Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Consommation

La minute tech

Attention téléchargement toxique : l’application d’achat sur mobile qui vous tente pourrait être un piège, voilà comment s’y retrouver

Certaines applications d'achat sur mobile s'avèrent être des fausses, dont le seul but est de vous arnaquer. De plus, elles pourraient dérober certaines de vos données personnelles, et miner la confiance entre l'enseigne concernée et le grand public.

Christophe Benavent

Christophe Benavent

Professeur à Paris Ouest, Christophe Benavent enseigne la stratégie et le marketing. Il dirige le Master Marketing opérationnel international.

Il est directeur du pôle digital de l'ObSoCo.

Il dirige l'Ecole doctorale Economie, Organisation et Société de Nanterre, ainsi que le Master Management des organisations et des politiques publiques.

 

Le dernier ouvrage de Christophe Benavent, Plateformes - Sites collaboratifs, marketplaces, réseaux sociaux : comment ils influencent nos Choix, est paru en mai  2016 (FYP editions). 

 
Voir la bio »

Atlantico : Les applications de shopping sont de plus en plus utilisées, certaines se révélant être des fausses. Comment distinguer une vraie application d’une imitation? Qu'est-ce qui permet de caractériser ces applications de "fausses" ?

Christophe Bénavent : Ce phénomène nouveau est relativement étonnant dans la mesure où les applications sont, a priori, vérifiées par leurs distributeurs : les appstores. Ce système centralisé donne une sécurité accrue, comparativement aux sites web. C'est aussi la preuve que le phishing peut se propager par tout les canaux. Dans ce cas, c'est sans doute le travail de faussaires très habiles qui ont certainement trompé les contrôles des appstores et la vigilance des consommateurs en imitant les enseignes. D'autant plus qu'une période de vente très active, comme le Black Friday, suscite une double convoitise : des consommateurs et des escrocs. 

Les premières marques visées par ce type de fausses applications sont bien évidemment des marques de luxe. La fraude va être assez simple : des fausses commandes passées sur des fausses applications n’arriveront jamais; par contre, l’argent sera, lui, encaissé; il s’agit de phishing. Les personnes responsables jouent sur la convoitise des consommateurs. Plus les marques sont luxueuses et les promotions intéressantes, plus les acheteurs vont se laisser berner facilement.

Qu’est-ce que risque concrètement les consommateurs qui utilisent de fausses applications de shopping ?

Les consommateurs risquent simplement de perdre de l'argent sans espoir de le retrouver ! Mais pire, cela instille une défiance dans le système marchand de l'internet et du mobile. C'est donc aussi la responsabilité, non seulement des appstores, mais aussi des marques qui peuvent faire l'objet de telles contrefaçons, de surveiller systématiquement les tentatives d'intrusion. C'est un truisme, mais la confiance s'appuie sur la sécurité.  C'est, d'une certaine manière, rassurant car entre les appstores qui dépensent beaucoup d'effort, les marques et les annonceurs qui ont tout intérêt à ce que les consommateurs aient confiance, on peut être assuré que ce type de phénomène risque de rester relativement rare. Dès lors que les fausses applications sont détectées, elles peuvent être neutralisées. Ceci dit, on ne peut qu'encourager les acteurs du marché à redoubler de vigilance et d'efforts: les escrocs désarment peu, se réinventent, et le marché de la sécurité doit faire de même.  

A l’approche des courses de Noël, quels sont les outils 2.0 les plus sécurisés pour le consommateur ?

Pour ma part suis assez confiant dans les applications. Il ne faut certainement pas dramatiser ce qui relève encore du fait divers. Cela ne doit pas empêcher les consommateurs d'être vigilants en téléchargeant des applications officielles, en n'hésitant pas, si c'est une application nouvelle, à comparer les infos de la marque sur le smartphone et sur son site web classique : des différences curieuses peuvent donner l'indice d'une chose anormale. Ils seront attentifs à la qualité de langue: souvent les traductions sont mauvaises. Dès que l'application demande des autorisations excessives (accéder à la caméra, au carnet d'adresse), il faut arrêter l'usage. Et s'ils veulent passer à l'achat, rien n'empêche de faire un achat limité pour tester. On peut aussi leur recommander d'être fidèle. Pour le consommateur, la fidélité n'est pas seulement un attachement à la marque, le fruit d'une séduction, c'est aussi une de leur stratégie pour minimiser les risques de la transaction.

Quant à ceux qui veulent profiter de soldes incroyables, il doivent aussi se rappeler que ce sont sans doute les plus risquées! La sécurité n'est pas simplement une question de technique, c'est aussi celle du comportement, d'un savoir acheter qui se manifeste moins dans le fait d'appuyer sur des boutons, mais d'acquérir des petites routines qui assure la sécurité, mais aussi d'autres avantages comme le confort de l'achat, l'économie, et le plaisir! La meilleure des applications, c'est nous même, et notre "consumption literacy", nos capacités et nos compétences à bien consommer.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !