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C'est pas gagné

Pacte de responsabilité : le Medef demande 60 milliards de baisse de charges et d’impôts d’ici 2017

Jean-Marc Ayrault recevait ce lundi les organisations patronales et syndicales à Matignon. Les syndicats ont fait part de leur regret quant à l’influence du Medef sur le gouvernement.

Jean-Marc Ayrault a lancé le pacte de responsabilité. Ce lundi, le Premier ministre a reçu organisations patronales et syndicales à Matignon. Ces dernières réclament de claires contreparties de la part des entreprises en échange de la baisse annoncée du coût du travail. La CGT et son secrétaire général, Thierry Lepaon, ont été les premiers reçus à 8 h 45, avant FO, la CFTC et le Medef. 

Thierry Lepaon a exprimé son regret à la suite de l’entretien : "Il apparaît qu'aucune contrepartie n'est aujourd'hui inscrite entre le président de la République et le Medef pour justifier les 30 milliards d'euros d'aides aux entreprises". Le numéro un de la CGT a rappelé que "dans notre pays, nous en sommes arrivés à 230 milliards d'aides aux entreprises sans que l'on puisse en mesurer l'efficacité".

Son homologue de Force ouvrière (FO), a, quant à lui, déclaré qu'il "ne croyait pas" à ce pacte de responsabilité. Selon Jean-Claude Mailly, "les contreparties en termes d'emplois ne sont possibles que sur des aides ciblées, ce n'est pas possible sur des mesures générales". "Personne ne peut obliger les entreprises à embaucher", a-t-il fait valoir, évoquant un "marché de dupes". Il a aussi regretté que le Medef ait aujourd'hui une "influence" sur François Hollande et le gouvernement. Son homologue de la CFTC, Philippe Louis, s'est de son côté dit prêt à "s'engager" dans ce pacte. Mais il a marqué un "profond désaccord quant à la suppression des allocations familiales". "On part du principe que les entreprises ont une responsabilité sociale, qui doit s'exprimer auprès des familles", a-t-il justifié.

Quant à Pierre Gattaz, le président du Medef, il a demandé, sans promettre de contreparties, une baisse des charges et des impôts de 60 milliards d’ici 2017. "Nous avons rappelé que le président de la République avait dit qu'il y avait un écart de compétitivité, qu'il fallait réduire d'ici 2020, d'un montant de 116 milliards d'euros de charges en trop sur les entreprises", a-t-il expliqué à l'issue de la rencontre. "Nous considérons que prendre la moitié comme objectif en 2017 serait un bon objectif, à travers 35 milliards en abaissement du coût du travail et 25 milliards en abaissement des impôts", a-t-il ajouté, évoquant une économie française "asphyxiée, (qui) ne fonctionne pas". "La clé de voûte de tout le dispositif, ce sont les dépenses publiques, nous n'avons pas été rassurés ce matin sur l'enjeu, le niveau de la baisse de dépenses publiques", a-t-il conclu.

Le pacte de responsabilité, annoncé le 31 décembre par le chef de l'État, prévoit la suppression des cotisations familiales patronales, soit environ 30 milliards d'euros d'ici 2017

Lu sur Le Point

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