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Le blog collectif "Austerity and discontent" (L'austérité et l'agitation) recense les signaux de révolte venus d'Europe.
Le blog collectif "Austerity and discontent" (L'austérité et l'agitation) recense les signaux de révolte venus d'Europe.
©Reuters

Revue de blogs

A bas l'austérité ! Un vent de révolte souffle sur les blogs

Alors que l'austérité est remise en cause au plus haut niveau européen pour les impasses économiques et les ravages sociaux qu'elle provoque en Europe du sud, deux mobilisations, en Grèce et en Espagne, témoignent via les blogs des tensions et de la résilience de ceux qui appellent à ne plus la subir passivement.

Alors que  l'Union Européenne elle-même commence à promettre plus de flexibilité budgétaire pour les pays européens martyrisés par la crise et les mesures d'austérité, un fait divers en Grèce et une initiative populaire en Espagne ont attiré l'attention de toutes les blogosphères et parcouru Twitter bien au-delà de l'Europe en crise, jusqu'à la presse américaine. L'édition en ligne du New stateman a même désormais un blog collectif  "Austerity and discontent" (L'austérité et l'agitation), qui recense ces signaux de rupture et de révolte venus de l'Europe. 

Blood Strawberry (Fraise de sang) s'est répandu sur Twitter et Facebook mercredi 17 avril à la suite d'un autre hashtag mystérieux, #manolada, finissant par alerter jusqu'au Washington Time. A Manolada, dans une région de culture de fraises du Péloponnèse dont 70% partent à l'export, déjà bien connue pour les conditions inhumaines de travail et de vie imposés aux ramasseurs, un fait divers d'esclavagisme barbare a soudain alerté les réseaux sociaux. Effie Tselikas, correspondante de MyEurop en Grèce, a résumé le fait divers qui a déclenché l'indignation.

"Plus d’une trentaine d’ouvriers agricoles, tous immigrés, ont été blessés lors d’incidents survenus mercredi soir. N’en pouvant plus, après plus de 6 mois sans être payés, les quelque 200 Bangladais sont venus réclamer leur argent au propriétaire des champs de fraises qui les emploient au noir. Reçus par trois contremaîtres, ceux-ci les ont d’abord rembarrés, les menaçant de prendre d’autres travailleurs à leur place. Et, puis devant le refus des travailleurs migrants de battre en retraite, les contremaîtres ont ouvert le feu : à la carabine, ils ont tiré, poursuivant leurs cibles à travers champs. Bilan de la fusillade : une trentaine de blessés admis en urgence dans les hôpitaux de la région, certains dans un état critique. Un des trois hommes, ainsi que le propriétaire, ont depuis été arrêtés".

Vidéo tournée peu après la fusillade contre les ouvriers agricoles de Manolada.

Aussitôt après avoir été alerté par les associations locales, un blog de protestation, Bloodstrawberry, a été créé pour éviter qu'une affaire de plus soit étouffée par l'autocensure des médias locaux ou l'indifférence, et la mobilisation efficace des réseaux sociaux anglo-saxons, hors de Grèce, a certainement joué dans l'arrestation des responsables de la fusillade et du propriétaire de l'exploitation. Très vite aussi, des appels au boycott  des fraises de Manolada sont apparus, ainsi qu'un rappel des pays où elles sont exportées, mobilisant les graphistes et blogueurs européens, puis anglo-saxons. Des dizaines de tracts en de nombreuses langues sont visibles sur la galerie photos du hashtag Manolada. La barbarie de ce fait divers a eu un écho jusque dans les couloirs de l'Union Européenne, qui s'en est émue, et dans les centrales d'achat de certains supermarchés, qui ont annulé leurs commandes pour ne pas être associés aux "fraises de sang"..

 L'un des appels au boycott des fraises de Manolada, photomontage Artemissloba sur Twitter

Pendant ce temps, dans l'Espagne écrasée d'expulsions et de dettes et d'affaires de corruption royales ou politiques, un collectif est apparu via un blog et un hashtag (#remuevetudinero) pour mener une campagne d'un mois sur les réseaux sociaux et dans les associations locales de victimes des banques : "Retire ton argent". Elle encourage les Espagnols à en finir une fois pour toute avec les "mauvaises banques", dont la liste est publiée sur le blog, et de retirer leur argent pour le confier à des caisses de dépôt plus "éthiques", telles que Coop57Fiare, ou Oikocredit.

La révolte ne s'arrête pas au retrait des fonds des "mauvaises banques". Un autre hashtag se prépare pour le mois de mai,  ##INSUMISIÓNFISCAL (révolte fiscale), et rejoint le mouvement populaire espagnol plus large fédéré par le site Yo no pago (Je ne paie pas), qui n'hésite plus désormais à prôner "l’insurrection économique" en proposant en ligne un 'Manuel de la désobéissance économique".

Vidéo-manifeste du mouvement Nopagamos.

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