Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Europe
Migrants : la frontière entre la Hongrie et la Croatie pourrait être totalement fermée à terme, selon Viktor Orban
©Capture / Dailymotion

Mauvais souvenirs

Migrants : la frontière entre la Hongrie et la Croatie pourrait être totalement fermée à terme, selon Viktor Orban

Le premier ministre hongrois a annoncé, ce vendredi 25 septembre, vouloir empêcher l'accès de milliers de migrants qui transitent quotidiennement dans leur route vers l’ouest de l’Europe.

Des barbelés, des miradors. Les Européens pensaient ne jamais en revoir. Pourtant le climat est de plus en plus tendu entre les pays des Balkans sur fond de crise des migrants. Si la Croatie et la Serbie bloquent un peu plus leur frontière commune, la Hongrie, qui a déjà construit une clôture de 175 kilomètres le long de sa frontière serbe, a, elle, rendu celle-ci étanche aux migrants le 15 septembre, et a commencé à clôturer également les 41 kilomètres de sa frontière verte avec la Croatie. Une triste première entre pays de l'espace Schengen. "La protection efficace des frontières de Schengen ne peut être assurée qu'avec une clôture complète", a déclaré le porte-parole du gouvernement hongrois Janos Lazar.

A lire aussi : Crise des migrants : pourquoi l’Europe doit (enfin) traiter le problème turc

Beaucoup de responsables politiques ou non ont pris la parole ces dernières heures pour tenter de calmer les tensions. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé "les dirigeants européens à faire plus pour accueillir (les réfugiés) et traiter les demandes (d'asile) de manière digne et humaine". Le pape François a lui estimé, depuis Washington, que la crise des réfugiés, "d'une ampleur inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale", plaçait le monde "devant de grands défis et de nombreuses décisions difficiles". Ce sujet devrait à nouveau figurer en bonne place dans son discours ce vendredi devant l'Assemblée générale de l'ONU.

A lire aussi : François aux Etats-Unis : famille, capitalisme, Syrie... les délicats défis politiques sur lesquels le pape va devoir convaincre

Les relations auraient pu être apaisées par l'accord de l'UE, signé mardi. Pourtant ce texte sur la répartition entre ses membres de 120.000 réfugiés syriens, irakiens et érythréens arrivés depuis fin août en Grèce et en Italie, est largement critiqué et controversé. Pour Mme Merkel, cela ne suffit pas et la solution passe par "une procédure durable sur la répartition des réfugiés entre Etats membres". Le Premier ministre français Manuel Valls a déjà prévenu que la France, qui a proposé d'accueillir environ 30.000 réfugiés, n'ira pas au-delà.

La Croatie, saturée par l'arrivée de quelque 50.000 migrants sur son sol depuis une semaine en provenance de Serbie, les convoie vers la frontière où ils sont pris en charge par Budapest, qui les achemine directement à la frontière autrichienne, d'où ils poursuivent pour la plupart leur voyage. Après de vifs échanges avec son homologue autrichien Werner Faymann en marge du sommet de Bruxelles mercredi, M. Orban doit se rend à Vienne ce vendredi pour évoquer à nouveau ce dossier.

Parallèlement, les tensions montent entre la Croatie et la Serbie - pays non membre de l'UE - qui ont décidé de bloquer un peu plus leur frontière commune. Zagreb insiste pour que Belgrade dirige le flot de migrants vers la Hongrie et la Roumanie plutôt que vers son territoire. De son côté, la Serbie a dénoncé une "agression" de la part de la Croatie.

Une conférence consacrée à cette route des Balkans aura lieu le 8 octobre à Luxembourg, en marge d'une nouvelle réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE sur la crise migratoire. Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré qu'il était temps de mettre un terme au "chaos actuel à nos frontières". C'est à cet objectif que doit répondre le programme d'action conclu entre les 28 pays de l'UE, qui prévoit de mobiliser au moins un milliard d'euros supplémentaires pour aider les réfugiés dans les pays voisins de la Syrie.

Par ailleurs, les Européens ont assuré que dès le 7 octobre ils augmenteraient leur pression sur les trafiquants de migrants en intervenant, y compris par la force, dans les eaux internationales en face de la Libye.

Lu sur Le Monde

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !