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Deux ans après les attentats de 2015, la colère et la peur des Français gagnent un peu de terrain et 58% d’entre eux se disent pessimistes sur l’application de la laïcité à l’avenir
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Deux ans après les attentats de 2015, la colère et la peur des Français gagnent un peu de terrain et 58% d’entre eux se disent pessimistes sur l’application de la laïcité à l’avenir

En partenariat avec LCP, Harris Interactive réalise chaque mois une enquête auprès des Français afin de cerner leurs opinions et leurs préoccupations. L'étude de décembre 2017 s'attarde sur deux sujets particulièrement sensibles : les attentats terroristes de 2015 en France, et le thème de la laïcité.

Le regard des Français sur les attentats de 2015, trois ans après

Quel regard les Français portent-ils aujourd'hui sur les attentats terroristes de 2015, avec un recul de près de trois ans ? Quand on les interroge spontanément sur le sujet, ils expriment avant tout des émotions d'horreur, de tristesse, de colère et de peur. Notons que le sentiment de peur, surtout associé aux attentats du 13 novembre 2015, est ici restitué de manière beaucoup plus systématique que lorsque le même type de question avait été posé quelques jours après ceux de janvier 2015 (en revanche la notion de « liberté d'expression », fortement évoquée après l'attaque terroriste contre Charlie Hebdo, est moins restituée aujourd'hui).
En janvier 2015, Harris Interactive avait également interrogé les Français sur les émotions que ces attentats avaient suscitées en eux : la colère (51%) et la consternation (48%), devant la peine (40%), étaient alors les sentiments dominants. Quand on leur demande ce qu'ils ressentent aujourd'hui, en pensant aux attentats de 2015 (incluant ceux du mois de janvier, mais également du 13 novembre), la colère est toujours aussi présente, voire encore davantage (55%, +4 points par rapport à janvier 2015). Si le sentiment immédiat de consternation s'est atténué avec le recul (31%, -17 points), la peine (36%, -4 points) et l'incompréhension (19%, +2 points) restent à des niveaux proches de ce qu'ils étaient alors. En revanche, le sentiment de peur, même s'il reste minoritaire, est davantage partagé, passant de 14% à 21%.

Ce sentiment de peur n'est toutefois pas lié au fait de se sentir plus vulnérable qu'avant. En effet, quand on demande aux Français si, dans le contexte actuel, il se sentent en sécurité dans leur pays, 65% d'entre eux répondent par l'affirmative, soit 2 points de plus qu'en janvier 2015, quelques jours après les attentats. Ce sentiment de sécurité est plus marqué chez les hommes, les catégories aisées, ainsi que les sympathisants de Gauche et de La République En Marche.

Les Français sont très partagés sur le principe de laïcité

Quelle image les Français ont-ils aujourd'hui du principe de laïcité ? Quand on leur demande de s'exprimer spontanément à ce sujet, les notions les plus évoquées sont celles de « liberté » et de « respect ». La laïcité est par ailleurs fortement associée à un principe de « neutralité », de « séparation », et d'absence de « signes religieux », notamment dans le cadre de l'école publique. Notons que près de 9 Français sur 10 font de la laïcité « un principe essentiel de la République française » (87%), le lien entre la laïcité, la République et la France étant déjà bien restitué de manière spontanée.
Les Français sont en revanche plus partagés en ce qui concerne la relation entre le principe de laïcité et les différentes religions. Plus d'un tiers d'entre eux (34%) estiment ainsi que la laïcité est utilisée contre les religions quand 65% pensent que ce n'est pas le cas. C'est surtout le rapport entre la laïcité et l'islam qui divise les personnes interrogées. La moitié des Français considèrent ainsi que le principe de laïcité est utilisé par certaines personnes pour stigmatiser l'islam (51%, un score plus élevé parmi les sympathisants de Gauche), mais 48% pensent l'inverse.

Les Français sont également partagés sur la place occupée par la laïcité dans le débat public français. Certes, beaucoup considèrent qu'il s'agit d'un sujet majeur, 32% estimant qu'il devrait avoir une place prioritaire, et 48% une place importante sans être prioritaire dans ce débat public. Seuls 19% n'y voient qu'un sujet d'importance secondaire.
Néanmoins, les avis sont assez divergents en ce qui concerne le traitement dont la laïcité fait aujourd'hui l'objet dans les médias, et divisent les opinions en trois groupes d'importance à peu près équivalente. D'un côté, 33% des Français estiment que l'on parle trop de la laïcité dans les médias ; ils sont même plus nombreux parmi les personnes âgées de 65 ans et plus, les catholiques et les sympathisants Les Républicains. De l'autre, 30% des Français pensent au contraire qu'on n'en parle pas assez (notamment parmi les jeunes de 18-24 ans). Enfin, un dernier groupe (36%) se montre plus satisfait du traitement actuel réservé à la laïcité dans les médias.

Enfin, les Français sont également divisés sur la façon dont le principe de laïcité est aujourd'hui respecté dans la société. 48% d'entre eux estiment en effet que, de manière générale, il est bien appliqué, quand 52% pensent l'inverse. Les plus positifs à cet égard sont les cadres et professions libérales, les catholiques et les sympathisants de Gauche et de La République En Marche. C'est dans les hôpitaux que cette mise en pratique est considérée comme la meilleure (66% des Français), devant les entreprises (61%) et les services publics (60%). Enfin, l'école est un peu en retrait, même si plus de la moitié des Français considèrent que le principe de laïcité y est bien appliqué (57%). Là encore, les sympathisants de Gauche et de La République En Marche estiment, plus que la moyenne, que le principe de laïcité est bien respecté dans ces différents secteurs. Enfin, les Français se montrent majoritairement peu confiants en ce qui concerne l'avenir du principe de laïcité et de sa mise en pratique : seulement 41% d'entre eux se disent optimistes en ce qui concerne son application dans la société française dans les années à venir (surtout parmi les plus jeunes, les cadres / professions libérales et les sympathisants PS et LREM), quand 58% ont plutôt tendance à se déclarer pessimistes à cet égard.

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