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Dominique Strauss-Kahn s’exprime sur les défis sanitaires, migratoires et économiques de la crise du coronavirus

Dominique Strauss-Kahn a publié un article pour la revue Politique Internationale sur la crise et l’impact du coronavirus. Il alerte notamment sur l’effondrement économique et ses conséquences désastreuses pour la classe moyenne émergente.

Dans le cadre d’un article publié dans la revue Politique Internationale, Dominique Strauss-Kahn aborde le sujet du coronavirus. L’ancien dirigeant du FMI revient notamment sur les risques et les opportunités qui seront générées par la crise du Covid-19. Selon des informations de Valeurs Actuelles, DSK met notamment en garde contre une crise migratoire de très grande ampleur. Il dénonce et déplore également les failles de l’économie mondialisée. 

Dominique Strauss-Kahn juge que la première conséquence de la crise du coronavirus sera un effondrement économique des pays qui dépendent de leurs exportations de matières premières ou de la manne touristique. Cet effondrement "risque de replonger des millions de personnes de la "classe moyenne émergente" vers l’extrême pauvreté. Or, plus de pauvreté, c’est aussi plus de morts". 

DSK anticipe donc un vaste défi migratoire à relever suite à la crise du Covid-19 : 

"Avant la crise actuelle, l’Europe avait déjà le plus grand mal à gérer l’afflux de quelques centaines de milliers de migrants se pressant à ses portes. Qu’en sera-t-il lorsque, poussés par l’effondrement de leurs économies nationales, ils seront des millions à tenter de forcer le passage ? Même si cela peut sembler éloigné de l’urgence présente, même si les opinions publiques ont d’autres soucis à faire valoir, il est du devoir des gouvernants de prévoir les crises après la crise. Pour les Européens, faire bloc pour étendre l’efficacité des mesures monétaires qu’ils prennent pour eux-mêmes aux pays émergents à commencer par l’Afrique est une nécessité absolue". 

Dominique Strauss-Kahn propose un éventail de solutions dans sa tribune pour faire face au séisme économique provoqué par la crise sanitaire du coronavirus comme notamment "l'allègement des dettes des pays à bas revenus et l'émission massive de DTS [droits de tirage spéciaux] (qui) sont aujourd’hui un passage obligé pour contribuer à éviter une catastrophe économique". 

Dominique Strauss-Kahn estime que l’on "assiste à un coma organisé et à un délitement subi, mais sans doute durable, des chaînes d’approvisionnement" provoqué par l’épidémie et les mesures de confinement. L’action des grandes banques centrales et des gouvernements "n’atteindra que par ricochet les économies émergentes", selon lui.

"C’est donc bien une fragmentation de la mondialisation qu’il est raisonnable d’attendre et ce peut être la chance de l’Europe si elle sait se ressaisir. [...] Pour que les cartes puissent être rebattues, il faut que le risque pandémique imprègne profondément, mais surtout durablement la sensibilité collective mondiale. La métaphore guerrière, qui a été très largement utilisée ne trouve à s’appliquer que dans le temps de la mobilisation. Face à une menace aussi structurante et aussi universelle, il est probable que nous assistions à un changement profond des préférences collectives. Première évolution probable de nos préférences collectives : le rapport à la temporalité. Entrer dans un monde marqué par l’aléa infectieux suppose de corriger nos carences et de constater notre incapacité, notamment en Europe, à donner une réalité au principe de précaution et à cultiver l'approche préventive. L’embolisation des systèmes de santé des pays développés n’est que le symptôme d’une vision politique de court terme qui se sent prémunie de tout imprévu matériel du seul fait de l’existence de marchés de biens et de services interconnectés et réactifs. Les décisions futures ne pourront s’exonérer d’une inscription, notamment budgétaire, dans le temps long ni d’une approche stratégique systématisée des différents pans prioritaires de la vie des populations. Au-delà de ce premier aspect, le risque infectieux nous rappelle avec la force de l’évidence l’interdépendance entre les individus.

C’est tout le paradoxe du confinement actuel : isolés chez eux, les individus n’ont jamais autant œuvré pour la restauration du collectif. La santé de chacun n’est plus, comme dans le cas des maladies cardio-vasculaires et dégénératives, la conséquence de comportements individuels : elle dépend de la responsabilité de chacun vis-à-vis du collectif, et, inversement, de la capacité du collectif à prendre en charge la santé du moindre de ses membres. Le propre des virus que cette pandémie vient nous rappeler, c’est de ne reconnaître aucune frontière, ni sociale, ni politique : aucune barrière, aucun mur ne prémunira durablement les sociétés d’un risque de contagion, d’un "cluster" prêt à essaimer. En sus du nécessaire renforcement du rôle de l’OMS dans la mise en œuvre de politiques de prévention actives, cette réapparition du sentiment d’interdépendance doit être accompagnée pour ne pas qu’émerge une société de défiance généralisée". 

Voici le lien pour retrouver la tribune de Dominique Strauss-Kahn en intégralité : ICI

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