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"The Intercept"

Nouvelles révélations sur l'espionnage prétendument mené par la NSA en France

Le journaliste Jean-Marc Manach du Monde vient de dévoiler sur son blog de nouveaux éléments sur les révélations en 2013 sur l'espionnage prétendument mené par la NSA en France. La nouvelle enquête de The Intercept vient de dévoiler que la NSA avait mis à disposition de certains de ses alliés un système tactique de surveillance des méta-données téléphoniques très réactif, le "Real Time Regional Gateway (RT-RG)".

Selon des informations du journaliste du Monde, Jean-Marc Manach, le média The Intercept, qui avait été créé pour enquêter sur les révélations d'Edward Snowden, avait transmis en 2013 à plusieurs journalistes et à des rédactions européennes une série de documents censés démontrer que la NSA faisait de la "surveillance de masse" des citoyens de plusieurs pays européens. La rédaction du Monde avait notamment dévoilé ces informations en 2013. 

The Intercept vient de reconnaître s'être trompé. Le journaliste du Monde, Jean-Marc Manach, avait dévoilé, dans le cadre d'une contre-enquête, que les données étaient en réalité collectées par la DGSE, à l'étranger, et partagées avec la NSA. Il s'agissait en fait de données collectées, "non pas par la seule DGSE, mais par les services de renseignement techniques militaires français, déployés en Afghanistan".  

Selon des révélations du journaliste Jean-Marc Manach, le site The Intercept présente désormais ces mêmes documents comme la preuve que la NSA contribue à "sauver des vies d'Européens, à commencer par les militaires déployés "sur zone" de guerre". 

Les révélations du Monde en 2013 dévoilaient comment "les communications téléphoniques des citoyens français sont, en effet, interceptées de façon massive (et) que sur une période de trente jours, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par la NSA".

Le général Keith Alexander, alors chef de la NSA, et plusieurs sources anonymes interrogées par le Wall Street Journal, avaient contesté les "révélations" du Monde et de ses partenaires, en précisant que les documents n’auraient pas été "compris" . Ils ne montraient pas des données interceptées par la NSA au sein des pays européens mentionnés, "mais des informations captées par les services de renseignement européens eux-mêmes, à l’extérieur de leurs frontières" , et visant avant tout des cibles non françaises.

La nouvelle enquête de The Intercept vient de dévoiler que la NSA avait mis à disposition de certains de ses alliés un système tactique de surveillance des méta-données téléphoniques très réactif, le "Real Time Regional Gateway (RT-RG)". Ce dispositif devait permettre aux analystes déployés "sur zone" de guerre d'effectuer plus facilement et rapidement leurs recherches ainsi que de partager leurs renseignements avec la NSA aux Etats-Unis et avec leurs partenaires "sur zone". En Afghanistan, les services de renseignement techiques de 23 pays étaient donc "partenaires" de la NSA. 

Selon des révélations du journaliste Jean-Marc Manach, le système RT-RG aurait joué un rôle déterminant dans les opérations en Afghanistan. Grâce à ce dispositif, 2.770 opérations ont pu être menées permettant l'arrestation de 1.117 personnes et entraînant la mort de 6.534 ennemis, tués au combat. 

La NSA  a également procédé par le passé à des transferts de technologies afin d'équiper ses alliés de "dirtboxes", des IMSI-catchers qui simulaient des antennes-relais afin de surveiller les téléphones portables. Cela permettait de surveiller les zones sous le contrôle des alliés. 

C'est en 2008 que la NSA a envoyé une équipe à Haguenau afin de présenter RT-RG au 54e régiment des transmissions. En 2008, RT-RG permettait d'effectuer des surveillances de mots-clés, à la reconnaissance vocale de locuteurs préalablement identifiés, et doté d'un sous-système VoiceRT créé  pour indexer, tagguer et permettre d'effectuer des recherches dans le contenu des communications interceptées. Les SMS, traduits de manière automatique, étaient géolocalisés sur Google Earth. Le système était aussi capable d'analyser les habitudes de vie des "cibles". Cela permettait de localiser facilement les personnes recherchées afin de les arrêter ou de les éliminer. 

La contre-enquête de Jean-Marc Manach a donc été confirmée par les nouvelles révélations de The Intercept

Bug Brother (blog) - Le Monde

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