Dommage que le mouvement électronique soit japonais [mais rappelons qu’il n’existe pas (plus) de mouvement à quartz français, alors que nous en produisions autrefois pour les Suisses], mais ce choix permet de caler le prix de cette montre assemblée à Besançon autour des 235 euros, ce qui est une bénédiction en temps de crise. On pourra choisir entre trois finitions du boîtier : poli, brossé ou sablé. On aurait adoré une finition… givrée !

HEGID x CRESUS : Un container bleu très exclusif…

Savez-vous qu’il se vend désormais cinq fois plus de montres de seconde main que de montres neuves ! Profitant de cette explosion d’un marché dont elle avait été un des pionniers français, la maison Crésus accélère le développement de ses boutiques « physiques » un peu partout en France et en ligne. Une bonne occasion pour la jeune marque indépendante Hegid de profiter de ce réseau [sept boutiques en France, qui proposent désormais des montres neuves de belles marques] et de l’expertise de son personnel pour présenter, en exclusivité, une montre Mirage déclinée avec un cadran bleu. Cette « capsule » – c’est le nouveau nom chic des séries limitées – reprend le principe des carrures et des bracelets interchangeables des collections Hegid : on pourra donc faire évoluer le « container » de cette Mirage bleue dans différentes formes de boîtiers et avec plusieurs styles de bracelets.  Comptez environ 2 600 euros pour ce « container » bleu équipé d’un mouvement automatique suisse et environ 400 euros pour une carrure, le tout étant pour l’instant et provisoirement réservé aux seuls clients des boutiques Cresus, où les amateurs peuvent profiter ces jours-ci de promotions spectaculaires sur de nombreux montres de seconde main (ainsi que sur des bijoux de grandes marques)…

SWATCH : Bleu comme Colette…

« Colette mon amour » est un film documentaire sur le succès international de la boutique parisienne – on dit « concept store », c’est plus chic ! – baptisée du prénom de Colette Roussaux, sa fondatrice : c’était 213, rue Saint-Honoré, dans le premier arrondissement de Paris, et c’est une histoire qui court sur trente ans (1997-2017) aux avant-postes de la mode, des tendances et des nouvelles cultures. C’était aussi une couleur fétiche, le bleu, à laquelle une nouvelle Swatch « Colette mon amour », développée avec le site Highsnobiety, rend hommage – un prêté pour un rendu puisqu’on se souvient des files d’attente qui s’étaient formées dans le quartier quand Jeremy Scott avait présenté chez Colette sa collection de Swatch sur mesures (2011). On reconnaît sur le cadran une Tour Eiffel stylisée : ce n’est pas un hasard. Comme il n’y aura que 1 000 pièces dans cette série limitée bleue hautement collectionnable, il ne faudrait pas trop tarder s’il en reste encore…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

Une araignée au poignet ? Certains l’ont au plafond ; d’autres poussent des cris perçants face à la moindre toile ; quelques-uns – qui se pensent importants – préfèrent rester au milieu de la toile qu’ils tissent pour contrôler leur monde. L’atelier créatif Artya (Genève) dédie à tous les arachnophiles une montre « Burning Spider » qu’on qualifiera de saison par référence à ce tournant de l’année où l’on fête les défunts, les sorcières et les autres mondes. L’araignée et sa toile sont sculptées dans un disque d’argent, alors que le boîtier d’acier de la montre est scarifié par des décharges électriques de très haute intensité. 47 mm au poignet : cette pièce unique à mouvement automatique suisse ne passe pas inaperçue au poignet. Tarifée autour des 6 800 euros, elle vous vaudra plus de conversations entamées que n’importe quelle « icône » industrielle des grandes marques… ••• Superman tricolore : dimanche, ce sera trop tard pour s’offrir à un prix d’ami (450 euros au lieu du double) la Superman que la marque indépendante française proposait en souscription sur Kickstarter. La campagne a véritablement cassé la baraque et battu le record de souscription pour une montre française : pas loin de 1,8 million d’euros de pré-commandes passées par plus de 2 400 amateurs, pour une « plongeuse » dont Atlantic-Tac (16 octobre) vous disait récemment le plus grand bien…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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