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Revue de presse des hebdos

DSK, Sarkozy : les "patrons" s'en tirent bien

A la veille du premier tour de la primaire, on pensait le feuilleton DSK enterré. C'était sans compter Ivan Levaï qui, cette semaine, vole au secours de l'ancien patron du FMI. Sans effet, le dossier Karachi ? A en croire les sondages, Nicolas Sarkozy s'en sort plutôt bien, lui aussi.

Barbara Lambert

Barbara Lambert

Barbara Lambert a goûté à l'édition et enseigné la littérature anglaise et américaine avant de devenir journaliste à "Livres Hebdo". Elle est aujourd'hui responsable des rubriques société/idées d'Atlantico.fr.

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Déjà finie, l’affaire Karachi ? Pas de nouvelles révélations, cette semaine, en tout cas, dans vos hebdos. Est-ce pour laisser à la justice le temps de faire — enfin — son travail ? Même “ le Nouvel Observateur ”, très offensif dans le dossier ces deux dernières semaines, la joue soft, voire un tantinet sucré, avec une couverture sur les “ Histoires d’ex. Quand le divorce vire au grand déballage ”. Où l’on retrouve, notamment, à côté d’Hélène de Yougoslavie ex-Gaubert et Nicola Johnson ex-Takieddine, mesdames Sylvie Brunel (ex-Eric Besson), Veronica Lario (ex-Berlusconi) ou Maria Shriver (ex-Schwarzenegger). Faut-il le préciser ? On n’y apprend rien que l’on n’ait déjà lu. Ah, si : une chose. La jolie Nicola Johnson aurait eu une “ liaison fatale ” avec un certain “ Docteur G ” dépêché de toute urgence par Jean-François Copé au chevet de Ziad Takieddine, victime d’un traumatisme crânien lors d’un séjour dans l’île Moustique. “ Le Nouvel Obs ” verserait-il dans le people ? Ce ne serait pas après tout la première fois (il avait été le premier à annoncer, début juillet, que Ségolène Royal était “ célibataire ”). Pas non plus la première fois qu’un “ hebdo dit sérieux ” croque de ce pain-là (on vous renvoie à nos précédentes revues de presse, les exemples sont trop nombreux pour être cités).

 

Quand Ivan Levaï défend DSK

News/people, un partout, la balle au centre ? Il ne faudrait tout de même pas exagérer, vous me direz, et vous aurez raison. Reste que pour vendre du papier, la presse, en crise, doit parfois faire feu de tout bois, et surtout de celui des “ affaires ”. Nous l’avons déjà relevé ici à plusieurs reprises, c’est par des livres de journalistes que les “ affaires ” de ces dernières semaines, justement, ont été révélées dans les médias. Pas un jeudi depuis la fin août sans qu’un nouveau document à charge ne sorte, riche de ses “ enseignements ” et de ses “ dividendes papier ”. Pas un jeudi sauf… ce jeudi. Faut-il y voir un lien avec l’arrêt — momentané, on n’en doute pas — du feuilleton des scandales en cours ? Aujourd’hui 6 octobre, les journaux n’ont pas de “ bonnes feuilles ” crunchy à nous mettre sous le nez. Pas de bonnes feuilles sauf… celles du livre d’Ivan Levaï, “ Chronique d’une exécution ” (Le Cherche-Midi) où le journaliste, ex-compagnon d’Anne Sinclair, prend la défense de l’ancien patron du FMI.

 

“ Le devoir, quand on dispose d’argent, (est) d’en faire bon usage 

Ironie de l’histoire ? C’est dans “ L’Express ”, hier qualifié de “ tabloïd ” par Dominique Strauss-Kahn, qu’Ivan Levaï a choisi de livrer le contenu de son plaidoyer. L’hebdo chercherait-t-il à faire “ amende honorable ” ? Pas si vite. En introduction aux extraits, Christophe Barbier fait cette précision : “ De souvenirs émus en citations éloquentes, (Ivan Levaï), la grande voix des revues de presse nous dit aussi comment on peut être honnête dans son métier et fidèle dans ses affections. Une démarche que l’on doit respecter, même si l’on ne partage pas les conclusions de l’auteur ”. Partagé, “ L’Express ” ?

Mais voyons ces bonnes feuilles. Passons sur “ le choc ” du premier coup de fil passé par “ Daniela, l’amie fidèle, l’épouse de Jean Frydman ” qui a recueilli Anne Sinclair lors de sa première nuit : “ Elle dort. Il le fallait bien. Mieux vaut ne pas la réveiller ”. Passons sur l’intervention d’Ivan Levaï auprès de Nicolas Sarkozy où le président, lors de leur entretien, “ s’étonne seulement mezza voce des faiblesses comportementales d’un homme de pouvoir, que d’autres, dans les semaines qui viennent, dénonceront à voix haute devant moi. Y compris parmi les meilleurs amis de DSK ”. Passons sur le tacle à Jean-Pierre Elkabbach qui “ s’est empressé de courir à New-York réconforter les Strauss-Kahn et a fait la promotion de sa BA en revenant de là-bas. Tant d’affliction oblige. C’est pourquoi j’entends dès aujourd’hui inviter cet apôtre à prier loin des miens si d’aventure mon enterrement devait précéder le sien ”. Passons sur l’hommage à “ Anne ” : “ Anne est forte, oui, comme des milliers de femmes dans les crises, mais elle est fragile aussi. (…) Anne dit volontiers qu’elle est une femme de devoir. C’est vrai. Et le devoir, quand on dispose d’argent, de beaucoup d’argent, n’est pas forcément de chercher à en gagner davantage. Mais d’en faire bon usage ”. Passons, oui.

 

“ C’est l’amour qui passe, patron ! ”

Et venons-en à la conclusion d’Ivan Levaï, à, comme le dit “ L’Express ”, “ sa morale de l’histoire ” : “ Allons, Monsieur le représentant du peuple, des relations comme celles-là, il doit en exister des millions et des millions de par le monde, qui ne sont ni des viols ni des agressions, mais des ersatz, des caricatures d’amour sans amour, abritées dans les petites chambres ou les suites des hôtels de la planète. Parce que l’homme est faible. Parce que la femme dit oui, et puis non ou peut-être, et chante même quelquefois, comme vous le confieront sans-gêne les clients, noirs ou blancs, des belles de nuit africaines. “ C’est l’amour qui passe, patron ! ”.

Ironie de l’histoire (bis)… Dans l’interview qu’il donne au magazine, le journaliste précise : “ Dans cette affaire, je me suis mis, d’emblée, non seulement à la place de Dominique, emporté dans un toboggan infernal, mais également à la place de ceux qui suivaient chaque jour ce feuilleton. De la même manière, je me suis mis à la place d’Anne, qui a été ma compagne durant quinze ans. Et je n’ai pas eu plus de difficulté à me mettre à la place de cette jeune femme africaine qui s’est trouvée embringuée, pour mille et une raisons, dans une histoire qui la dépasse ”. La parole à Nafi. OK, patron ?

 

L’affaire Valérie T.

Sans livre, disait-on tout à l’heure, la presse dite “ sérieuse ” a bien du mal, de nos jours, à délivrer des “ scoops ”. On est un peu carne, on l’avoue — mais c’est seulement, parce que la presse, on l’aime beaucoup. Sans doc de choc à l’appui, “ L’Express ”, en effet, a été en mesure de nous révéler cette semaine… quoi ? Quoi ? Que Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, aurait fait l’objet d’une enquête “ au début de 2011 de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris ”. “ A l’époque, note le mag, François Hollande était clairement engagé dans la campagne pour la primaire du PS en vue de 2012. “ Il s’agissait d’établir une notice biographique fouillée sur Mme Trierweiler, y compris sur son réseau relationnel ”, assure une source proche du dossier ”.

Vrai, pas vrai ? A trois jours du premier tour de la primaire socialiste, la nouvelle a fait son petit effet… Le fait est qu’on ne sait pas grand-chose de la dame. Faut-il pour autant l’en blâmer ?

 

Valérie “ Twitterweiler ”

Pour le moins discrète sur la scène publique, la journaliste politique le serait beaucoup moins “ back-stage ”, selon certains. Ayant “ peu apprécié l’interview “ pipolitique ” du candidat socialiste par Marc-Olivier Fogiel, dans son émission “ Face à l’actu ”, le 2 octobre sur M6, racontent “ Les Inrockuptibles ”, (Valérie Trierweiler aurait rédigé) trois tweets colériques : “ Journaliste politique, c’est un métier ” ; “ Je ne parle pas de ma vie privée ”, dit Marc-Olivier Fogiel. Alors merci de respecter celle des autres ” ; “ Non, je ne demande pas l’autorisation pour tweeter ”. En tout cas, conclut l’hebdo, elle a déjà gagné un surnom, donné par le journaliste médias du “ Point ”, Emmanuel Berretta : Valérie “ Twitterweiler ” ”. De guerre lasse ? La journaliste politique a annoncé ce 4 octobre, sur Twitter, toujours, qu’elle arrêtait son émission politique “ 2012. Portrait de campagne ” sur Direct 8. Et une de plus.

 

Audrey Pulvar dans le collimateur

Après Anne Sinclair, Christine Ockrent, Isabelle Juppé… et Valérie Trierweiler, Audrey Pulvar, compagne d’Arnaud Montebourg, se rangera-t-elle dans le camp des “ démissionnaires ” ? “ L’Express ”, pour sa part, laisse fortement entendre qu’elle le devrait. Dans “ On n’est pas couché ”, appuie l’hebdo, “ le 17 septembre, l’implacable Audrey bouscule Martine Aubry. “ En quoi le comportement de DSK vous choque ? ” La maire de Lille s’enfonce dans son fauteuil, gênée, puis tente une réponse plutôt vague. Pulvar revient à la charge, sur un ton de procureur inflexible : “ Est-ce qu’on peut connaître votre avis ? ” Une semaine plus tard, c’est au tour d’une autre rivale de Montebourg, (Ségolène Royal), d’être mitraillée de questions. (…) “ A-t-on eu raison de se porter au secours de la Grèce ? ” “ Est-ce que les banques sont les seules responsables de la situation de la dette ? ” La remplaçante d’Eric Naulleau coupe la parole à l’invitée : “ Et vous relancez comment la croissance, par un coup de baguette magique ? ” ”. Bon, OK, tout ça, c’est limite. Mais à trois jours du scrutin socialiste, la presse ne devrait-elle pas plutôt se concentrer sur la campagne que sur les compagnes des candidats ? A l’heure qu’il est, il y a peut-être plus essentiel que les “ ex ” ou les journalistes femmes de politiques, hmm ? Plus important que “ Tintin ”, à qui “ Le Point ” consacre sa couverture ?

 

Sarkozy gagnant de la primaire à droite

Pour trouver du biscuit, vous l’aurez compris : cette semaine, il faut gratter. En grattant, que trouve-t-on ? A côté des “ Inrocks ” — “ Vous ne voulez plus de Sarkozy, votez ” — et de “ L’Obs ” qui démonte, l’un après l’autre, les “ dangers ” de la primaire socialiste, et démontre l’utilité d’aller voter, il y a “ Le Point ” et ce papier : “ Sarkozy gagne la primaire à droite ”. “ Borloo forfait, Fillon et Juppé en retrait… La voie se dégage pour lui ”, titre le journal, s’appuyant sur un sondage Ipsos. “ C’est la révélation de notre enquête Ipsos, tonne le news : les sympathisants UMP sont largement derrière le président sortant et ne croient pas aux chances des deux hommes régulièrement cités comme des champions possibles à la place du chef de l’Etat, (Alain Juppé et François Fillon) ”. A la question : “ Souhaitez-vous que Nicolas Sarkozy soit candidat lors de la prochaine élection présidentielle en 2012 ? ”, 78 % des sympathisants UMP ont répondu “ oui ” (contre 36 % pour l’ensemble des Français, NB). Selon le même sondage, ni François Fillon (avec 48 % des voix des sympathisants UMP), ni Alain Juppé (avec 44 %) ne ferait “ un meilleur ou un moins bon candidat ” que le président sortant

“ Fillon et Juppé le savent, commente “ Le Point ”, il est sans doute trop tard pour rêver à 2012. Il faudrait que Nicolas Sarkozy renonce de lui-même au combat, ce qui n’est pas son genre. Il montre au contraire une calme détermination. Un ancien super-conseiller du président l’a constaté la semaine dernière à l’Elysée, au lendemain de la perte du Sénat. “ Sarkozy était étonamment cool, témoigne ce fin analyste. Soit parce qu’il est persuadé de gagner à la fin. Soit parce qu’il envisage avec plaisir une reconversion après la défaite. Mais en aucun cas, il ne se dérobera ” ”. 

 

“ Nous devons nous préparer à tout ”, dit François Hollande

Querelle de chapelle ? Fort d’un sondage BVA, cette fois, “ Le Nouvel Obs ” annonce de son côté que “ s’ils avaient à choisir entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, 48 % des sympathisants de la droite et du centre (du Modem au FN) souhaiteraient une candidature de Juppé plutôt que celle de Sarkozy (46 %) ”. Qui faut-il croire ? D’après François Hollande, rapportent “ Les Inrocks ”, le candidat “ le plus probable ” de l’UMP reste Nicolas Sarkozy : “ On me dit qu’Alain Juppé est prêt à se sacrifier, que François Fillon est prêt à donner son corps à la droite…  Mais attention, la tête, c’est encore Nicolas Sarkozy ! ”, plaisante-t-il en meeting. Avant de conclure, plus sérieux : “ Le plus probable, c’est que ce soit Sarkozy, parce qu’il ne leur laissera pas le choix. Mais nous devons nous préparer à tout. Ce ne serait pas la même chose si c’était Nicolas Sarkozy ou si c’était quelqu’un d’autre ” ”. Se préparer à tout… au point où on en est, on n’est plus à ça près.

 

A lire encore

Faute de place, on a été obligé de le “ sacrifier ” : le sujet de couv de “ Télérama ”, “ Dans la peau d’un journaliste politique ”, mérite franchement un coup d’œil, qui rappelle des choses connues, comme d’autres qui le sont beaucoup moins sur les “ usages ” en cours entre journalistes et politiques.

Au rayon “ bonnes feuilles ”, instructives mais pas renversantes, “ L’Express ” propose celles du livre “ Comptes et légendes de Paris. Bilan de la gestion Delanoë ” de Dominique Foing (Denoël), que le maire de Paris, on ne s’en étonnera pas, a jugé “ résolument à charge ”.

Plus intrigants, les extraits de l’ “ Histoire de la virilité ”, dirigée par Georges Vigarello (Le Seuil), publiés dans “ Le Point ” sont autrement plus “ nourrissants ”. Et plus drôles, aussi.

En vrac, sinon : “ Dany Leprince : la justice n’est pas passée ”, “ Les méchants trafics d’un super flic ” sur Michel Neyret, “ Syrte : la dernière bataille ”, “ Amazon à livre ouvert ” sur le lancement du Kindle en France, “ Eckhart, Indiana : “ Ground zero ” de la crise ”, “ Bruno Gaccio et les barbouzes de Canal + ” (“ Le Nouvel Observateur ”) ; “ François Pupponi au cœur d’un mauvais polar ”, “ Elysée, panique à la télé ”, “ Le monde selon David McCandless ”, inventeur de “ Datavision ”, “ Le gourou de la high-tech ” sur le chroniqueur du “ Wall Street Journal ” Walt Monbey dont “ l’opinion vaut de l’or ” (“ Le Point ”) ; “ Une très Nobel entreprise ” sur la fondation du célèbre prix et le dossier “ Créer son entreprise sur Internet ” (“ Challenges ”) ; “ trente ans après l’abolition de la peine de mort ”, comme l’écrit “ VSD ”, “ Hamida Djandoubi, le dernier guillotiné ” et “ la saga des exécuteurs des hautes œuvres ”.

Pour s’évader, enfin, “ Les nouvelles villes en vogue ” (“ Le Point ”). Pour fantasmer, tout court, l’interview de Ryan Gosling, interprète de “ Drive ” et “ acteur le plus cool de sa génération ” (“ Les Inrockuptibles ”). Un peu de vavavoum, ça fait du bien.

 

 

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