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L’entourage de Macron craint que LREM fasse fuir les électeurs de droite; Darmanin, l’homme qui s’accommode de tous les râteliers, Delanoë celui qui n’aime plus son héritière; Mila, l’ado qu’on abandonne à la persécution des islamistes
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Revue de presse des hebdos

L’entourage de Macron craint que LREM fasse fuir les électeurs de droite; Darmanin, l’homme qui s’accommode de tous les râteliers, Delanoë celui qui n’aime plus son héritière; Mila, l’ado qu’on abandonne à la persécution des islamistes

Mais aussi : La directrice de cabinet d’Éric Dupond-Moretti a-t-elle menti à l'Assemblée Nationale ?

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Le Point revient sur l'affaire Mila : l’adolescente iséroise est toujours menacée de mort et de viol pour avoir critiqué l’islam dans une vidéo. Vous n'échapperez pas à Joe Biden, le candidat anti-Trump dont on parle tous les jours dans tous les médias : L'Obs et l'Express le mettent en Une. Marianne évoque le business du féminisme en soulignant le double parcours de Caroline De Haas : militante et businesswoman. Valeurs dénonce un gouvernement rendu fou par le coronavirus. Challenges s'intéresse aux conséquences du Brexit pour les Français.

L'électorat de droite crispé par certaines mesures

Des macronistes s'inquiètent auprès de Macron selon Le Point. Ils craignent que les mesures concernant la famille et leur effet potentiellement ravageur dans l’électorat de droite : "allongement du délai de recours à l’IVG à quatorze semaines, voté contre l’avis de l’exécutif, interdiction de l’instruction à domicile et ouverture de la PMA aux couples de femmes".

Gérald Darmanin vu par l'Obs

"Il cogne fort et cherche à rallier les "vrais gens" dont il se revendique. Professionnel de la politique, le ministre de l'Intérieur a pourtant connu des débuts chahutés. Mais rien ne l'ébranle." Pas de révélation dans l'Obs, sinon que "Darmalin"  (comme certains le surnomment)c'est un politique prudent qui ne met pas tous ses oeufs dans le même panier : "Il sollicite l'avis de tous les anciens, comme Alain Juppé, Dominique de Villepin. Informe Macron quand il échange avec Sarkozy. et vice et versa. Aujourd'hui, il affirme qu'il soutiendra le chef de l'Etat en 2022, il met aussi en avant son amitié pour Xavier Bertrand, candidat déclaré à la présidentielle, et Edouard Philippe, qui, pour l'heure, ne ferme aucune porte. Ce qui lui permet de se trouver en situation pour se retrouver à Matignon, quel que soit celui des trois qui serait alors à l'Elysée."

"Tout oppose les ministres de l'Intérieur et de la Santé, aujourd'hui en première ligne. Un duo dont dépend en partie la fin du quinquennat" estime l'Express (2 pages) "Tout dans leur caractère oppose les deux hommes". De plus l'un est l'ancien secrétaire général adjoint de l'UMP, l'autre, Véran fut député PS de l'Isère de 2012 à 2015

Mais ils ont en commun le fait d'être confronté à un problème qui les dépasse. Pour l'un "une crise sanitaire dont certains ont anticipé la fin, alors qu'au contraire, elle s'installait". Pour l'autre, "l'islamisme" et la querelle lancinante autour du mot 'séparatisme'.

Delanoë fâché avec Hidalgo mais pas avec Macron

Grande nouvelle, "Bertrand Delanoë sort du silence" et il a choisi Le Point (6 pages) pour le faire. On y apprend que l'ancien maire de Paris, " a l'oreille d'Emmanuel Macron ; nombre de ses anciens collaborateurs œuvrent à des postes de responsabilité au sein du gouvernement de Jean Castex".

Avec Anne Hidalgo qu'il a pourtant intronisée, leurs relations sont détestables : "Bertrand Delanoë n'a plus d'affection pour Anne Hidalgo. Ils n'aiment pas parler l'un de l'autre. Ma première adjointe, Anne Hidalgo, avait, selon moi, le potentiel pour devenir maire de Paris. J'ai tout fait pour qu'elle me succède et je n'ai aucun regret".

Bref "L'actuelle maire de Paris apparaît comme un possible recours pour la gauche en vue de la présidentielle de 2022. (...) Anne Hidalgo doit beaucoup à Bertrand Delanoë. Elle aimerait qu'on l'oublie, il aimerait qu'on s'en souvienne. Difficile pour elle de rivaliser avec lui. Bertrand Delanoë reste l'homme qui a installé la gauche à la mairie de Paris en 2001."

A part çà, "Bertrand Delanoë est toujours à gauche, mais il n'est plus au Parti socialiste : "J'ai voté Emmanuel Macron en 2017 pour donner toutes ses chances au premier tour au candidat qui était le plus à même de réduire l'extrême droite. Je n'ai aucun regret.  il a une envergure politique et intellectuelle. Il connaît et aime l'Histoire. Il est énergique et courageux. Il n'a pas peur de l'adversité."

La lycéenne qui avait critiqué l'islam sur Internet toujours menacée de mort

"M. Macron, qu'avez-vous fait pour Mila ?" demande Etienne Gernelle, le patron de la rédaction du Point, dans son éditorial d'une page : "En janvier, Mila, lycéenne, avait fustigé l'islam sur Internet. Menacée de mort, elle doit encore se cacher. La France a donc une Salman Rushdie de 17 ans..." Sauf que ses persécuteurs ne sont pas des " mollahs établis dans un pays où ils gouvernent, avec une capacité d'action hors de leurs frontières, mais d'une foule d'adolescents de son école, et d'un peu partout en France."

Il faut lire cette enquête (11 pages) "Visée par une fatwa numérique, elle est harcelée pour avoir osé critiquer en des termes très crus, dans une vidéo diffusée le 18 janvier sur Internet, l’islam et la religion. Chaque jour, menacée de mort, condamnée au silence et à une semi-réclusion, sous protection policière, elle est « constamment persécutée », selon ses parents".

Tous les jours, planqués derrière leur écran, certains "l’abreuvent d’insultes (« gouine », « salope », « sale pute », « chienne »…) et lui promettent de « mourir en enfer », de la « déshabiller sur la place publique », de l’« enterrer vivante », de lui faire « avaler [s]es organes », de la « défigurer à l’acide après [l’]avoir violée dans une cave ».

Le 21 septembre, dans Touche pas à mon poste ! sur C8, Cyril Hanouna, déclare : « Cette adolescente avait eu des propos abjects sur l’islam, qu’on avait condamnés ici […]. Ils sont inadmissibles, je vous le dis, elle fait bien de se faire toute petite maintenant. Qu’on n’entende plus parler d’elle, ça fait du bien. »  

"Elle a ce qu'elle mérite"  dans l'ancien lycée de Mila, dans l'Isère, les avis des élèves restent tranchés.

"Mila est plus civilisée que ceux qui lui promettent la mort" estime Elisabeth Badinter dans une interview.

« Où est la Ligue des droits de l’homme ? Où est le collectif #NousToutes ? » s’interroge Me Richard Malka, l’avocat de Mila et de ses parents ainsi que de « Charlie Hebdo ».

Caroline de Haas et le business du féminisme

"Caroline De Haas mène un combat contre les violences faites aux femmes mais sur plusieurs rings. Un jour agitatrice, le lendemain entrepreneuse" constate Marianne : " Militante offensive, politique habile, entrepreneuse prospère : Caroline De Haas occupe tous les terrains du néoféminisme. À la fois juge et partie. Avec une méthode : rester visible et ménager ses alliés."

Marianne explique qu'elle a créé, il y a sept ans, "son agence de formation Egae, experte de l’égalité femmes-hommes, qui intervient dans le secteur public (à 56 %) et privé. Avec 70 clients en 2019, et des bénéfices doublés entre 2018 et 2019 pour atteindre 109000 €, l’affaire se porte de mieux en mieux".

Elle déclare à l’Obs: « Un homme sur deux ou trois est un agresseur. » Tollé. Elle accuse l’intervieweur d’avoir déformé ses propos. Pas de chance: l’entretien était enregistré. « C’est de l’agit-prop, juge l’essayiste Peggy Sastre, auteure de la Haine orpheline (Anne Carrière, 2020). Son discours a un minimum de base factuelle pour un maximum de potentiel émotionnel".

En 2017, la vague #MeToo secoue les structures qui l’ont vue évoluer, et notamment l’Unef, où Caroline De Haas a été secrétaire générale (2006-2009). D’anciennes adhérentes dénoncent des viols et agressions sexuelles au sein du mouvement dans les années 2000. Parmi elles, Annaïg Pi publie un long texte énigmatique sur Facebook affirmant que des « menaces et pressions » ont alors été exercées sur les victimes, et ce, même par des« personnes aujourd’hui très investies dans le mouvement féministe ». Qui visait-elle? Annaïg Pi refuse de le préciser à Marianne...

La directrice de cabinet d’Éric Dupond-Moretti a-t-elle menti à l'Assemblée Nationale ?

"Déjà accusé de conflit d’intérêt pour avoir ordonné une enquête contre trois magistrats dans l’affaire des fadettes, Éric Dupond-Moretti diligentera-t-il une inspection… sur sa propre directrice de cabinet ?" s'interroge Le Point. L’ex-procureure générale de Versailles et actuelle directrice de cabinet d’Éric Dupond-Moretti, Véronique Malbec a-t-elle transmis à l’Assemblée nationale des informations mensongères en vue d’obtenir la levée de l’immunité parlementaire de Thierry Solère ?

"Éric Dupond-Moretti sera-t-il amené, comme il l'a fait contre le Parquet national financier (PNF), à ordonner une inspection à l'encontre de magistrats, parmi lesquels figureraient non seulement sa propre directrice de cabinet mais aussi la procureure de Nanterre ou encore le procureur de Paris, Rémy Heitz ? À l'époque, ce dernier était en effet directeur des affaires criminelles et des grâces et avait, à ce titre, transmis et amendé la demande de levée d'immunité parlementaire de Thierry Solère adressée à l'Assemblée nationale".

Borloo : un bonus-malus pour les grandes surfaces

Invité d'un séminaire de parlementaires LR à l’Assemblée, Jean-Louis Borloo, a proposé « un bonus-malus sur l’ensemble des grandes surfaces en fonction du nombre de kilomètres parcourus » par leurs produits car il est désolé que « pour gagner un ou deux centimes, un produit [fasse] 15 000 kilomètres ».

Le divorce Macron-Edouard Philippe

Selon des macronistes du premier cercle, le déconfinement a précipité le divorce entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe : « Emmanuel voulait rouvrir le pays dès le 4 mai et pas le 11. Si ça n’avait tenu qu’à lui, il l’aurait même fait dès la fin avril ! Mais Philippe freinait des quatre fers », selon un fidèle, cité par Le Point.

Réforme des retraites : le retour

La réforme des retraites pourrait faire prochainement son retour au Parlement selon l'Obs qui cite un député LREM "Si on ne fait pas cette réforme, on va crasher les finances publiques."  Et Matignon aurait confirmé : "On pourrait effectivement voir revenir la réforme des retraites avant 2022, mais en découplant les aspects systéique et paramétrique, en faisant la retraite par points mais en repoussant l'application des nouveaux critères."

Macron n'a pas téléphoné à Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie

Dossier (12 pages) dans Le Point, sur Emmanuelle Charpentier, la Française de 51 ans qui a décroché, avec l'Américaine Jennifer Doudna, le prix Nobel de chimie. Une fierté hexagonale, mais Charpentier a mis tout de suite les points sur les i, « Je pense que la France aurait du mal à me donner les moyens que me donne l'Allemagne ».

Et Emmanuel Macron ne lui a pas téléphoné : " Je ne crois pas qu'il ait mon numéro de téléphone ! [Rires.] Nous n'avons jamais eu l'occasion de nous rencontrer, même si j'ai déjà rencontré de hautes personnalités politiques ou royales à des occasions diverses. Je ne m'attendais surtout pas à un appel de sa part. (...) Et puis, considérant la situation actuelle, il est tout à fait normal que l'exécutif ait bien d'autres priorités pour le pays."

Charpentier souligne que les jeunes chercheurs ne s'impliquent pas toujours autant qu'ils le devraient : " La recherche est ardue. Il faut être prêt à faire énormément d'efforts pour peu de retour. Si on n'accepte pas ce fait, on ne peut pas être scientifique. Je travaille avec de jeunes chercheurs de nationalités multiples. Ils ont un peu tendance à travailler de 9 heures à 17 heures, et c'est un problème."

L'accès à l'IVG est entravé selon l'Express

"Repousser la limite du délai légal pour avorter est une fausse bonne solution : c'est l'accès à l'IVG qu'il faut mieux garantir sur tout le territoire et pour toutes les femmes."

L'hebdomadaire liste les obstacles que les femmes souhaitant avorter seraient amenées à rencontrer : " L'IVG est un droit accordé à toutes les femmes en France depuis quarante-cinq ans. Ces dernières années, de nombreuses associations féministes ont alerté les pouvoirs publics sur les difficultés que rencontraient les personnes qui veulent y recourir : rendez-vous impossibles à décrocher avant plusieurs jours, ce qui amène certaines à dépasser le délai légal de douze semaines ; centres et médecins en nombre clairement insuffisant selon les régions ; gynécologues faisant jouer leur clause de conscience pour refuser d'intervenir sans réorienter la patiente vers un autre praticien alors que la loi l'exige, etc."

"Repousser la limite du délai légal pour avorter est une fausse bonne solution : c'est l'accès à l'IVG qu'il faut mieux garantir sur tout le territoire et pour toutes les femmes."

Trop de blancs dans les rédactions ?

Pour intégrer une rédaction, mieux vaut être blanc, diplômé et issu d'un milieu cultivé. Un manque de représentativité qui induit un traitement de l'information de plus en plus critiqué" selon l'Obs (2 pages) qui évoque le rapport publié en septembre par le CSA qui "déplore l'incapacité de la télé à représenter la société française". Un vieux débat alors que des exemples montrent  des personnnes de couleur à des postes clés comme Harry Roselmack remplacant en juillet 2006, Patrick Poivre d'Avor, à la présentation du 20 h l'été, ou bien Audrey Pulvar sur France 3, et patricia loison sur iTele.

Valeurs et le virus qui rend fou le gouvernement

"Déboussolé, le gouvernement multiplie les mesures contradictoires et absurdes, conforté par une majorité de Français qui place sa sécurité sanitaire au-dessus de tout. La situation a-t-elle échappé au domaine du rationnel ?" écrit Valeurs à propos du coronavirus, en demandant " Pourquoi donc tant d’agitation pour un virus duquel 97 % des contaminés réchappent dans le monde et qui a tué en France “seulement” 32.700 personnes, quand le tabac provoque chaque année 74.000 décès dans notre pays ?

L'hebdo donne la parole à Didier Raoult qui conforte cette analyse : "Nous n’avons plus de hiérarchie dans le risque. Cette messe des morts, ce comptage funèbre et solennel quand tant d’autres maladies existent, est pour moi un véritable sujet de sidération. Or, il n’y a pas de surmortalité en Europe. Pour le moment, notre perte d’espérance de vie est moindre qu’en 2015."

Challenges optimiste face au Brexit

"Un Brexit avec accord commercial reste possible" selon Challenges (8 pages) qui  étudie l'impact du Brexit dans plusieurs secteurs  et donne la parole à Michel Barnier : "La crise du Covid peut faire bouger les choses."

Biden inévitable

Il n'est pas jeune, pas génial, réputé gaffeur, mais Joe Biden est la seule alternative à Donald Trump (12 pages dans l'Obs, 7 dans l'Express) : Joe Biden et Kamala Harris, tandem de la dernière chance pour sauver la démocratie Ce n’est pas une équipe de rêve, mais un duo ambitieux, qui porte les espoirs de ceux qui veulent empêcher Trump de démolir la démocratie américaine. Et avec elle, la démocratie tout court."

Un étrange binome, il faut le reconnaître comme l'Obs le souligne : "C’est un couple improbable. Un vieux monsieur aux cheveux blancs et aux phrases trébuchantes, une quinqua métisse fille d’immigrés de deux continents. La vieille Amérique et la nouvelle, comme l’huile et l’eau dans un même verre."

Lecture plus positive du personnage Biden dans l'Express : " Homme du milieu, il a su, habilement, faire la soudure entre les idées progressistes de son aile gauche et celles des centristes, qui n'ont, par exemple, guère envie d'un Grand Soir écologique, et qu'il rassure par des positions mesurées. Mais la voie est étroite. "Il est pris entre un Parti républicain qui le dépeint comme un dangereux gauchiste et une partie de sa famille politique qui le trouve timoré", résume Laurence Nardon, chercheuse à l'Institut français des relations internationales.

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