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Macron-économie

Les entreprises françaises vont pouvoir se prêter de l'argent entre elles

Une nouveauté qui n'en a pas l'air. Pourtant, le décret d'application sur le "prêt inter-entreprises" de la loi Macron, publié mardi au Journal officiel, devrait permettre à deux sociétés de se passer des banques pour les opérations de prêt.

L'article 167 de la loi Macron, relatif aux prêts inter-entreprises, vient d'être publié au Journal officiel, sur un amendement du député-maire UDI de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin.

Concrètement, une entreprise en excès de trésorerie pourra désormais prêter des fonds à une autre entreprise partenaire de son choix, sous certaines règles et conditions :

Tout d'abord, l'échéance du prêt ne pourra pas être supérieure à deux ans. Les entreprises souhaitant échanger des opérations de crédit et de prêt devront attester au préalable d'un lien économique entre elles. L'entreprise emprunteuse ne pourra être qu'une TPE, PME ou ETI. Un sous-traitant pourra ainsi emprunter à son client d'un grand groupe, ce qui ne saura pas possible dans l'autre sens.

C'est un soulagement pour les PME, dont le fonctionnement quotidien, voire parfois la survie, dépend souvent du bon vouloir des octroi de crédit de leur banque : "C'est un vrai point de blocage dans l'économie car beaucoup d'entreprises font faillite, non faute de commandes, mais faute de trésorerie", confirme Jean-Christophe Fromantin dans les colonnes du Figaro mardi 26 avril.

Cependant, le prêt inter-entreprises montre déjà certaines limites, ne serait-ce qu'au niveau des délais de créances. Interrogé par Le Figaro, Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, spécialisé dans le recouvrement de créances, explique : "les PME craignent de voir s'accentuer le rapport de force sur les délais de paiement. 88% des entreprises redoutent que le prêt inter-entreprises engendre une relation de dépendance".

De plus, selon une étude du cabinet ARC, seules 13% des sociétés envisagent pour le moment d'avoir recours au prêt inter-entreprises.

Malgré les règles établies par loi Macron, ce système présente également un risque pour le créancier : "Prêter de l'argent est un métier. Dans les entreprises, les directeurs financiers n'ont pas les outils d'aide à la décision comme dans les banques, ils n'ont pas accès aux informations de la Banque de France. Ils auront du mal à s'engager et prendre un risque", indique Denis Le Bossé.

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Lu sur Le Figaro

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