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©LOIC VENANCE / AFP

La Minute Tech

Couvre-feu : et les meilleures solutions pour les télé-apéros sont...

Les nouvelles mesures pour lutter contre le coronavirus comme le couvre-feu vont une nouvelle fois modifier nos habitudes. Va-t-on connaître une recrudescence de l'utilisation de Skype et de Zoom pour maintenir le lien social ?

David Fayon

David Fayon

David Fayon est responsable de projets innovation au sein d'un grand Groupe, consultant et mentor pour des possibles licornes en fécondation, membre de plusieurs think tank comme La Fabrique du Futur, Renaissance Numérique, conseiller numérique d'Objectif France. Il est l'auteur de Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le monde ? (Economica, 2013), Facebook, Twitter et les autres... (avec Christine Balagué, Pearson, 3e éd, 2016) ainsi que de  Made in Silicon Valley – Du numérique en Amérique (Pearson, 2017). Il a publié avec Michaël Tartar Transformation digitale 2.0 (Pearson, 2019).

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Atlantico.fr : Couvre-feu, réunions privées limitées à 6 personnes, fêtes de Noël compromises... Allons-nous assister au retour des "apéros-skype" et autres parades pour maintenir le lien social quand on doit rester chez soi ?

David Fayon : Déjà les restrictions nocturnes s’appliquent jusqu’au 1er décembre. Nous ne pouvons encore prévoir ce qui sera décidé pour Noël qui est une fête intergénérationnelle. Il est vrai que les grands-parents sont les plus fragiles face aux Covid et que des principes de bon sens en famille seront à observer pour ne pas les exposer au virus. En même temps, ils ont grandement souffert du confinement perçu comme un enfermement et les isoler serait tomber de Charybde en Scylla car ils peuvent aussi mourir d’isolement et ne pas voir leur famille est très déprimant de part et d’autre. L’ancien Premier ministre avait déclaré peu avant le 11 mai, début du déconfinement que « L'objectif, pas seulement celui du gouvernement, celui de tous les Français, est de faire en sorte que nous puissions vivre avec ce virus ».

Pour autant avec le confinement, nous avons assisté à un fantastique essor des outils numériques, que ce soit pour télétravailler, étudier ou se soigner à distance mais aussi communiquer et ainsi pallier le manque de relations sociales nécessaires à l’animal social qu’est l’homme. Les usages des outils de visioconférence et les webinaires ont explosé. Ce n’est plus tant Skype mais plus Zoom - dont la qualité vidéo est excellente et qui fut l’App la plus téléchargée sur smartphone en avril dernier en France – et Teams côté travail et pour l’éducation qui ont eu la vedette. En ce sens, ce serait plutôt des apéros-Zoom ! Mais plus largement tous les outils avec vidéos et possibilité de partager et d’interagir en direct. Ce peut aussi être WhatsApp et beaucoup d’autres. Ils sont pour la plupart américains, ce qui soulève la question de notre souveraineté, qui marginale jusqu’alors, a été une réelle prise de conscience avec la crise de la Covid en France. Nous l’avions avec un collectif de 56 pionniers du Web 2.0 francophone anticipé dans le livre Web 2.0 15 ans déjà et après avec nos 7 pistes pour réenchanter Internet.

L'application Zoom, notamment, était accusée d'être trop intrusive. A-t-on tiré les leçons du confinement en matière de souveraineté numérique et de confidentialité des données personnelles ?

C’est surtout un problème de sécurité de Zoom qui permettait à des intrus de s’inviter à une réunion à laquelle ils n’étaient pas conviés et qui a été corrigé depuis. Pour autant la question des données personnelles, de leur sécurité, de leur territorialité par rapport à leur stockage, de leur propriété et de leur utilisation s’est davantage invitée dans les préoccupations des utilisateurs. Jusqu’alors, beaucoup de Français utilisaient des outils numériques souvent américains sans se soucier de l’utilisation des données personnelles. Progressivement une prise de conscience que l’exploitation des données personnelles par les GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) contre la gratuité d’utilisation de ces outils a pris forme dans le subconscient des citoyens. Et de plus en plus souhaitent disposer d’outils numériques plus éthiques, européens au même titre que dans le domaine de l’alimentation, le produit local, bio et de saison est de plus en plus demandé. Aussi certains se sont (enfin) rendus compte que la France était dépendante pour le numérique – qui est une composante stratégique et transverse à la société pour la croissance et les emplois de demain – d’outils américains. Et ce, du matériel aux données en passant par les logiciels et les systèmes d’exploitation. En outre les rivalités entre les États-Unis et la Chine sur fond de présidence américaine début septembre ont montré au public que l’on entrait dans une guerre froide numérique entre États-Unis et Chine (avec ses BATHX, Baidu Alibaba Tencent Huawei et Xiaomi, équivalents des GAFAM) avec l’Europe simplement spectatrice ! Ce fut notamment l’interdiction prononcée par les Américains à l’encontre des App chinoises TikTok et WeChat. Dans le même temps, le confinement a vu éclore des initiatives pour défendre la souveraineté numérique européenne telles Playfrance.digital et IT50+ dont le but est de demander au Gouvernement pour les marchés publics d’atteindre à terme 50 % du montant des achats numériques auprès d’acteurs européens. Le nouveau parti Objectif France conduit par Rafik Smati, entrepreneur, et le général Soubelet a d’ailleurs intégré à son programme ces propositions.

Que ce soit pour un usage amical ou professionnel, y-a-t il des logiciels ou des applications à privilégier ?

Selon les usages privé ou professionnel, les applications peuvent différer sachant que certaines existent dans une formule premium : version de base avec les fonctions essentielles gratuite et version avec des fonctions additionnelles payante. Une cartographie selon les usages est disponible dans ce tableau. Pour autant la question à se poser est plus de savoir si chacun d’entre nous préfère privilégier une solution française ou européenne avec un hébergement des données personnelles dans notre espace. Quel que soit votre besoin et votre usage, il existe des outils pour vous, pour travailler, étudier, communiquer et garder le contact. Néanmoins le meilleur des mondes possibles est le monde phygital, la juste complémentarité entre monde numérique (ou digital) et monde physique. Nous ne pouvons plus être uniquement dans le monde physique si nous voulons bénéficier des nouveaux services. A contrario, un monde totalement numérique et aseptisé n’est pas viable. La cohabitation des deux multiplie les possibilités. On le voit par exemple avec la réalité augmentée.

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