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Le business russe à la reconquête de l'Europe de l'Est

Depuis trois ans, d'importants investissements dans les pays satellites de l'ancienne URSS servent les intérêts stratégiques du Kremlin.

Plus de vingt ans après le départ des troupes soviétiques de Tchécoslovaquie, la Russie récupère petit à petit son influence dans son ancienne zone d’influence. Depuis la chute de l’URSS en 1991 jusqu’en 2008, les investissements russes en Europe de l’Est totalisaient 2,4 milliards de dollars en 17 ans, selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Pour les trois dernières années, la somme atteint 2,8 milliards.

Tandis que les gouvernements locaux vendent les biens de l’Etat pour faire face à la crise, les entreprises privées occidentales se serrent la ceinture et cèdent certains de leurs actifs dans la région. Les hommes d’affaires russes, dont certains soutenus par le Kremlin, s’engouffrent dans la brèche.

"Ces entreprises font d’énormes bénéfices, et ils ont réalisé que le marché russe n’est pas suffisant, explique Kalman Kalotay, chercheur à la CNUCED. Ils cherchent de nouveaux endroits où se développer. De plus, ils reçoivent le support du Kremlin, qui réalise que le monde des affaires russe peut l’aider à poursuivre ses objectifs stratégiques."

Vaclav Petricek, le président de la Chambre tchèque des liens économiques avec le Commonwealth des États indépendants, affirme que les Tchèques et autres Européens de l'Est ont mis leurs rancunes de côté pour la réussite de leurs intérêts commerciaux. "Bien sûr, nous devons faire attention et nous assurer que personne ne vienne à dominer des secteurs sensibles, comme l'énergie", dit M. Petricek.

En juillet, la plus grosse banque d’Etat russe, Sberbank, qui a des liens étroits avec le Premier Ministre Vladimir Poutine, achète la division Europe de l’Est d’une banque australienne. D’autres exemples se multiplient en Bulgarie, Hongrie, Pologne ou Slovaquie.

Les Russes utilisent également leurs vastes réserves de pétrole et de gaz pour répandre leur influence. A la pointe, Gazprom, l'une des plus grosses sociétés énergétiques du monde. Le géant gazier russe fournit environ 25% du gaz naturel vendu en Europe occidentale. En Europe orientale, le pourcentage est plus élevé: la Bulgarie et la Slovaquie seuls dépendent de Gazprom pour 90% de leur gaz.

Sans compter que la compétition fait rage entre Russes et Américains et Français pour l’un des secteurs les plus lucratifs : la construction de centrales nucléaires…

Lu sur Christian Science Monitor

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