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Ukraine : 25 morts dans les affrontements, le pays au bord de la guerre civile

Malgré les condamnations internationales, le président Viktor Ianoukovitch a refusé d'arrêter l'assaut et accusé l'opposition de "tentative de prise de pouvoir" anticonstitutionnelle.

L'Ukraine est en plein chaos. Depuis plusieurs mois, le pays est secoué par des manifestations qui sont régulièrement jalonnées de heurts entre forces de l'ordre et opposants. Mais ce mardi,les violences sont montées d'un cran et le bilan s'est considérablement alourdi puisque désormais, ce mercredi matin, ce sont vingt-cinq personnes qui sont décédées comme l'a annoncé le ministère de la Santé. De plus, quelques 241 personnes ont été hospitalisées, parmi lesquelles 79 policiers et cinq journalistes, a ajouté le ministère. Et le bilan pourrait encore s'alourdir dans les heures à venir car l'assaut lancé par les troupes antiémeutes sur le Maïdan (place de l'Indépendance) n'est pas terminé. Plus que jamais l'Ukraine semble donc au bord de la guerre civile.

En effet, ce mercredi matin, le président Viktor Ianoukovitch a ordonné une nouvelle charge afin de déloger les manifestants pro-Européens de la place centrale de Kiev, occupée depuis trois mois. Il exige que les manifestants évacuent le Maïdan, comme l'a déclaré l'opposant Vitali Klitschko après l'avoir rencontré. Concrètement, après une pluie de grenades lacrymogènes, les forces de l'ordre ont pris position sur la place et les tentes situées autour du monument ont pris feu les unes après les autres. Les manifestants ripostaient en jetant des pavés.

Viktor Ianoukovitch reste donc déterminé et a menacé mercredi de poursuites les leaders de l'opposition. "Ils ont négligé le principe de la démocratie selon lequel on obtient le pouvoir à l'issue des élections et non dans la rue (...) Ils ont franchi les limites en appelant les gens à prendre des armes, a déclaré le président dans une adresse à la nation, alors que l'assaut était en cours contre les manifestants dans le centre de Kiev" a affirmé le chef de l'Etat ukrainien. "C'est une violation criante de la loi et les coupables comparaîtront devant la justice", a-t-il poursuivi.

"Sans avoir un mandat du peuple, ces soi-disant hommes politiques ont tenté de prendre le pouvoir en violant la Constitution à l'issue de violences et de meurtres", a ajouté Viktor Ianoukovitch qui estime enfin que l'opposition doit soit prendre ses distances avec les radicaux, soit reconnaître qu'elle les soutient. "Dans ce cas-là on leur parlera différemment", a-t-il certifié.


"Le pouvoir a déclenché une guerre contre son propre peuple", a asséné de son côté l'ancien champion de boxe et leader de l'opposition Vitali Klitschko, avant de se rendre à la présidence pour rencontrer Viktor Ianoukovitch. Même des soutiens traditionnels du régime, comme l'oligarque Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine et le principal parrain du parti de Ianoukovitch, ont critiqué les événements en cours.

Mais il n'y a pas qu'à Kiev que la situation est tendue. En effet, à Lviv, autre bastion de la contestation, les manifestants ont pris d'assaut les sièges de l'administration régionale et de la police, ainsi que de bâtiments militaires. A l'issue d'affrontements, quelque 5 000 opposants ont pris le contrôle des dépôts d'armes.

Pour rappel, le mouvement de protestation, né en novembre de la volte-face du pouvoir qui a préféré un rapprochement avec la Russie plutôt qu'un accord avec l'UE, s'est rapidement transformé en un rejet pur et simple du régime.

lu sur RTL

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