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Cette semaine, Serge Federbusch revient sur la bataille pour le budget européen.
©Reuters

Chroniques du pot aux roses

L'échec européen : ces sommets où François Hollande arrive en Matamore et dont il repart en capitulard

Cette semaine, Serge Federbusch revient sur la bataille pour le budget européen.

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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1 - Exclusif ! La lettre que François Hollande ne lira pas aujourd’hui en conseil des ministres !

"Camarades très cher(e)s,

Je vous ai convoqués à ce conseil non seulement pour son ordre du jour ordinaire, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie du socialisme aux couleurs de la France.

Après avoir examiné ma conscience devant les sondages, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l'avancement de mon impopularité, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère élyséen.

Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence politique, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la ruse et par la communication.

Cependant, dans le monde d'aujourd'hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la France menacée de faillite, pour gouverner le pédalo et annoncer le socialisme, la vigueur du corps et de l'esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s'est amoindrie en moi d'une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le palais qui m'a été confié.

C'est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer à la présidence de la République, successeur de Nicolas le Mauvais, qui m'a été confié par les mains des électeurs le 6 mai 2012, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le siège du Faubourg Saint Honoré, siège de l’Etat, sera vacant et les élections pour l'élection du nouveau président devront être convoquées par ceux à qui il appartient de le faire.

Camarades très cher(e)s, du fond du cœur je vous remercie pour toute l’impopularité et l’endurance avec lesquelles vous avez porté avec moi le poids de ma présidence et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions le gouvernement au soin du président du Sénat et implorons l’opposition afin qu'elle se déchire et nous épargne.

Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l'avenir, le socialisme aux couleurs de la France par une vie consacrée à la repentance et aux petites blagues."

2 - Comment François s’est mis tout seul dans la gueule d’Angela.

En mai 2012, on allait voir ce qu’on allait voir. Luttant contre la finance ennemie et imposant à l’Europe une réorientation sociale, François Hollande avait fait campagne en proclamant qu’il allait renégocier le traité européen.

On sait ce qu’il advint : un pacte de croissance misérable qui, la semaine dernière, a été vidé de son peu de substance. La réalité est simple, François Hollande est le rejeton de la longue lignée de technocrates qui gouvernent la France depuis 40 ans. Leur surmoi européen les empêche d’envisager sérieusement, ne fût-ce qu’une seconde, de taper du poing sur la table en exigeant que l’euro cesse d’être surévalué.

Cette capitulation première s’étend peu à peu à tous les sujets. Hollande est arrivé tel Matamore à Bruxelles pour négocier le budget européen : "Je viens pour chercher un accord. Si certains ne sont pas raisonnables, je ferai en sorte de les raisonner. Mais jusqu'à un certain point. Si l'Europe devait, pour chercher un compromis à toute force, abandonner ses politiques communes, oublier l'agriculture et ignorer la croissance, je ne serais pas d'accord."

Las ! Les crédits dévolus à la PAC, à l’aide alimentaire ou aux infrastructures sont tous toisés.

Le piège dans lequel se débat la France est terrible : comme sa classe politique n’a pas le courage de faire elle-même les réformes nécessaires pour adapter ses administrations et ses lois à la dure concurrence internationale non plus que défendre vraiment nos intérêts dans les négociations commerciales, elle s’abrite derrière la rigueur européenne.

Mais celle-ci entretient les problèmes en perpétuant la surévaluation de notre devise. Il faut alors, pour en supporter les conséquences, s’endetter toujours davantage afin de financer les transferts sociaux que la peur de l’explosion sociale extorque à nos gouvernants. Bref le serpent se mord la queue jusqu’à risquer aujourd’hui l’étouffement.

Avec rouerie, Lui-Président a cru pouvoir jouer sur deux tableaux. D’une part abandonner très vite ses rodomontades anti-finance, convaincre les marchés et les Allemands qu’il préparait l’opinion à l’austérité et obtenir en échange des taux d’intérêt bas puis des eurobonds, prétexte discret à la création monétaire. D’autre part, limiter au maximum les efforts de modernisation de l’Etat pour ne pas s’aliéner vraiment ses clientèles électorales.

Ce pari ne pouvait être gagné que si la croissance revenait vite et fort. Mais il était insensé, puisqu’en déprimant la demande tout en acceptant la hausse de l’euro il condamnait l’économie française à la récession à brève échéance.

Comme sur un radeau où les survivants d’un naufrage se volent leurs provisions, l’Allemagne supporte mieux cette situation car elle arrive encore à s’emparer de nos restes.

On comprend que Super-Normal soit nerveux. On comprend encore mieux pourquoi il est si facile à Merkel de trouver le premier allié venu, en l’occurrence Cameron, pour envoyer promener notre président dans un sommet où, la chose fut passée sous silence en France, Monti l’Italien s’est moqué ouvertement de lui.

On imagine mal Hollande annonçant à ses derniers fidèles l’application immédiate de l’austérité imposée par Berlin, avec son cortège de réduction brutale de l’emploi public et de baisse tout azimut des prestations sociales. On l’imagine encore moins annonçant le nouveau nouveau franc et le contrôle des changes et des échanges.

Parallèlement, les taux d’intérêt des OAT français ont commencé leur lente remontée. Le Mali et les steaks de boeuf et de cheval ne meubleront plus très longtemps l’actualité. Quant au mariage homo, il est déjà oublié, malgré tous les efforts du Nouvel Obs et de Libé pour remuer le sujet.

Bref, l’étau du réel se resserre sur la normalité. Finalement, peut-être notre président devrait-il considérer la lettre de renonciation ci-dessus comme un modèle à prendre au sérieux ?

3 - Noms d’oiseaux roses

Il y a quatre ans, la gauche se déchaînait contre le "Casse-toi pauvre con" de Sarkozy. Aujourd’hui, président de l’Assemblée nationale, Bartolone traite les députés centristes "d’abrutis", ajoutant l’ironie à l’insulte puisqu’il prétend ensuite avoir parlé de lui-même. S’il disait vrai, il ne serait pas critiquable. Cela nous rappelle Ayrault qualifiant il y a peu Depardieu de minable.

Leur chef, Hollande, ironise au même moment sur l’élection du futur pape depuis une tribune nigériane. Il ne se sent fort qu’en Afrique.

4 - Supercherie locale

Le gouvernement a annoncé réduire de 1,5 milliards d’euros les transferts aux collectivités locales en 2014 et 2015 afin de financer son "Crédit d’impôt compétitivité-emploi". Dès que les élections municipales seront passées, une grande partie de ces collectivités augmentera ses taxes, reprenant immédiatement aux Français ce que l’Etat aura retranché. Mais ce n’est pas grave, ledit gouvernement pourra se vanter de mieux gérer la dépense publique. Le bonneteau est un sport socialiste de combat.

5 - La nationalisation des illusions

La question revient dans le discours de Montebourg et Hollande de manière de plus en plus insistante. Que ce soit à Petroplus, où l’Etat envisage une prise de participation d’un montant encore indéterminé, à Florange, chez PSA ou Mittal, la "solution" d’une nationalisation larvée des entreprises en difficulté refait surface. D’ordinaire, ce genre d’expédients, traduction d’un désespoir, met davantage de temps à apparaître.

Au même moment, l’obligation envisagée, pour ceux qui veulent fermer un site considéré par le gouvernement comme "rentable", de le revendre, participe de la même illusion interventionniste. Tous les calculs de rentabilité sont discutables et où trouvera-t-on l’argent pour que l’Etat les rachète si nul repreneur authentique ne se manifeste ?

Hollande pousse plus loin encore l’aberration économique : "Il y aura une traduction pour renchérir un certain nombre de licenciements ... ". Renchérir les licenciements ? Mais c’est la voix royale pour dissuader les embauches !

Bref, une ambiance de fin de règne commence à s’installer après seulement neuf mois d’exercice du pouvoir : record battu. Ayrault doit le sentir avec son flair provincial car il se fait très discret en ce moment, façon d’attendre que l’orage passe. Il n’a pourtant pas encore commencé à gronder.

6 - H 4, PMA, GPA

Curieux paradoxe. Au moment où le pouvoir prépare l’opinion à la légalisation de la gestation pour autrui et à la banalisation de la procréation médicalement assistée, la France se passionne pour la preuve de la continuité génétique entre Henri IV et Louis XVI et les études de généalogie. Là où il n’y a plus de gènes, il y a encore du plaisir ?

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