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©LUDOVIC MARIN / AFP

Bras de fer

Coronavirus: le gouvernement français souhaite qu’Apple lève les obstacles techniques pour le lancement de l’application de traçage

Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé au Numérique, s’est exprimé sur le dossier du traçage et sur les préparatifs du déconfinement dans un entretien à Bloomberg. La France est opposée à Apple sur des questions techniques. Les données personnelles seraient au cœur de ce dossier sensible.

Selon des informations de la BBC, la France espère lancer à la mi-mai son application de traçage sur la recherche de contacts potentiellement positifs au Covid-19. La France tente de négocier avec Apple afin de pouvoir proposer la future application de suivi des contacts éventuellement contaminés par le coronavirus sur les iPhones, sans intégrer les mesures de confidentialité souhaitées par la société américaine.

Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, s’est exprimé sur ce dossier sensible dans une interview accordée à Bloomberg. Il souhaite faire lever une contrainte technique par Apple afin que l’application StopCovid ou que les outils français dans la lutte contre le coronavirus soient utilisables sur smartphones sans contraintes.

"Nous demandons à Apple de lever l'obstacle technique pour nous permettre de développer une solution de santé européenne souveraine qui sera liée à notre système de santé".

Le système et le dispositif français, indépendant d’une application Apple, permettrait de glaner plus d'informations sur les propriétaires de smartphones participants qu’à travers le dispositif d’Apple et de son partenaire Google.

De nombreux experts estiment que ce bras de fer et la gestion de ce dossier entre Apple et la France pourrait servir de test à l’échelle de la planète. 

La rédaction de la BBC a interrogé Olivier Blazy, maître de conférences à l'Université de Limoges, sur cette question : 

 "Apple n'a aucune raison d'accepter cette demande et cela ouvrirait la porte à de nombreuses autres demandes d'autres pays et entités. En tant que Français, je pense qu'il serait utile d'éviter d'être dépendant de la solution Google-Apple, mais je pense qu'il est étrange que la stratégie du gouvernement repose sur la tentative de convaincre Apple de faire quelque chose qui est contre son intérêt".

Apple et Google ont annoncé le 10 avril qu'ils collaboraient pour fournir un dispositif fiable qui permettra de développer des applications de traçage de contacts liés au Covid-19. Ces outils pourraient être des atouts considérables dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et pour la politique du déconfinement. 

Google et Apple travaillent sur l’utilisation de signaux Bluetooth. 

Ces applications et la méthode du traçage sont très critiquées, notamment pour la gestion sensible des données personnelles. 

En France, un vote devrait avoir lieu à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines sur la question des applications de traçage. 

L’Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, a développé son propre système et travaille sur l’application StopCovid. 

Le gouvernement français a promis que l'adoption de l'application serait volontaire et impliquerait des données totalement anonymes. 

Selon des informations de la BBC, des documents révèlent néanmoins qu'il y aurait des moyens de "ré-identifier les utilisateurs ou de déduire leurs graphiques de contact".

Selon le professeur Max van Kleek de l’Université d’Oxford interrogé par la BBC, le système français  "préserve la confidentialité entre les utilisateurs, mais pas entre l'utilisateur et le gouvernement. Et cela pourrait conduire au risque que le gouvernement réutilise plus tard le système afin de s'assurer que les gens obéissent à une quarantaine ou à d'autres types de mesures que l'Etat pourrait vouloir appliquer".

Apple a l’intention de s’opposer à l’utilisation de recherches de contacts parallèles et contre l’exploitation des données par des applications extérieures. 

Afin de fonctionner, les applications -comme le dispositif français- devront donc rester actives et être affichées à l'écran. Cette contrainte limitera donc l’utilisation des smartphones et pourrait consommer plus rapidement la batterie des smartphones. 

L’outil de traçage pourrait être proposé en France dès le 11 mai lors de la phase de déconfinement.  

Invité du "Grand Rendez-vous", dimanche sur Europe 1, le président de la Région Hauts-de-France Xavier Bertrand a estimé que la mise en place d'une application de tracking n'avait de sens qu'à condition de préserver "une souveraineté française". 

Xavier Bertrand souhaite préserver la "souveraineté française". 

"Le gouvernement nous a dit qu'il allait développer son application à lui, très bien. Mais maintenant j'entends dire qu'on va plutôt se marier avec l'application fabriquée par Google et Apple. En ce qui me concerne, jamais de la vie. Si on est pas capables de mettre en place une souveraineté française en la matière, alors ça ne sert à rien."

Ce dispositif de traçage doit permettre d’éviter de nouvelles contaminations et une deuxième vague de malades lors du déconfinement à partir du 11 mai prochain. 

BBC et Bloomberg

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